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» qu'en conséquence il mettait à la disposi» tion du gouvernement helvétique les corps » suisses qui se trouvaient au service de » France; mais il espérait que ce dernier » conseil de son amitié et de sa bienveillance » rappellerait les esprits aux sentimens de » l'honneur et à l’union, et que cette voix, » qui enfin avait réuni tous les peuples pour » se laisser envelopper des liens de la paix, » ne serait pas perdue pour les citoyens de » l’Helvétie. » Pendant

que

le gouvernement helvétique recevait ces premières assurances de l'intervention du premier Consul , Aloys Reding, au nom des cinq cantons démocratiques, sommait le général Audermatt et ses troupes de déposer les armes, et de rester tranquilles spectateurs de la lutte, comme dégagés de leurs sermens en vers un gouvernement qui ne s'était élevé que par des factions , et qui n'existait plus : il rendait Audermatt personnellement responsable des hostilités que ses troupes pourraient commettre, et lui ordonnait de les licencier,

« Déclarez , lui écrivait-il , et dans le terme » de trois heures après la réception de cette » lettre, si vous voulez mettre fin à la guerre » civile, ou si vous voulez être regardés et » traités comme des hordes de vagabonds et » de perturbateurs du repos public. »

Pressant de plus en plus le dénoûment de la crise , Aloys Reding convoqua à Schweitz une diète extraordinaire. Sa proclamation annonçait aux cantons « la nécessité de re» noncer à perpetuité à tous priviléges po» litiques , et d'accorder aux peuples qui leur » étaient ci-devant soumis, comme à des » » frères légitimes, les mêmes libertés et » droits politiques qui compétaient aux ha>> bitans des villes. »

On voit qu'au point où les choses en étaient venues, l'objet de la guerre civile ostensiblementavoué n'était plus le rétablissement absolu de l'ancien régime : les chefs de l'insurrection, pour s'accréditer auprès du

gouvernement français , dontils ne pouvaient écarter ni braver l'intervention, captaient, par ces concessions, l'assentiment de la majorité

des cantons: ils promettaient d'établir un gou. vernement central, dont la diète fixerait les li. mites et les attributions. Comme il arrive toujours à la fin des révolutions, les partis opposés ne luttaient que pour s'emparer du pouvoir et en légitimer l'exercice; si la politique ombrageuse du médiateur auquel ils étaient forcés de recourir n'eût déjoué le plan des aristocrates , il aurait certainement réussi, car il était conduit avec prudence et vigueur.

En même temps qu'ils en voyaient à Paris M. de Mullinen pour négocier au nom des cantons confédérés, ils organisaient une armée fédérale dont le commandement fut dévolu au lieutenant général Bachmann.

« Très-chers amis et frères, disaient-ils » dans cet appel de contingens , il ne serait » pas juste que nous supportassions seuls » toute la charge du maintien du repos pu» blic et du bon ordre dans vos cantons » aussi-bien que celle de veiller à la sûreté » de la diète , et d'écarter toute influence » étrangère nuisible. Nous vous invitons à » mettre sur pied le nombre suivant de gens

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bien armés.

faisant en tout 20,000 hommes. »

Dès le 26 septembre la trève stipulée par la capitulation de Berne étant expirée, les confédérés se mirent en marche sur deux colonnes, l'une dirigée sur Morat, et l'autre sur Fribourg : cette dernière ville fut sommée dans la nuit du 26 au 27; le commandant ayant refusé d'ouvrir ses portes , et reproché aux confédérés d'avoir violé la capitulation en désarmant un détachement de troupes helvétiques, la ville fut canonnée et sommée une seconde fois ; l'attaque fut renouvelée le lendemain avec plus de vigueur: la garnison mit bas les armes , et obtint

pour toute capitulation de se retirer librement sur Lausanne.

Maîtres de Fribourg, les confédérés continuèrent leur mouvement pour pénétrer dans le pays de Vaud : leurs généraux Aufdermur et Watteville annoncerent aux Vaudois « qu'ils entreraient dans leur pays en » amis, et sans même avoir l'intention d'in» fluencer leurs suffrages; que les hostilités

» étaient uniquement dirigées contre les » membres du soi-disant gouvernement hel» vétique, et qu'ils se retireraient sans com» mettre le moindre désordre aussitôt qu'ils » auraient atteint leur but, en forçant ce » gouvernement arbitraire à se dissoudre ou » à quitter la Suisse. »

Le préfet du canton de Vaud répondit à ces insinuations par la proclamation suivante :

« Aux armes , citoyens ! les insurgés ont » violé leur serment. Ils avaient promis de » ne point attaquer le canton de Vaud , et >> voilà qu'ils y tombent en armes ! Quel est » le Vaudois qui ne frémisse d'indignation, » et ne courre aux armes pour défendre sa » maison du pillage, et sa famille du déshon»neur et de l'esclavage ? »

Ces impuissans efforts décélaient la faiblesse du gouvernement helvétique; il fut bientôt réduit aux dernières extrémités : la ligne de défense entre les montagnes du canton de Fribourg , et les lacs de Morat et de Neuchâtel, ne put être maintenue. Les

pay

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