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Mon cher Commandant,

Vous désirez que je présente votre æuvre nouvelle à nos camarades de l'armée. N'est-ce pas superflu?

Utile, intéressante et patriotique, sa propre valeur la recommande suffisamment et mes éloges n'ajouteront rien à son succès certain.

Par votre pratique des langues étrangères vous avez pu recueillir dans les archives des autres pays des pièces encore inédites et donner ainsi à votre livre un caractère d'exactitude des plus précieux à un pareil sujet.

C'est la première fois que le drame si varié de l'exploration est présenté d'une manière aussi complète, aussi réelle, aussi palpitante. Vous avez habilement réussi à retracer le rôle de la cavalerie, à cette période finale du premier Empire, les plus hautes combinaisons de la querre étaient en partie annulées par l'influence prépondérante du nombre. Aucune question n'était plus essentielle à remettre en lumière, à exposer dans toute sa vérité, et l'on ne saurait trop vous remercier d'avoir accompli cette tâche difficile.

Votre récit mouvementé est comme un reflet de l'action même entre les adversaires.

Dans ce journal de marche en partie double, on assiste à l'agitation stérile de toute cette cavalerie alliée autour de laquelle s'était créée une légende si fausse. Elle s'évanouit à la clarté de la vérité. Vous nous la montrez à l'ouvre, sans aucune entente des nécessités de la guerre, avec ses tergiversations, ses indécisions, son manque d'audace, ses arrêts sans motifs, en proie à des inquiétudes incessantes, se laissant surprendre parfois, renseignant mal si ce n'est pas du tout, alors que l'adversaire réduit à presque rien n'offrait pour ainsi dire plus de contre-partie à l'action des envahisseurs de la France. Cette émouvante page d'histoire parle haut.

En montrant toutes les erreurs commises dans le passé, elle forme comme les propylées de la campagne de 1870-71 la cavalerie allemande, dans des conditions analogues, ne s'est guère montrée supérieure à la cavalerie des coalisés un demi-siècle auparavant.

Ce rapprochement saute aux yeux, c'est ce qui donne tant d'intérêt à votre livre et le rend si instructif. En prouvant une fois de plus que l'exploration rationnelle n'a encore été réalisée ni dans le passé, ni dans le présent, il inspirera sans doute à beaucoup de nos brilllants cavaliers le désir de travailler à la réalisation d'une méthode meillcure.

On apprend plus par les fautes que par les succès.

En retraçant si bien les phases de l'exploration défectueuse à tous égards, vous conduirez, je l'espère, les efforts vers l'exploration plus parfaite de l'avenir, et vous aurez ainsi rendu un incontestable service à l'armée.

GÉNÉRAL LEWAL.

Paris, 29 Juin 1891.

AVANT-PROPOS

Ce n'est pas sans une certaine appréhension que nous livrons à la publicité le premier volume de ce livre qui nous a coûté plus de dix ans de recherches et de travail et qui, d'après le plan que nous nous étions primitivement tracé, devait n'être que la deuxième partie, la conclusion de notre Étude sur la cavalerie des armées alliées pendant la campagne de 1813.

Nous aurions voulu rester fidèle à ce programme spécial et restreint, nous borner à mettre en lumière les procédés essentiellement différents employés par la cavalerie alliée pendant ces deux campagnes et opposer à l'esprit d'initiative, à la vigueur dont elle avait fait preuve tant qu'elle avait opéré en pays ami, le rôle relativement effacé qu'elle joua pendant la campagne de France, la prudence, poussée souvent jusqu'à la timidité, qui, sauf dans quelques cas particuliers, entrava l'initiative, dénatura le mode d'action de cette arme à partir du jour où les armées de la coalition pénétrèrent sur le territoire national.

Mais en 1814, si l'on en excepte les raids exécutés par les corps volants de Geismar et de Meininger, dans le nord et le centre de la France, quelques coups de main plus ou moins hardis et pour la plupart d'importance secondaire tentés par Stscherbatoff, Seslavin, Kaïssaroff, Tchernitcheff et Thurn, la masse de la cavalerie de Schwarzenberg et de Blücher n'osa guère rien entreprendre qu'avec le concours et dans le voisinage immédiat des armées de Bohême et de Silésie.

Il nous a donc fallu nous décider à étendre le cadre primordial de notre étude et à suivre pas à pas, jour par jour, les mouvements des armées.

Nous avons d'ailleurs trouvé aux Archives impériales et royales de la guerre à Vienne, des documents si nombreux et si précieux que, tout en continuant à insister plus particulièrement sur le rôle de la cavalerie, nous nous sommes laissé entraîner plus loin que nous ne nous l'étions proposé.

C'est ainsi que, par la force même des choses, nous avons été amené à essayer de rédiger, comme M. le général Lewal a bien voulu le dire dans sa Préface, un journal de marche en partie double, à faire ressortir les faiblesses, les erreurs, les hésitations, l'organisation défectueuse du commandement des armées alliées, en un mot à refaire sur des bases nouvelles l'histoire complète de la campagne de France. Si nous n'avons pas réussi dans cette tâche délicate et difficile, nous espérons toutefois qu'on nous tiendra compte de nos efforts et qu'on trouvera au moins dans ce long travail quelques renseignements intéressants, quelques leçons utiles à méditer.

Nous n'ajouterons plus qu'un mot aux lignes qui précèdent. Il nous reste en effet à payer la dette de reconnaissance que nous avons contractée envers les officiers autrichiens dont la courtoisie et la bienveillance ont tellement facilité nos recherches. Aussi, bien que plusieurs années se soient écoulées depuis lors, nous n'avons pas oublié l'accueil gracieux et amical qui nous a été fait à Vienne, tant au Ministère qu'aux Archives de la guerre et nous avons tenu, en publiant ce premier volume, à adresser à S. E. le feldzeugmeistre baron Beck, chef d'état-major général de l'armée austro-hongroise, à son adjoint, le feld-maréchal-lieutenant Galgotzy, ainsi qu'aux officiers que nous avons eu la bonne fortune de trouver au K. K. Kriegs Archiv, le témoignage bien faible, bien tardif, mais bien sincère de notre profonde et inaltérable gratitude.

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