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ture de la convention de Sühlingen, M. de Talleyrand écrivit à lord Hawkesbury la lettre suivante : « Après un léger engagement avec les trou

de S. M. Britannique, l'armée fran» çaise occupe le pays de Hanovre. Le

pre» mier Consul n'ayant cu en vue que d'obte» nir des gages pour l'évacuation de Malte, » et de travailler à accomplir l'exécution du » traité d'Amiens , n'a point voulu faire » éprouver toutes les rigueurs de la guerre » aux sujets de S. M. Britannique. Cepen» dant, le premier Consul ne peut ratifier la » convention conclue entre l'armée française » et celle de S. M., qu'autant qu'elle sera pa»reillement ratifiée

par

S. M. Britannique; » et, dans ce cas, le premier Consul mecharge » expressément de déclarer, qu'il est dans >> son intention que l'armée du roi d'Angle» terre et de Hanovre soit d'abord échangée >> contre tous les matelots ou soldats

que les » vaisseaux de S. M. ont fait ou sont dans le » cas de faire prisonniers. Le prenier Con>> sul verrait avec peine que S. M. Britanni

» que, en refusant de ratifier ladite conven» tion , obligeât le gouvernement français à 5) trailer le pays de Hanovre avec toute la » rigueur de la guerre, et comme un pays » qui, livré à lui

même , abandonné par son » souverain , se serait trouvé conquis sans » capitulation, et laissé à la discrétion de la » puissance occupante. »

Lord Hawkesbury répondit le 15 juin à M. de Talleyrand :

« J'ai mis sous les yeux du roi votre lettre » du 10. J'ai l'ordre de S. M. de vous infor>> mer que, comme elle a toujours considéré » le caractère d'électeur de Hanovre comme » distinct de son caractère de roi des royau» mes unis de la Grande-Brelagne et de l'Ir» lande , elle ne peut consentir à acquiescer » à aucun acte qui pourrait consacrer l'idée » qu'elle est justement susceptible d'être » attaquée dans une capacité pour la conduite » qu'elle peut avoir cru de son devoir d'adop- » ter dans l'autre. Ce n'est pas de ce moment » que ce principe est avancé pour la pre» mière fois : il a été reconnu par plusieurs

» puissances de l'Europe, et plus particu» lièrement par le gouvernement français, » qui, en 1795, en conséquence de l'acces» sion de S. M. au traité de Bále, reconnut ») sa neutralité dans sa qualité d'électeur de » Hanovre, dans le moment où il était en » guerre avec elle en sa qualité de roi de la » Grande-Bretagne. Ce principe a été de plus » confirmé par la conduite de S. M. à l'occa» sion du traité de Lunéville , et par les ar» rangemens qui ont eu lieu dernièrement, » relativement aux indemnités germaniques » qui doivent'avoir eu pour but de pourvoir » à l'indépendance de l'empire, et qui ont » été solennellement garanties par les prin» cipales puissances de l'Europe, mais aux» quelles S. M. , comme roi de la Grande» Bretagne, n'a pris aucune part.

» Dans ces circonstances, S. M. est déter» minée, dans son caractère d'électeur de » Hanovre , à appeler à l'empire et aux puis» sartces de l'Europe qui ont garanti la, con» stitution germanique, et par conséquent >> ses droits et possessions en qualité de

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» prince de cet empire. En aitendant que » S. M. soit informée de leurs sentimens, » elle n'a commandé de dire que, dans son » caractère d'électeur de Hanovre, elle s'ab»-stiendra scrupuleusement de tout acte qui » pourrait être considéré comme contreve>> nant aux stipulations contenues dans la » convention qui ful conclue le 4 juin, entre » les députés nonimés par la régence ile Ha» novre et le gouvernement français. :))

Il est facile de reconnaître que l'Angleterre, en livrant ainsi Hanovre à la discrélion du vainqueur, n'avait d'autre objel que de re-prendre le cours de la politique qu'elle suivait depuis la révolution, d'intéresser à sa propre cause les puissances du continent, et de niêler ses intérêts aux leurs pour nouer une troisième coalition:

La réponse de lord Hawkesbury fut donc un nouveau signal de guerre. Aussitôt qu'elle fut connue du lieutenant général Mortier, celui-ci écrivil au feld-maréchal Walmoden pour dénoncer au 30 juin la ruplure de l'armistice. En rendant justice à la valeur des

troupes hanovriennes, le général français témoignait ses regrets de les voir sacrifiées pour un projet de défense illusoire, et qui ne pourraitavoir d'autre résultat qued'attirer de nouveaux malheurs sur le pays. Il terminait ainsi sa missive : « Je charge le général Léo» pold Berthier, chef de l'état-major général, » de vous faire part de més propositions. Je • » dois insister pour que votre Excellence » veuille bien me faire, dans les vingt-quatre » heures, une réponse catégoriqne. L'ar»mée que j'ai l'honneur de commander est » prête, et n'attend que le signaldo combat. »

Ces propositions, aussi dures qu’huniiliantes , étaient que l'armée hanovrienne mit bas les armes , et consenļît à être en voyee en France comme prisonnière de guerre, Le feld - maréchal Walmoden les repoussa comme on outrage, et répondit que tous les soldats, plutôt que d'en subir la honte, préféraient mourir les armes à la main., 1

On se disposa de part et d'autre à reprendre les hostilités.

Ces nouvelles circonstances avaient déter

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