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général ayant exigé qu'ils missent par écrit ces assurances verbales, M. Pfyffer lui remit la note suivante :

« La diète m'a chargé de vous faire con» naître qu'elle est convaincue que la lettre » qu'elle adresse au premier Consul détruira » la funeste impression qu'on a tenté de faire » sur son esprit, relativement à l'état d'anarochie dans lequel il croit en ce moment » que la Suisse est plongée : s'il persiste å » mettre à exécution les menaces que le gé» néral Rapp a faites en son nom de faire ) entrer une armée de 40,000 hommes en » Suisse, nous obéirons à la force; aucun de

nous ne cherchera à lulter contre la puis» sance du premier Consul; mais il reste en » notre pouvoir des armes que lui-même » apprécie ; la justice de notre cause, la voix » du peuple el de la postérité. »

Le même jour, 9 octobre, la diète de Schweitz résolut à l'unanimité sa déclaration aux autorités françaises, civiles et militaires.

« La diète des cantons unis rassemblés à » Schweitz, attendu

que

le

gouvernement

» français veut appuyer par la force des ar» mes la volonté du premier Consul concer» nant les affaires de notre patrie, fait par» venir de son côté aux agens civils, et » militaires de la république française, la » déclaration qu'elle doit céder à la force très» majeure; que cependant, quoiqu'elle cède » à la necessité, sa volonté reste toujours » sans contrainte; qu'en conséquence elle » réserve à la nation suisse le droit qui lui » a été assuré par le traité de Lunéville de se » constituer elle-même librement, décla» rant en même temps que suivant les insti»tutions de ses commettans, elle ne pourra » considérer le gouvernement helvétique haï » par les motifs les plus justes, que comme » imposé par force à la nation. »

Cette protestation solennelle et la ferme résolution du président Aloys Reding et des autres membres de la diète de rester à leur poste jusqu'à ce qu'ils en fussent arrachés, indiquaient assez que pendant qu'ils reprochaient à leurs rivaux de rappeler les Français, ils sollicitaienteux-mêmes l'intervention

et les secours des autres puissances; malheureuse condition des républiques où les institutions les plus libérales dans leur principe ne peuvent, comme dans la monarchie représentative, maintenir avec force la division des pouvoirs, où elles se corrompent plus vite

par les passions des hommes, parce que ces pouvoirs n'y sauraient avoir ni la centralité, ni la balance nécessaire, ni la garantie mutuelle de leur indépendance respective, qui peuvent seules assurer leur dạrée, et eonserver le bien commun, la liberté politique. C'est dans les républiques qu'on a vu le plus souvent les factions appeler l'étranger, et immoler ainsi la liberté sur ses propres autels.

Les intrigues du parti aristocratique étaient excitées, mais trop faiblement soutenues par les puissances jalouses des prospérités de la France. Les chefs de l'insurrection qui leur étaient acquis, trompés eux-mêines par de vaines promesses, s'étaient flattés, et laissaient croire à ceux de leurs concitoyens qu'ils avaient engagés dans cette

lutte inégale, que l'Europe entière, indignée d'une violation manifeste du traité qu'elle avait garanti, prendrait hautement la défense de leur liberté. L'Autriche borna ses bons offices à des représentations ; l'ambassadeur de Russie à Paris, M. de Markow qui d'abord avait accueilli et encouragé les délégués de la diète de Schweitz , retira son intervention dès que le premier Consul eut fermement prononcé la sienne; la Bavière qui, par sa proximité, devait prendre un plus vif intérêt aux affaires de Suisse , fut contenue par les insinuations du cabinet des Tuileries. Vers le 15 octobre, au moment même où le général Ney recevait l'ordre de porter son corps d'armée au coeur de la Suisse, et d'y déployer le caractère de ministre plénipotentiaire, M. de Talleyrand adressait au mi. nistre de Bavière à Paris, M. de Cetto, une notification des intentions du premier Consul. Cette pièce , qu'on peut considérer comme le manifeste présenté à toutes les puissances intéressées à l'indépendance de la Suisse, achevait de mettre à découvert les

ýués du gouvernement français. « Le pre») mier Consul ne voulait point abandonner » un pays qui avait besoin de l'amitié de la » France, et qui , sans le bienfait de son in» fluence, eût passé en peu de temps par » toutes les horreurs de l'anarchie , sous » l'ancien joug , qu'il était heureux d'avoir » brisé...... L'Helvétie devait aux victoires » et à la politique bienveillante de la France » le droit de s'organiser. Le premier Consul » voulait en protéger l'exercice, et s'assurer » qu'une poignée d'émigrés turbulens, dé» serteurs des armées étrangères, et qui ve» naient porter le fer et la flamme dans leur » pays, ne réussiraient pas à priver de leurs » droits la presque totalité de leurs conci» toyens...... Le traité de Lunéville ne pou» vait être invoqué par de tels hommes : le » premier Consul, qui en avait garanti l'exé» cution , repoussait le soupçon qu'il songeât » à amener la république helvétique, par un » esprit d'imitation, à avoir avec loi des rap» ports semblables à ceux qui l'unissaient à » la république italienne : cette pensée était

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