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And so, this is the last letter thou art to receive from me; because the earl of Chatham (1), I read in the papers, is got to the Downs; and the wind, I find, is fair. If so, blessed woman, take my last, last farewell! Cherish the remembrance of me; think how I esteem, nay, how affectionately I love thee, and what a price I set upon thee! Adieu, adieu! and with my adieu, let me give thee one straight rule of conduct, that thou hast heard from my lips in a thousand forms, but I concenter it in one word:

REVERENCE THYSELF.

Adieu once more, Eliza! May no anguish of heart plant a wrinkle upon thy face, till I behold it again! may no doubt or misgivings disturb the serenity of thy mind, or awaken a painful thought about thy children, for they are Yorick's, and Yorick is thy friend for ever!=

Adieu, adieu, adieu.=

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P. S. Remember that «< Hope shortens all journies by sweetening them»; so sing my little stanza on the subject, with the devotion of an hymn, every morning when thou arisest; and thou wilt eat thy breakfast with more comfort for it. =

Blessings, rest, and Hygeia go with thee! Mayest thou soon return, in peace and affluence, to illumine my night! I am, and shall be the last to deplore thy loss, and will be the first to congratulate and hail thy return. =

Fare thee well!=

(1) The earl of Chatham sailed from Deal, april 3 1767.

THE END.

EXTRAIT DE RAYNA L.

Persuaded that the readers of the preceding Letters will be pleased to see the opinion entertained of the amiable lady, to whom they are addressed, by two writers equally celebrated, but of different nations, and of very different characters, and both attached to her by the warmest ties of friendship, we shall make no apology for adding an extract from the writings of l'Abbé Raynal, as much admired for justness of thoughts as elegance of style.

TERRITOIRE d'Anjinga, tu n'es rien, mais tn as donné naissance à Eliza. Un jour ces entrepôts de commerce, fondés par les Européens sur les côtes d'Asie, ne subsisteront plus. L'herbe les couvrira, ou l'Indien vengé aura bâti sur leurs débris, avant que quelques siecles se soient écoulés. Mais, si mes écrits ont quelque durée, le nom d'Anjinga restera dans la mémoire des hommes. Ceux qui me liront, ceux que les vents pousseront vers ces rivages, diront : c'est= que naquit Eliza Draper ; et s'il est un Breton par= mi eux, il se hâtera d'ajouter avec orgueil : et qu'elle y naquit de parents anglais.

Qu'il me soit permis d'épancher ici ma douleur et mes larmes! Eliza fut mon amie. O lecteur! qui que tu sois, pardonne-moi ce mouvement involontaire : laisse-moi m'occuper d'Eliza. Si je t'ai quelquefois attendri sur les malheurs de l'espece humaine, daigne aujourd'hui compatir à ma propre infortune. Je fus ton ami, sans te connoître ; sois un moment le mien : ta douce pitié sera ma récompense.

Eliza finit sa carriere dans la patrie de ses peres, à l'âge de trente-trois ans. Une ame céleste se sépara d'un corps céleste. Vous qui visitez le lieu où repo sent ses cendres sacrées, écrivez sur le marbre qui les

couvre Telle année, tel mois, tel jour, à telle heure, Dieu retira son souffle à lui, et Eliza mourut.

Auteur original, son admirateur et son ami, ce fut Eliza qui t'inspira tes ouvrages, et qui t'en dicta les pages les plus touchantes. Heureux Sterne, tu n'es plus, et moi je suis resté. Je t'ai pleuré avec Eliza ; tu la pleurerois avec moi; et, si le ciel eût voulu que vous m'eussiez survécu tous les deux, tu m'aurois pleuré avec elle.

Les hommes disoient qu'aucune femme n'avoit au= tant de graces qu'Eliza les femmes le disoient aussi. Tous louoient sa candeur; tous louoient sa sensi= bilité; tous ambitionnoient l'honneur de la con= noître. L'envie n'attaqua point un mérite qui s'igno= .roit.

