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trop opiniâtre de la part de l'ennemi, de faire opérer le passage du fleuve à Hoya et à Stolzenau.

En conséquence, le 3 juin le général Dulauloy reçut l'ordre de rassembler l'artillerie, de canonner la tête de pont, et de jeter des obus dans la ville de Nienbourg.

Cette attaque était audacieuse, car l’ennemi n'avait pas moins de soixante pièces, soit dans la tête de pont, soit dans la ville , pour répondre aux dix-huit bouches à feu que les Français pouvaient mettre en batterie.

Deux colonnes d'infanterie et de cavalerie filèrent sur Hoya et Stolzenau ; celle dirigée sur ce dernier point était précédée par une compagnie de pontonniers et trente hussards du 2°. L'officier d'artillerie qui commandait ce détachement rencontra l'ennemi à Stolzenau : après une fusillade assez vive, il resta maître du village, d'un pont volant, et de plusieurs barques.

D'après ces dispositions d'attaque et de défense sur les deux rives du Weser, comme

on allait en venir aux mains, une députation de la régence se présenta aux avant-postes français, et demanda unesuspension d'armes, en annonçant qu'elle était chargée de faire des propositions avantageuses. Le général Mortier déclara qu'il n'en pouvait écouter d'autres, que celles qui seraient basées sur l'occupation inmédiate de l'électorat, et la remise de toutes les places fortes.

Les députés souscrivirent à toutes les conditions qu'il plut au général français de leur imposer, en se réservant, de part et d'autre, de soumettre la convention à la ratification des chefs des deux gouvernemens. Tout le pays fat livré à l'armée française.

Voici quelles furent les importantes concessions consenties, en faveur du gouvernement français, par la convention de Sühlingen , signée le 4 juin.

Le Hanovre et tous les forts qui en dépendent sont occupés par l'armée française. Les troupes hanovriennes se retirent derrière l'Elbe, et renoncent à toute hostilité jusqu'à la paix avec l’Angleterre, à moins d'échange

contre les prisonniers français en Angleterre. L'artillerie, toutes les munitions et toute espèce d'effets militaires sont misà la disposition de l'armée française. Le séquestre apposé sur toutes les caisses. Le général français se réserve le droit de faire arrêter tout militaire anglais , et de l'envoyer en France; de faire, dans le gouvernement, les changemens qu'il jugerait convenables. Tous les revenus publics saisis. Levée des contributions nécessaires aux besoins de l'armée française. Sa ca valerie remontée , la solde et l'habillement des troupes aux frais du

pays. Le général Mortier, après avoir dicté et fait signer par les députés de la régence cette humiliante convention, la fit exécuter fidèlement, et sut tempérer la rigueur de ces exigeances par sa justice, par la bonne discipline de ses troupes , et par tous les égards dus au malheur: il se hâta de faire saisir tous les bâtimens ennemis qui se trouvaient dans les eaux de l'Elbe et du Weser.

Il entra à Hanovre le 5 juin. On y trouva cent pièces de canon de divers calibres,

quinze mille fusils neufs, cinq mille paires de pistolets , un équipage de pont, soixante fourgons attelés , des magasins remplis de poudre, une fonderie dans le meilleur état, et bien approvisionnée. La seule ville de Nienbourg avait livré quatorze mille fusils. La place de Hameln était armée d'une belle et nombreuse artillerie. Le général Dulauloy s'empara à Zell d'un parc de quarante pièces de campagne et deux cents caissons tous attelés d'excellens chevaux.

Cinq cents bouches à feu , quarante mille fusils , quatre cent milliers de poudre, trois millions de cartouches; tout l'argent nécessaire au payement de la solde. Tels furent les trophées d'une campagne de dix jours, et le fruit de l'étonnante rapidité des marches et de la justesse des combinaisons du général français.

Le général de brigade Frère , qui par suite de la convention occupait Harbourg et Stade , se mit en marche pour Cuxhaven, afin d'intercepter le passage de tous les bâtimens anglais qui pouvaient se trouver sur :

l'Elbe. Le général Rivaud, qui occupait Ver. den, fut chargé de la même opération sur le cours du Weser et à son embouchure.

Le duc de Cambridge, qui ne parut sur le continent que pour être témoin de ces désastres, quitta le conimandement de l'armée hanovrienne : il n'avait pu entraîner les habitans; sa retraite acheva de les décourager. Ce prince se hâta de s'embarquer avant que les Français se fussent rendus maîtres de l'embouchure de l'Elbe.

Ainsi, l'électorat de Hanovre , cette belle province pour la défense de laquelle , dans d'autres temps, toutes les puissances du nord de l'Europe se seraient armées, et dont la conservation n'était pas moins importante pour elles que pour l'Angleterre , fut conquise en peu de jours par une poignée de Français , tant la terreur de leurs armes et l'ascendant du premier Consul imposaient aux Allemands, devenus depuis la paix de Lunéville de vrais feudataires de la France !

Il n'y avait plus pour les armées françaises de territoires neutres : les, liinites de ceux

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