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« Cherchons du moins, s'est-il dit, à faire » revivre des impressions que nous ne de» vons qu'à notre ancienne position; sor» tons de tous les récits falsifiés par la mau» vaise foi ou rapetissés par des amours» propres subalternes ; que Napoléon seul » domine dans notre composition comme » il dominait dans la sphère qui se mou» vait autour de lui; suivons-le dans ses » voyages, dans ses conseils, dans ses » camps, et même sur les champs de ba» taille; écoutons-le penser tout haut; es» sayons de dire comme il discute , com» me il commande, comme il négocie et » comme il combat; reportons-nous aux » temps, recherchons les circonstances » principales qui ont agi sur lui, et sur » lesquelles il a réagi à son tour; qu'il en » soit environné. Retrouvons, s'il se peut, » la couleur locale et le mot du moment; » ne nous laissons pas trop arrêter par les » détails intermédiaires, et courons après » l'événement : notre récit n'en sera que » plus rapide , nos tableaux y gagneront de » l'ensemble, les teintes fortes domine» ront. Si quelques traits nous échappent, » fions-nous à l'empressement des mémoi» res particuliers pour les faire ressortir » tôt ou tard.

» Nous rétablirons ainsi les faits dans » leur ordre et dans leurs justes propor» tions. Des documens précieux ont déjà » paru; mais, publiés après coup et par » pièces détachées , ils ont à peine été re» marqués : remettons-les à leur place, et » qu'ils reflètent sur les pages environnan» tes toute la clarté qu'ils en recevront.

» Nous n'aurons que trop de batailles à » raconter; préservons nos récits du jar» gon stratégique : le public en est las. » Trop de gens ont abusé de cette langue » métaphysique de la guerre, pour tran» cher du général en chef, juger d'après » l'événement, et mettre d'heureux ha» sards au rang des combinaisons du » génie., )

Tel est le plan que l'auteur s'est tracé. On voit le but qu'il va s'efforcer d'atteindre. C'est un secrétaire qui se présente comme témoin au tribunal de l'histoire; il n'a pas la prétention d'être historien , et il sera assez impartial s'il ne dit rien que de vrai.

Déjà la mémoire de Napoléon se dégage des dénigrations, qui, dans le premier moment, sont le complément inévitable d'une grande infortune : la voix des passions s'élève d'abord par-dessus toutes les autres ; les petits esprits murmurent le plus longtemps qu'ils peuvent, pour se venger d'une supériorité sous laquelle il leur a fallu se courber; mais les haines peu généreuses s'épuisent par leurs efforts. Quant aux véritables adversaires de Napoléon, ceux qui l'ont combattu les armes à la main, ils ne se dissimulent plus aujourd'hui qu'ils ne peuvent vivre dans l'histoire qu'avec lui, que par lui; aussi sont-ils les premiers à rendre à son ombre les grandes dimensions sous lesquelles elle doit apparaître à la postérité.

L'Europe ne veut plus qu'on parle avec insulte de celui qu'elle a appelé si longtemps l'empereur ; elle veut qu'on raconte : elle écoute, elle se souvient, elle juge!

OUV

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