Anjinga, c'est à l'influence de ton heureux climat qu'elle devoit, sans doute, cet 'accord presqu'incom= patible de volupté et de décence qui accompagnoit toute sa personne, et qui se mêloit à tous ses mou= vements. Le statuaire, qui auroit eu à représenter la volupté, l'auroit prise pour modele. Elle en auroit également servi à celui qui auroit eu à peindre la pudeur. Cette ame, inconnue dans nos contrées, le ciel sombre et nébuleux de l'Angleterre n'avoit pu l'éteindre. Quelque chose que fît Eliza, un charme invincible se répandoit autour d'elle. Le desir, mais le desir timide, la suivoit en silence. Le seul homme honnête auroit osé l'aimer, mais n'auroit osé le lui dire.

Je cherche par-tout Eliza. Je rencontre, je saisis quelques uns de ses traits, quelque uns de ses agré= ments épars`parmi les femmes les plus intéressantes. Mais qu'est devenue celle qui les réunissoit? Dieux, qui épuisâtes vos dons pour former Eliza, ne la fites= vous que pour un moment, pour être un moment admirée, et pour être toujours regrettée?

EXTRAIT DE RAYNAL.

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Tous ceux qui ont vu Eliza la regrettent. Moi, je la pleurerai tout le temps qui me reste à vivre. Mais est-ce assez de la pleurer ? ceux qui auront connu sa tendresse pour moi, la confiance qu'elle m'avoit accordée, ne me diront-ils pas : elle n'est plus, et tu vis?

Eliza devoit quitter sa patrie, ses parents, ses amis, pour venir s'asseoir à côté de moi, et vivre parmi les miens. Quelle félicité je m'étois promise! Quelle joie je me faisois de la voir recherchée des hommes de génie, chérie des femmes du goût le plus difficile ! Je me disois: Eliza est jeune, et tu touches à ton der= nier terme. C'est elle qui te fermera les yeux. Vaine espérance! ô renversement de toutes les probabilités humaines! ma vieillesse a survécu à ses beaux jours. Il n'y a plus personne au monde pour moi ; le destin m'a condamné à vivre et mourir seul.

Eliza avoit l'esprit cultivé; mais cet art, on ne le sentoit jamais il n'avoit fait qu'embellir la nature; il ne servoit en elle qu'à faire durer le charme. A chaque moment elle plaisoit plus, à chaque moment elle intéressoit davantage. C'est l'impression qu'elle avoit faite aux Indes; c'est l'impression qu'elle faisoit en Europe. Eliza étoit donc très belle? non; elle n'étoit que belle, mais il n'y avoit point de beauté qu'elle n'effaçât, parcequ'elle étoit la seule comme elle.

Eliza a écrit, et les hommes de sa nation qui ont mis le plus d'élégance et de goût dans leurs ouvra= ges, n'auroient pas désavoué le petit nombre de pages qu'elle a laissées.

Lorsque je vis Eliza, j'éprouvai un sentiment qui m'étoit inconnu. Il étoit trop vif pour n'être que de l'amitié ; il étoit trop pur pour être de l'amour. Si c'eût été une passion, Eliza m'auroit plaint : elle au

roit essayé de me ramener à la raison, et j'aurois achevé de la perdre.

Eliza disoit souvent qu'elle n'estimoit personne autant que moi. A présent je le puis croire.

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Dans ses derniers moments, Eliza s'occupoit de son ami; et je ne puis tracer une ligne sans avoir sous les yeux le monument qu'elle m'a laissé. Que n'a-t-elle pu douer aussi ma plume de sa grace et de sa vertu' Il me semble du moins l'entendre : « Cette muse sé« vere qui te regarde, me dit-elle, c'est l'Histoire, dont la fonction auguste est de déterminer l'opi= nion de la postérité. Cette divinité volage qui plane « sur le globe, c'est la Renommée, qui ne dédaigna « pas de nous entretenir un moment de toi. Elle m'ap= « porta tes ouvrages, et prépara notre union par l'es << time. Vois ce phénix immortel parmi les flammes : «< c'est le symbole du génie qui ne meurt point. Que « ces emblêmes t'exhortent sans cesse à te montrer le << défenseur de L'HUMANITÉ, de la VÉRITÉ, de la << LIBERTÉ. >>

Du haut des cieux, ta premiere et derniere pa= trie, Eliza, reçois mon serment. Je jure de ne pas écrire une ligne, où l'on ne puisse reconnoître ton ami.

(Hist. philos. des Etablissements des Européens dans les deux Indes, L. III, § 16.)

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