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que sur les

» papiers qui fourniront de plus amples in» formations dans cette conjoncture impor» tante. C'est une consolation pour S. M. de » réfléchir qu'il n'a manqué aucun effort, » de sa part, pour conserver à ses sujets les » bienfaits de la paix : mais, au milieu des )) circonstances qui se sont offertes pour » frustrer sa juste attente , S. M. se repose » avec confiance sur le zèle et l'esprit public >> de ses fidèles communes,

ainsi » efforts de ses braves et de ses fidèles sujets, » pour la soutenir dans sa résolution d'em» ployer le pouvoir et les ressources de la » nation, en s'opposant à l'esprit d'ambition » et d'usurpation qui, dans ce moment, >> anime les conseils de la France; en main» tenant la dignité de sa couronne; en dé► fendant et appuyant les droits et les inté>> rêts de son peuple. » - Çe message , qui fut pris unanimementen considération dans les deux chambres, avait été précédé de l'expédition de lettres de marque et de représailles ; de diverses proclamatións ; du départ de l'amiral Cornwallis de

la rade de Torbay avec dix vaisseaux et trois frégates, et d'une division sous les ordres de sir James Saumarès, qui fut stationnée dans les eaux de Jersey et de Guernesey. Peu de jours après , tous les papiers relatifs à la nouvelle rupture avec la République française furent distribués aux membres du

parlement. Ce recueil de soixante-douze pièces était mis à l'appui de la déclaration du roi : tous ses griefs contre le système de violence, d'agression et d'agrandissement de la France, y étaient développés. Ne pouvant pallier la violation manifeste du traité d'Amiens, ni arguer d'un semblable manquement de foi de la part du gouvernement français, on s'élevait contre le principe politique distinctement avancé par celui-ci , «Que S. M. le » roi d'Angleterre n'avait aucun droit de se » plaindre, ni de se mêler des procédés de » la France , relativement à ancun point qui » ne ferait point partie des stipulations du » traité d'Amiens. » La prétention d'intervenir dans les affaires du continent, était soutenue par des généralités et des argumens

spécieux qu'il est à propos de rappeler ici, puisqu'on a voulu depuis les consacrer par l'abus de la force.

« Mais, disait le manifeste anglais, quel » que puisse être le principe sur lequel le » traité est fondé, il y a incontestablement » une loi générale des nations qui, quoique >> susceptible d'être limitée , expliquée ou » restreinte par la loi conventionnelle, lui est » néanmoins antérieure; et c'est cette loi ou » règle de conduite , à laquelle tous les sou)) verains et états ont coutume d'appeler, » lorsqu'il est reconnu que la loi convention» nelle se tait. Le traité d'Amiens et tout » autre traité, en statuant sur les objets » auxquels il se rapporte particulièrement, » n'emporte ni ne suppose l'obligation de » rester indifférent à tous les autres points p qui ne sont point spécifiés dans ses ști» pulations; beaucoup moins statue-t-il » qu'ils sont de nature à être abandonnés » à la volonté du violent et du puissant. » La justice seule de la cause est un fonde» ment suffisant pour autoriser l'interposi

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» tion de quelqu'une des puissances de l'Eu» rope, dans les différends qui peuvent s'é» lever entre d'autres états : l'application et » l'étendue de cette interposition doivent » uniquement le déterminer par des consi» dérations de prudence...... >>

Le reste de la déclaration de S. M. britannique renfermait un précis apologétique de la conduite du gouvernement dans toute cette affaire , et l'exposé très-peu sincère des motifs et des circonstances qui avaient dû selon l'esprit du traité, faire différer et refu ser enfin l'évacuation de Malte.

Le gouvernement français, à son tour dévoila les secrets et la marche des négocia tions : une note fort étendue, que M. di Talleyrand avait adressée à lord Withworth au moment de son départ, pour être mise sous les yeux du gouvernement britannique , fut publiée et considérée comme le manifeste de la France. Ce document, véritable modèle en ce genre d'écrits pour l'ordre des idées , la forte de l'argumentation, la clarté et la pureté du style, comprend tout

l'historique de la négociation la plus come pliquée : cette pièce ini portante nous eût sans doute suffi pour faire saisir à nos lecteurs, mieux

que nous n'avons su le faire, les moindres circonstances de ce mémorable événement, si nous ne nous étions fait une loi de puiser impartialement dans les sources de l'un et l'autre parti; nous transcrivons seulement la conclusion de cette note.

« Mais les conditions définitivement pro» posées, fussent - elles aussi conformes au » traité d'Amiens et aux intérêts de la France, » qu'elles leur sont contraires, la seule forme » de ces demandes, le terme de trente-six » heures prescrit à la réponse ne peut lais) ser aucun doute sur la détermination du » gouvernement français. Non , jamais la » Franice ne reconnaîtra dans aucun gouver» nement le droit d'annuller, par un seul » acte de sa volonté, les stipulations d'un » engagement réciproque. Si elle a souffert » que, sous des formes qui annonçaient la » menace on lui présentât un ultimatum

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