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veaux principes qui se seraient placés dans le droit public de la Grande-Bretagne, à côté de celui par lequel elle a déshérité les autres nations de la souveraineté commune des mers, et soumis à ses lois et à ses règlemens l'indépendance de leur pavillon. Le gouvernement s'est arrêté à la ligne que lui

lui ont tracée ses principes et ses devoirs. Les négociations sont interrompues, et nous sommes prêts à combattre si nous sommes attaqués.

Du moins nous combattrons pour maintenir la foi des traités, et pour l'honneur du nom français.

Si nous avions cédé à une vaine terreur, il eût sallu bientôt combattre pour repousser des prétentions nouvelles ; mais nous aurions combattu déshonorés par une première faiblesse, déchus à nos propres yeux et avilis aux yeux d'un ennemi qui nous aurait une fois fait ployer sous ses injustes prétentions.

La nation se reposera dans le sentiment de ses forces : quelles que soient les blessures que l'ennemi pourra nous faire dans les lieux où nous n'aurons pu ni le prévenir ni l'atteindre, le résultat de cette lulte sera tel que nous avons droit de l'attendre de la justice de notre cause et du courage de nos guerriers.

Le premier Consul, signé BONAPARTE.

Par le premier Consul :
Le secrétaire d'état, signé H. B. MARET.

Rapport fait au premier Consul par le colonel

Sébastiani.

LE 16 septembre 1802 je me suis embarqué à Toulon, å bord de la Cornélie ; le 30 je suis arrivé à Tripoli ; j'ai écrit de suite au baron de Céderstrom, contre-amiral suédois, ainsi qu'au ministre du pacha, pour leur offrir ma médiation , afin de terminer les différends élevés entre la cour de Suède et la régence. Ma médiation a été agréée ; le ministre et le contre-amiral se sont rendus à la maison commissariale de France, et nous avons entamé la négociation. Les deux parties étaient fort éloignées : le pacha demandait une somme très - considérable , et une augmentation dans la rétribution annuelle. Il s'appuyait d'un traité fait, il y a deux

i par un envoyé du roi de Suède, qui lui assurait un payement de 245 mille piastres fortes et une annuilé de 20 mille : il ajoutait que deux ans de guerre l'avaient obligé à des dépenses extraordinaires, et qu'il usạit de modération en se conformant au traité dont il est question. ..... M. de Cederstrom n'offrait, au nom de sa cour, que 100 mille piastres pour le rachat des esclaves suédois qui étaient au nombre de cent cinquante, et une annuité de cinq mille piastres. Après beaucoup de débats, je parvins à leur faire signer un traité qui fixe le payement de la rançon à 150 mille piastres, et l'annuité à 8 mille.

ans

Le 1er octobre je fus présenté, avec beaucoup de pompe, au pacha, qui me reçut de la manière la plus distinguée. L'échange des ratifications du traité de paix eut lieu, et la république italienne fut solennellement reconnue. Je fis arborer son pavillon sur la maison commissariale de France, et il fut salué, par la frégate et par la place, de vingt-un coups

de canon. Ce ne fut pas sans difficulté que le pacha consentit à reconnaître cette république. Il craignait que toute l'Italie ne fût comprise dans cette nouvelle république, et qu'il ne fût par conséquent obligé de respecter indistinctement tous les bâtimens de commerce de cette partie de l'Europe ; ce qui aurait détruit sa marine. Je lui donnai les explications nécesssaires, et particulièrement celles qui étaient à la portée de son esprit, et il me répondit : « Enfin je » vois que je puis être en paix avec la république » italienne, sans trop blesser mes intérêts ; mais cela » fût-il encore plus difficile, je le ferai, puisque le » grand Bonaparte le désire ! »

Le pacha de Tripoli est un homme brave et entreprenant, ami des Français. Les Anglais ont fourni des secours à son frère, qui est dans ce moment à Derne sans moyens et sans crédit. Son projet serait de soulever le pays contre le bey.

Les affaires politiques et admininistratives de la

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régence sont gérées par Seid-Muhammed-el-Deghais, ministre du pacha. Cet homme est plein de sagacité et a même quelques notions sur la politique d'Europe. Il a voyagé en France, et conserve pour notre patrie un sentiment d'affection dominant.

Le 2 octobre je suis parti de Tripoli ; le 16 je suis arrivé à Alexandrie. Le même jour je me suis rendu chez le général Stuart, commandant les forces anglaises de terre et de mer. Je lui ai communiqué l'ordre du ministre des relations extérieures qui m'enjoignait de me rendre à Alexandrie, et si les Anglais occupaient encore la place, de demander une prompte évacuation, et l'exécution du traité d'Amiens. D'abord le général Stuart me dit que

l'évacuation de la place aurait lieu sous peu ; mais voyant que j'insistais, et que je désirais une réponse moins vague, il me déclara qu'il n'avait aucun ordre de sa, cour de quitter Alexandrie, et qu'il croyait même

y passer l'hiver.

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Le général Stuart est un homme d'un esprit médiocre. Il a pour aide-de-camp un émigré français appelé le chevalier de Sades, homme d'esprit, ennemi de la France ; il a beaucoup d'influence sur le général,

Je fus le même jour voir Khourchid-Ahmed, pacha d'Alexandrie, et le capitan-bey, commandang les forces de mer ottomanes.

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Après les complimens d'usage et quelques mots agréables pour la sublime Porte , je leur annonçai que les

agens du commerce français allaient se rendre en Égypte. Cette communication leur fit le plus grand plaisir, et ils ne me cachèrent point qu'ils voyaient avec peine le séjour des Anglais dans ce pays. Je leur dis que ce séjour ne pouvait se prolonger encore long-temps, et que la paix générale ne laissait aucun doute sur leur prochain départ.

Le 17, je fus voir le cheik El-Messiry.

Je vis également ce jour-là le cheik Ibrahim Muphti.

Le 18, je fus visiter la coupure du khalidj , qui a formé le lac Maréotis ; l'écoulement des eaux du lac Madié est encore très-fort; et si la Porte ne se hâte de rétablir ce canal important, les éboulemens qui ont ļieu sur la petite langue de terre qui sépare les deux lacs, rendront l'ouverture tellement considérable, qu'il sera impossible d'y travailler. Je ne pense pas que l'ingénieur suédois, envoyé par la Porte pour diriger ces travaux, ait les talens nécessaires. La formation du lac Maréotis paraît avoir contribué à la salubrité de l'air. La ville n'a , dans ce moment, que de l'eau saumâtre qu'elle ţire des puits du Mara, bouf. Ce petit fort est armé; il s'y trouve une garde anglaise et turque pour protéger les habitans qui y yiennent puiser.

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