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» blics, lui suppose ; un cri factice que la » masse du peuple n'avoue point. Au con» traire, pour autant que j'ai vu et observé, » je pense que le désir de la paix parmi la » nation est actuellement aussi fort, aussi » évident, que lorsque la paix fut conclue. »» En considérant toutes les circonstances au » milieu desquelles elle fut signée, il a été » fait une paix plus mauvaise en plusieurs » autres occasions : alors le genre humain » fut sacrifié aux intérêts de quelques princes » et de quelques partis; mais ce serait une » chose terrible et inouïe , qu’un pays dût » être jeté dans un état de guerre, parce que » des auteurs de nouvelles publiques, dans » la vue de bien vendre leurs feuilles, ou » d'augmenter le mérite de leurs journaux, » créent des motifs de griefs mutuels qui » n'ont aucune réalité. Ce serait une cause » de guerre des plus basses , des plus igno» bles. Il est encore une autre classe de gens » enclins à la guerre : ce sont des hommes » importans par leur rang et leurs riches» ses, particulièrement ceux qui résident

» dans la capitale. Je crois les négocians » un corps trop respectable pour souhaiter » d'amasser de grandes fortunes au moyen » des calamités de leur propre pays. Mais il » est certaines personnes qui , par des entre» prises de banquier, par l'agiotage , par des » emprunts, par des contrats , et

par

d'au» tres moyens qu'offre la guerre, se sont fait » en très-peu de temps des fortunes énormes. » Il est de l'intérêt de ces gens d'exciter à la » guerre. Je ne dis pas qu'il y en ait de cette » espèce dans cette chambre; mais s'il y en » avait

par

hasard , je ne blâmerais plus , et » j'aimerais plutôt ces époques de l'histoire » où le genre humain fut sacrifié devant » l'autel de l'ambition. De tout mon coeur » j'aimerais mieux voir le sang ruisseler » pour satisfaire l'ambition d'un Alexandre, » que de voir certaines personnes en faire la » source infâme des richesses qui doivent » remplir leurs coffres.

» Ne soyons donc pas plus longtemps les » dupes de ceux dont l'objet est de nous » tromper ; considérons que nous avons

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» beureusement terminé la guerre dans la

quelle nous avons été si long-temps en» gagés ; que nous avons conservé tous les » domaines que nous possédions avant la » guerre, et que nous en avons acquis de » nouveaux. A d'autres égards, nous n'a» vons pas également bien réussi; notre but w était de protéger l'Europe , et nous l'avons » laissée dans un état peu satisfaisant; mais, » sans autre motif que celui qui nous était » très bien connu lorsque nous avons fait la » paix, ne plongeons pas notre pays dans » les malheurs auxquels il vient d'échapper » si récemment.

» Pour terminer , je déclare que je suis » sûr que nous n'avons rien à craindre de » la France, sous quelque point de vue que i ce soit, à l'égard duquel nous puissions » obtenir une sûreté additionnelle, en ren. » trant en guerre. La puissance de la France » est beaucoup plus grande que je ne le sou» haiterais ; mais est-ce là un motif pour ral» lumer la guerre ?..... La France est inter» venue dans l'affaire des indemnités de l'Al

?

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» lemagne : eh quoi! l'ignoriez-vous, lorsque » vous avez conclu la paix ? En refusant de - » devenir partie contractante du traité de » Lunéville , ne vous êtes-vous pas exclus » vous-mêmes du droit d'intervenir égale» ment dans les indemnités à accorder sur » le continent ? Peut-être n'est-ce pas » même un malheur que la France et la » Russie soient intervenues ensemble dans » l'arrangement des indemnités germani» ques........ Voilà les raisons par lesquelles » je crois avoir justifié mon võu,

le voeu de » tout homme sage, le voeu de la nation en» tière , qu'on s'en tienne fidèlement à la » paix que nous avons faite. »

Cefte véhémente oraison fut l'objet d'une vive censure; M. Fox eut à repousser les insinuations malignes de M. Canning, l'un des plus violens antagonistes de la révolution ; il eut presque à se justifier du reproche d'avoir fait l'apologie de la conduite du gouvernement français; il dut expliquer les motifs, de son voyage en France, et faire connaître qu'il n'avait eu d'autre objet que

d'aller puiser à la source des documens originaux, ceux qui lui étaient nécessaires pour écrire l'histoire de la révolution sous Charles II, et venger d'inculpations calomnieuses la mémoire des illustres martyrs de la liberté britannique, Russell et Sidney. « Moi, l'apologiste de la France ! disait-il » en s'indignant; et ce reproche, devenu si » commun aujourd'hui, ne l'emploie-t-on » pas dans toutes les guerres dont les motifs » sont disputés ? »

Le parti Grenville l'emportait. Fox ne fut même pas soutenu par les membres de l'ancienne opposition, lorsque le secrétaire d'état de la guerre, M. Yorke, vint remettre à la chambre les projets de dépense pour l'entretien des forces de terre durant l'année courante. Le langage des ministres n'était plus équivoque. « La puissance toujours croissante » de la France, disait M. Yorke, l'esprit d'a» grandissement qui anime son gouverne» ment, l'attitude formidable que ce pays a » prise dans ces derniers temps, sont trop, » évidens aux yeux de l'Europe entière,

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