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gagemens de l'Angleterre et tous ceux qui avaient été successivement remplis par les autres puissances, insista pour la remise immédiate de l'île au légitime souverain ; il demanda formellement l'exécution du pa-ragraphe 4 de l'art. 10 du traité, et exigea une réponse catégorique.

Le ministre anglais répliqua le 2 mars, que « quelques-unes des puissances invitées aux >> termes de cet article à garantir l'indépen» dance de Malte, n'ayant point encore fait » connaître leur accession à cette mesure, il » ne se croyait point autorisé à fixer un terme » jusqu'à ce qu'il eût reçu des instructions >> spéciales de sa cour; et quant au grand-maî» tre, il s'excusait du refus de le recevoir, en >> observant

que le palais du gouvernement, » étant militairement occupé, il avait jugé » que ne pouvant s'en dessaisir, la présence » du grand-maître serait peu convenable. »

Lé refus, cette fois, fut positif et légalement constaté. Nous dirons dans le chapitre suivant quelles furent les conséquences immé diates de cette violation.

CHAPITRE III.

Message du roi d'Angleterre au parlement.

- Armement. -- Dernières négociations. -Politique du premier Consul. Sa conversation avec lord Withworth. - Éclat, rappel simultané des ambassadeurs. Actes d'hostilités. Situation de l'Europe à la rupture de la paix d'Amiens.

CETTE ambitieuse rivalité de prépondérance, tant de sujets de querelle envenimés par l'esprit de parti , tant d'animosité entrele chef du gouvernement français et celui dont le génie n'avait pas cessé de diriger les affaires de la Grande-Bretagne, ne permettaient plus de douler que la guerre ne fût prochaine : cependant, malgré ces sinistres présages, la présence des ambassadeurs des deux pays, l'échange fréquent d'inutiles explications, cachaient encore aux amis de la paix l'immidence du danger sous le voile des relations

diplomatiques : il fut levé tout à coup par l'Angleterre.

Le 8 mars 1803, un message du roi aux deux chambres du parlement leur annonça que « des préparatifs militaires considéra»bles se faisant dans les ports de France et » de Hollande, S. M. avait•jugé convenable » d'adopter de nouvelles mesures de précau» tion pour la sûreté de ses états. Quoique » ces préparatifs fussent présentés comme » ayant pour but des expéditions coloniales, » comme il existait entre S. M. et le gouver)nement français des discussions d'une » grande importance, dont le résultat de» meurait incertain, S. M. s'était déterminée » à faire cette communication.» Elle fut unanimement accueillie dans les deux chambres, et les motions pour l'adresse de remercîment n'y rencontrèrent aucune opposition. Le comte de Moira dans la chambre des pairs, en demandant des éclaircissemens sur les circonstances qui avaient produit un changementsoudain dans la conduite des ministres, disait qu'ils ne pouvaient craindre d'offenser,

par ces ouvertures, un grand homme à la tête des affaires de France, ni se taire plus longtemps, pour ne pas lui donner d'ombrage, puisqu'il n'était que trop certain que cet homme avait pris sa résolution sur les desseins qu'il méditait contre l'Angleterre. Un autre pair relevait comme une offense qui motivait suffisamment la guerre,

cette assertion du gouvernement français, que l'Angleterre n'avait aucun droit d'intervenir dans les affaires du continent.

Dans la chambre des communes les partisans de la guerre ne laissèrent pas échapper cette occasion d'assurer leur triomphe en se déchaînant contre le gouvernement français. M. Fox lui seul , sans s'opposer à l'adresse proposée par M. Addington, se plaignit du mystère qui couvrait les discussions importantes qui s'agitaient entre les deux cabinets, sans qu'on sût même, disait-il, si elles concernaient l'Europe, l'Asie , l'Afrique ou l'Amérique : il se réserva le droit de censurer les ministres, et les menaça du blâme de la nation, si, par leur conduite , ils mettaient

témérairement la paix en danger. M. Windham, au contraire, les désapprouvait d'avancecomme trop pacifiques et trop modérés, puisqu'ils paraissaient ne vouloir prendre que des mesures défensives, et que c'était offensivement qu'il fallait agir.

Le premier ministre, M. Addington, tout en exprimant son espérance, que le résultat de ces discussions serait parfaitement amiable, prévint la chambre qu'il proposerait un vote pour augmenter de dix mille le nombre de matelots et marins déjà accordé pour le service de l'année courante

;

il ajouta que les mesures de précaution se borneraient à l'augmentation des forces navales, eten même temps à quelques dispositions additionnelles pour la sûreté intérieure du pays. Cette dernière mesure fut l'objet d'un second message dont les expressions étaient plus positives.

En conséquence des préparatifs formi-, »dables de guerre qui se font dans les ports » de France et de Hollande, pendant les » discussions d'une négociation importante

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