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adressées à Pie II, qui abrogeaient la Pragmatique - Sanction; on demanda la révocation de cette Pragmatique, et on décerna un monitoire contre les défenseurs de cet acte, tels que les prélats, princes et Parlemens de France, pour comparaître au Concile dans deux mois. Dans la cinquième, du 16 février 1513, on décerna une nouvelle monition contre la France. Le Pape Jules II meurt cinq jours après cette session (le 21 février.) La sixième session, du 27 avril, est présidée par le nouveau Pape Léon X; on y produit le monitoire de Jules II contre les partisans de la Pragmatique, et on demande une citation contre la contumace des Français en cette cause. Léon X s'y oppose, dans la vue de gagner les Français par adresse et par douceur. En effet, Louis XII envoie des ambassadeurs au Concile, avec pouvoir de déclarer en son nom qu'il renonce au Concile de Pise, et adhère à celui de Latran, à condition que les cardinaux dégradés

ses sujets d'impétrer aucune provision en cour de Rome, ni d'avoir égard aux bulles que le Pape pourrait expédier. Jules 11 ayant appris cela , mit le royaume de France en interdit; mais Louis XII protesta contre cette bulle.

seront rétablis, et que ce qui a été fait contre la France sera annulé. Dans la huitième session, du 17 décembre, présidée par le Pape, les ambassadeurs de Louis XII y présentent l'acte par lequel le Roi adhère au Concile de Latran, et révoque le Concile de Pise, qu'il traite de conciliabule; etc. Sur la requête du procureur du Concile, contre le Parlement de Provence, le Pape décrète un monitoire contre les membres de ce Parlement, pour les obliger à comparaître en personne, dans trois mois, au Concile. Le motif de ce monitoire était que le Parlement d'Aix n'avait pas voulu permettre qu'on observåt, sans avoir obtenu sa permission, les lettres de grâce et de justice accordées par Sa Sainteté; et qu'il s'attribuait sur les clercs et sur les bénéfices une autorité qui ne lui convenait pas. Cela s'était observé dans tous les temps. Dans la neuvième session, du 5 mars 1514, on lit un acte des prélats français, qui s'excusent de n'avoir pu se rendre au Concile, parce que l'empereur et le duc de Milan leur ont refusé un sauf-conduit. Dans la onzième session, du 19 décembre 1516, on donne lecture de la célèbre bulle qui substitue le Concordat de Léon X et de François Ier à la Pragmatique-Sanction. La douzième et dernière session, du 16 mars 1517, n'a rien de relatif à la France: il en est de même des autres sessions, dont nous n'avons pas parlé. Le Concile de Latran n'est point reconnu pour Concile général..

Dans la grande quantité d'ouvrages qui ont paru sur le concordat, nous distinguerons celui qui a pour titre: Concordata inter Leonem X et Franciscum I, publicata anno 1517, etc. cum interpretatione Petri Rebuffi, 1540, in-8°. La meilleure édition, et la plus complète, est celle Paris, 1660, in-fol. Il est bon aussi de voirle Procès-Verbal des Remontrances faites au Parlement en 1517, sur la publication des Concordats, (sans date), in-8°. On trouvera dans la Bibliothèque Ecclésiastique de Dupin, 16° siècle, t. I, l'histoire du Concordat, de quelle manière il fut fait à Bologne, et reçu dans le Concile de Latran, et de ce qui s'est passé en France pour en empêcher l'exécution.

DES LIBERTÉS
: DE L'ÉGLISE GALLICANE.

On se tromperait gravement si l'on pensait que nos libertés sont un privilege dont jouit l'Eglise de France. Les libertés de l'Eglise Gallicane ne. - sont autre chose que la conservation du droit universellement reçu autrefois dans toutes les Eglises du monde, c'est-à-dire, la stricte exécution de ce qui s'observait dans l'Eglise universelle, suivant les anciens canons, avant les prétentions de la cour de Rome. Si quelquefois on a voulu s'en écarter, si la cour de Rome, par une longue persévérance à soutenir ses prétentions, a introduit parmi nous des systèmes inconnus à nos pères, dans les occasions principales, le Parlement, par sa religieuse et fidèle résistance, sous l'autorité royale, et pour le bien de l'Etat, a toujours su conserver à nos saintes libertés toute leur efficacité. Les fondemens de ces libertés, quoiqu'on les ait souvent taxées à Rome de rébellion, d'exemptions contraires à la règle, de pures grâces que nous tenons de la libéralité du Saint-Siége, ne sont autre chose que la règle même, l'ordre pri

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mitif de l'Eglise universelle ; et si on les appelle libertés de l'Eglise Gallicane, c'est parce que l'intérêt des autres Eglises n'est pas commis à nos soins, et que celle de France a conservé des droits légitimes dont les autres ont perdu l'usage. Par le moyen de ces droits sacrés, la France a toue jours su s'opposer aux entreprises de la cour de Rome, en demeurant cependant fidèlement attachée au centre de l'unité; tandis que beaucoup d'autres peuples qui avaient laissé perdre ces franchises naturelles et ces droits communs, ont malheureusement quitté l'union de l'Eglise, pour s'affranchir de la servitude à laquelle la cour de Rome voulait les réduire.

Ce n'est guère que sous le Pape Grégoire VII (Hildebrand), élu en 1073, et mort en 1085, que les prétentions de la cour de Rome commencérent à devenir excessives. On voit, par la conduite et les maximes de ce Pontife, que son but était de soumettre toutes les couronnes à sa tiare, et de s'attirer une monarchie universelle, tant au temporel qu'au spirituel, dans toute la catholicité. Les Papes Boniface VIII, Benoît XI, Pie II, Jules II, Léon X, Innocent XI, et plusieurs autres, marchérent plus ou moins sur ses traces.

Les maximes résultant de l'accroissement de l'autorité des Papes et de leurs prétentions,

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