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nir les forces coalisées. Avant de suivre Napoléon sur ce nouveau théâtre de la guerre, examinons les nouvelles dispositions qu'il fit à Znaïm, et la destination qu'il donna aux divers corps de la grande armée.

Celui de Bernadotte forma la gauche, se dirigeant sur Budweis, poussant des avant-postes à Jglau, observant la Bohême, et se tenant en situation de se porter sur Brunn, si l'ennemi y tenait. Murat marchait au centre sur cette ville, avec le corps de Lannes et toute la cavalerie en avant; le corps de Soult, qui depuis le combat de Gruntersdorf, s'était porté sur Nikolsbourg, tenait la droite marchant sur Austerlitz.

Davoùst s'étant approché des frontières de la Hongrie, l'archiduc palatin fit proposer par le comte Pain une sorte de neutralité au moyen de laquelle toutes mesures offensives y cesseraient. L'empereur Napoléon l'accepta à condition que Presbourg serait occupé par ses troupes. Davoust prit donc possession de cette ville.

Mortier envoya à Vienne les divisions Dupont et Gazan pour y tenir garnison, et faire le service. La division batave de Dumonceau fut cantonnée à Krems et aux environs.

La division de dragons à pied de Baraguay-d'Hilliers qui, après la reddition d'Ulm, avait passé sur la rive gauche du Danube pour suivre le mouvement de l'armée, avait reçu l'ordre de faire une incursion en Bohême. Traversant rapidement les montagnes couvertes de forêts de sapins et de glaces qui séparent de la Bavière cette province de l'Autriche, Baraguayd'Hilliers avait chassé un corps Autrichien de trois mille hommes retranché à Waldmunchen, et avait poussé jusqu'à Pilsen. Il eut l'ordre de s'y maintenir et de se mettre en communication avec Bernadotte.

Au moment où la grande armée entrait dans la capitale de l'Autriche, Masséna passait le Tagliamento sans combattre. L'archiduc Charles précipitait sa retraite, il ne défendit point Palma-Nova, tint un jour sur l'Isonzo, comme il avait fait sur le Tagliamento, évacua dans la nuit Goritz, que les Français allaient investir, et se retira sur Schœnpass et Czernizza. Dans un mois, Masséna avait rejeté une armée plus forte que la sienne des bords de l'Adige au-delà des frontières des états vénitiens. Sans communication avec la grande armée, ignorant la prise de Vienne, les opérations de Ney et d'Augereau sur sa gauche, la situation de l'archiduc Jean; inquiété par des bruits d'arrivée de renforts russes par la Dalmatie,■ de débarquement d'Anglo-Russes à Naples, le maréchal ne jugea pas prudent de s'aventurer au-delà de l'Isonzo, concentra son armée entre Udine et Goritz, fit des dispositions pour assurer son flanc gauche, y poussa de fortes reconnaissances pour observer ce qui s'y passait, et s'empara de Trieste. Il était renforcé par le corps de Saint-Cyr qui ayant évacué le royaume de Naples après le traité venait d'arriver àPadoue avec quinze mille hommes. Ce corps fut employé au blocus de Venise.

Malgré sa confiance dans la force de ses armes, Napoléon ne négligeait pas l'emploi des moyens moraux pour contenir les peuples conquis. Il jugea nécessaire de publier les évènemens par la gazette de Vienne, et de la faire composer dans le sens qu'on voudrait même par le rédacteur actuel. S'il craignait d'être compromis, on lui offrait un sort en France; Clarke fut chargé de cette négociation, et de diriger cette affaire. Il lui était recommandé de se mettre en contact avec tous les hommes influens du pays, et d'annoncer le retour très prochain de Napoléon.1

La cavalerie de Murat poursuivit l'arrière-garde russe jusqu'à Pohrlitz. Sébastiani, avec sà brigade de dragons, coupa la retraite à plusieurs corps dans ces immenses plaines de la Moravie, et fit deux mille prisonniers.

A cette époque, désespérant de l'armée de Kutusof, et ne croyant pas celle qui arrivait de Russie capable d'arrêter la marche victorieuse de Napoléon, l'empereur d'Autriche se crut permis d'abandonner son allié, et de sauver l'existence de sa monarchie même dans l'intérêt de la coalition. Il résolut donc d'entrer dans de nouvelles explications avec Napoléon et de lui proposer d'ouvrir avec lui des négociations pour la paix, aussitôt que les mesures pour y parvenir pourraient être concertées avec l'empepeur Alexandre, qu'il espérait voir immédiatement en personne.1

1 Lettres de Berthier à Clarke, 27 brumaire. 1 Mémoire du comte de Stharenberg.

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Les deux empereurs alliés se réunirent à Olmutz. L'ennemi évacua Brunn et le fort de Spielberg, et se retira sur Wischau. Murat entra le 27 dans Brunn. Napoléon y établit son quartier général, le 29. On y trouva soixante pièces de canon, trois cent milliers de poudre, et des magasins considérables de vivres et d'habillement. Kutusof venait de faire sa jonction avec la seconde armée russe commandée par Buxhowden. Murat avec sa cavalerie attaqua l'arrièregarde ennemie forte de cinq à six mille chevaux, en position à Posorzitz entre Brunn et Wischau. Elle fut culbutée après un combat très vif dans lequel le colonel Durosnel fut blessé. Les Busses perdirent deux cents hommes, se retirèrent sur Wischau, et ensuite sur Olmutz. Kutusof prit le commandement général de l'armée alliée; elle attendait une division de la garde impériale sous les ordres du grand duc Constantin, et un autre corps commandé par Benigsen. Le prince Jean Lichtenstein commandait les troupes autrichiennes. L'armée combinée était

cantonnée autour d'Olmutz pour prendre quelque repos et attendre les renforts.

L'Empereur Napoléon fit armer et approvisionner pour mille hommes pendant trois mois le fort deSpielberg, et mettre la place de Brunn à l'abri d'un coup de main pendant une bataille, pour donner le temps, si on était dans le cas de l'évacuer, à la garnison du fort d'y monter l'artillerie.

L'archiduc Ferdinand avec les débris de cavalerie qu'il avait ramenés d'Dlm et des bataillons de nouvelle levée formant douze à quinze mille hommes, était en Bohême prêt à seconder les opérations des alliés. L'Empereur ordonna à Bernadotte de porter tout son corps à Jglau, de l'y laisser reposer, surtout l'infanterie française , pour être à même de se porter sur Brunn ou Olmutz, contre les Russes, de n'employer contre les Autrichiens que les Bavarois , et de les envoyer en reconnaissance à Tabor, Kolin et Zwitau.

L'intention de l'Empereur était de donner quelques momens de repos à l'armée, et qu'on en profitât pour faire réparer l'habillement, la chaussure, nettoyer les armes, et rallier les hommes restés en arrière. Il voulait que les chefs de corps recommandassént aux soldats de faire honte aux traînards, comme la plus forte punition dans une armée française. Il ordonnait que tous les hommes eussent leur baïonnette qui fut toujours Yzxme• favorite du soldat ; que l'on payât dans huit jours tout ce qui pouvait être dû au soldat'jusqu'au Ie' frimaire, et aux officiers jusqu'au premier nivose, en papier de la banque de Vienne, en tenant compte de la perte1; qu'on évacuât de l'arsenal de cette ville tout ce qu'il y avait de plus précieux sur un convoi de cent barques qu'on dirigerait à Passau avec bonne escorte.

Portons un instant nos regards sur le Tyrol et l'Italie.

Après la prise de Scharnitz et de Kufstein, deux

1 Lettres deBerthier, du 2 frimaire, ordre du jour du 3.

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