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les députés de ces trois cantons se rendaient à Berne, pour faire comprendre dans la suspension d'armes tous les cantons démocratiques déjà confédérés, lorsque les attaques simultanées de Berne et de Zurich firent évanouir ces dernières lueurs de pacification. Quand les chefs de parti en sont venus jusqu'à faire verser le sang des citoyens les uns par les autres,

les autres, ils n'ont plus de salut que dans le sort des armes ; car, au milieu même de l'anarchie, où tous les droits sont foulés aux pieds, on réclame le droit et les lois de la guerre; la crainte des représailles peut les faire maintenir; et quoique des nations civilisées se soient quelquefois dégradées jusqu'à les enfreindre, c'est encore la seule garantie qui reste à ceux qui ont le malheur de conduire la guerre civile.

On voit ici les chefs rles deux parlis également ardens à engager le combat pour prévenir la conciliation dont les clauses n'eussent pas rempli leurs vues. Reding et Watteville devancent sous les murs de Berne les députés des trois cantons, et chassent de la capitale

le

gouvernement avec lequel ceux-ci allaient traiter. Du côté opposé, et presque en même temps, Audermatt saisit le prétexte du refus de la municipalité de Zurich de recevoir trois compagnies helvétiques, pour attaquer cette autre capitale; il part de Lucerne le 9 septembre avec deux mille hommes et tout ce qu'il peut rassembler d'artillerie; les portes de Zurich lui sont fermées ; il fait sommer le commandant, n'accorde aucun délai, et fait jeter deux cents obus dans la ville. Les habitans s'obstinent à défendre leurs foyers: mille paysans des districts voisins, conduits par M. d'Erlach , vinrent à leur secours. Le général Audermatt ayant passé à la rive droite du lac, et occupé la position avantageuse de Zurichberg , recommença le bombardement dans la nuit du 12 au 13 avec aussi

peu

de succès que la première fois. Ayant appris la marche du général Watteville, il se hâta de souscrire une suspension d'armes : sa libre retraite sur Lausanne s'effectua en vertu de la capitulation de Berne.

Ces succès enflèrent les espérances des fé

déralistes :ils s'emparèrentde Brugg, d’Arau, et marchérent sur Soleure.

Dès le 20 septembre 1802, toute la Suisse allemande, à l'exception d'une partie du canton de Fribourg, avait secoué le joug du gouvernement central. Les cinq cantons démocratiques, Ury, Schweitz, Underwalden, . Glaris et Appenzell, adressèrent aux autres une proclamation dans laquelle ils déclarerent la déchéance du gouvernement helvétique, engagèrent tous les cantons à

envoyer deux députés à Schweitz , pour y délibérer sur le projet d'une nouvelle constitution, et leur demandèrent un contingent de troupes qui devait s'élever à dix-huit mille deux cents hommes.

Dès l'évacuation de Berne, Aloys Reding fit proclamer de la manière suivante l'installation des membres de l'ancien gouvernement.

« Nous, soussignés, composant le grand et » le petit conseil de la ville et de la république » de Berne , nous empressons d'assurer, par » ces présentes, tous nos fidèles adhérens:

» de nos bonnes et patriotiques intentions.

» Après des malheurs répétés, après quatre » ans de désastres et de calamités, nous avons » atteint le but de nos voeux. Appelés par la > fortune, et guidés par nos devoirs envers » notre patrie, nous rentrons dans le sein » de notre mère commune, la ville de Berne, » que votre courage et votre fidélité nous ont » fait recouvrer. Nous sommes pénétrés de » reconnaissance et d'admiration, en envi»sageant le généreux et sublime élan de >> patriotisme qui vous a portés à braver tant » de dangers pour recouvrer vos lois et votre >> gouvernement. Le souverain pouvoir a » résolu de rester dans des termes d'amitié » avec ceux qui, durant ce temps de troubles » et de calamités, ont pu dévier de la ligne » de leurs devoirs; il leur ouvre les portes >> de la réconciliation. Il attend des autres » l'oubli des injures qu'ils ont supportées, et » qu'ils ne profaneront point le glorieux

triomphe de leur patrie par des actes de > vengeance personnelle, etc. >>

Cette proclamation fut d'abord commu

niquée au ministre de France, qui s'était retiré à Lausanne; elle fut en même temps adressée à toutes les puissances de l'Europe.

Les vainqueurs, en rétablissant l'ancien régime, affectaient une grande modération, dans l'espoir que la France reconnaissant, dans le résultat de cette prise d'armes, le véritable voeu de la nation suisse , abandonnerait le gouvernement central; mais déjà le premier Consul avait fait écrire par M. de Talleyrand, au citoyen Stapfer, ministre helvétique à Paris : «Qu'il était fort à » déplorer qu'ils eussent cru que l'Helvétie se » trouvait en état de se passer de la présence » des troupes françaises, tandis que le pre>> mier Consul était dans l'intention bien» veillante de les y laisser au moins encore » un an, s'ils l'eussent demandé. »

Le ministre leur notifiait que « le premier » Consul , après s'être fait représenter les » différentes capitulations passées entre la » Suisse et la France, avait reconnu que

les » cantons s'étaient souvent réservé de rap>>peler leurs troupes pour leur propre usage;

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