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saires de l'auteur. Ce volume des Epoques renferme bien d'autres assertions bizarres. Là on nous dit qu'il faut 14,000 ans pour former une colline de glaise de 1,000 toises de haut; ce dont on se sert encore pour étayer le systême général. Ici (page 356), on nous assure que le grain dont l'homme fait son pain, n'est point un don de la nature, mais le grand , l’utile fruit de ses recherches et de son intelligence , et on suppute combien il a fallu de temps pour arriver å cette découverte. Enfin, si l'on veut savoir quel est l'âge de notre globe, et combien il a encore à vivre, on apprendra que sa formation date de 75,000 ans, durée qui n'est même pas encore assez étendue pour tous les grands ouvrages de la nature, et que ture vivante doit encore subsister 93,000 ans (pag. 96). Et Buffon s'étonne au même endroit qu'on ne se rendit

pas à ses raisons, et qu'on se laissât effrayer par ces calculs. Au mois de novembre 1779, la Faculté de théologie de Paris s'occupa de l'examen des Epoques. On reconnut que l'auteur éludoit les difficultés opposées à sa théorie, et tomboit dans le même écueil qu'en 1751. Mais sur ce qu'il demanda qu'on lui communiquât les observations faites sur son ouvrage, on se rendit à ses désirs , et après quelques explications qui furent jugées insuffisantes, il donna sa déclaration, du 18 mai 1780, où il disoit qu'il avoit espéré concilier son sentiment

la pa

avec la Genèse, qu'il reconnoissoit volontiers s'être trompé dans ce jugement, et qu'il abandonnoit tout ce qui dans son ouvrage paroissoit contraire au texte sacré. La Faculté fit imprimer toutes ces pièces, et les envoya aux évêques et à tous les docteurs; et l'on crut devoir s'abstenir encore de la censure. On voulut bien savoir gré à Butfon de conserver, à l'extérieur, des égards dont tant d'autres s'affranchissoient, et de paroître abandonner des opinions qui n'étoient guère d'accord avec ce que la foi nous enseigne. Il n'a pas été complé parmi les ennemis de la religion; mais on peut voir en lui un écrivain égaré par une imagination brillante, et séduit par un systême trompeur. Ceux mêmes qui n'ajoutent pas foi au récit de la Genèse, ne croient pas davantage à la théorie du naturaliste. Chacun a voulu bâtir la sienne. Chacun a voulu substituer ses idées à l'histoire des livres saints. Mais toutes ces cosmogonies se sont évanouies successivement. Leurs auteurs se sont combattus les uns les autres, et en s'aveuglant sur les défauts de leurs propres conceptions, ils ont été trèsclairvoyans sur le ridicule ou l'absurdité des systèmes de leurs deyanciers : ce qui seul pourroit, ce semble, former déjà un préjugé légitime contre ces théories, qui, comme le disoit si bien Buffon même, produisent tout ce qu'on veut , et ne sont autre chose que

des romans physiques et de vaines spéculations.

- Le 2 juin et jours suivans, émeute à Loudres contre les catholiques. Nous avons vu que les adoucissemens de l'acte de 1778 avoient mécontenté des hommes accoutumés à regarder avec horreur ce qu'ils appellent le monstre du papisme. Ils se représentèrent les dernières concessions comme un coup terrible porté à l'église protestante, et ils résolurent d'empêcher qu'on ne les étendît à l'Ecosse, comme il paroît que c'étoit l'intention du gouvernement. La société formée à Edimbourg, pour la propagation de la foi chrétienne, publia, au mois d'octobre 1778, un pamphlet où les catholiques étoient peints comme odieux à la société et indignes des faveurs du gouvernement. Le synode de Glas gow se tint peu après. On y opina avec violence contre les catholiques, et l'on y résolut de s'opposer à tout bill en faveur de ceux d'Ecosse. Le dimanche suivant, 18 octobre, il y eut un attroupement qui fondit sur les catholiques, dans le moment où ils étoient assemblés dans une maison particulière pour l'office diyin. On cassa les fenêtres, on pilla la maison, et le tumulte dura toute la nuit. Les résolutious du synode de Glasgow furent rendues publiques par la voie des journaux , et la société d'Edimbourg n'omit rien pour exciter les esprits. Des lettres, des billets, des pamphlets, furent distribués dans les lieux publics, et semés même dans les rues pour accroître les méconten

temens et provoquer un éclat. Après quelques jours de mouvemens et de clameurs, le 2 février 1779, un attroupement brûla une chapelle et une maison bâties dernièrement par les catholiques d'Edimbourg. D'autres maisons de catholiques furent pillées, sans qu'on prît des mesures pour réprimer ces désordres. Les mêmes scènes eurent lieu à Glasgow, le g du même mois, et elles se renouvelérent dans quelques autres villes d'Ecosse. Ce n'étoit point assez d'avoir échauffé les têtes dans ce royaume; on voulut obtenir le même succès en Angleterre. Une association protestante se forma dans Londres pour obvier aux dangers imminens dont la réforme étoit menacée. Elle entra en correspondance avec la société d'Edimbourg, et prit les mêmes moyens pour réussir. Il n'étoit question que de l'audace croissante, et des entreprises réitérées des catholiques, alors qu’on brûloit leurs maisons. On écrivoit de tous côtés en Angleterre pour exhorter les bons protestaps à faire une ligue contre les accroissemens prodigieux du papisme. Le péril étoit si pressant, et les exhortations si vives, qu'en peu

de temps l'as . sociation compla un assez grand nombre de membres. Le plus fameux de tous, comme le plus ardent, fut Georges Gordon, troisième fils du duc de ce nom, homme d'un caractère hardi et fougueux, mécontent du ministère, borné d'ailleurs, et d'un fanatisme ex

travagant. C'est le même qui se fit enfermer pour ses pamphlets, embrassa le judaïsme , et mourut à peu près fou à Newgate, en 1793. Son nom et ses exhortations servirent les vues de l'association. Il en fut déclaré président. On tenoit de fréquentes assemblées dans lesquelles on faisoit les sorties les plus vigoureuses contre les catholiques. Là les discours les plus violens, les motions les plus fougueuses étoient précisément ce qu'on applaudissoit le plus. On se réupissoit dans des tavernes, dans des maisons de jeu, dans des marchés, et bientôt le nombre des membres fut si grand qu'il fallut s'assembler en plein air. On rédigca une pétition au parlement, et le président déclara qu'il ne la présenteroit point s'il n'étoit accompagné d'au moins vingt mille personnes. Il s'en trouva plus du double réuni, le 2 juin, dans une campagne aux portes de la capitale. De là on se mit en marche pour l'abbaye de Westminster, sous la conduite de lord Gordon. On portoit solennellement la pérition écrite sur une énorme bande de parchemin, et souscrite, dit-on, par 40,000 pétitionnaires. Arrivés devant la chambre des communes, ils firent une décharge générale de mousqueterie ; car ils s'étoient munis de leurs armes pour plus de précaution. Ils forcèrent presque tous les membres du parlement à crier avec eux : point de papisme, et ils firent promettre à plusieurs qu'ils voteroient pour la révoca

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