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les endroits où l'on passa , qui ne fût tendue en blanc. A quelque distance de Stanmore, le peuple détela la voiture du roi et la traîna. Les gardes du corps, la cavalerie de la maison du roi d'Angleterre formaient une partie du cortège ; et Louis XVIII avec le prince régent, étaient dans le carosse de cérémonie. On traversa le parc, des places, des rues de Londres ; au milieu d'une population immense qui faisait retentir l'air de ses acclamations. A l'hôtel de Devonshire on 'avait déployé des pavillons anglais et français surmontés de branches de laurier. Les dames placées aux fenêtres, agitaient des mouchoirs blancs en signe d'allégresse. La musique de S. A. R. le duc de Kent, rangée près del'hôtel que Louis XVIII devait habiter, exécutait l’air:God save the King! (O Dieu! protège le Roi!) pendant que les per.sonnes du cortège descendaient de voiture.

Le prince régent félicita en ces termes le Roi de France : « Votre Majesté me permettra de lui offrir mes félicitations sur le grand événement qui a toujours été un de mes voeux les plus ardens, et qui contribuera non-seulement au bonheur des peuples de V. M. , mais encore au repos et au bonheur de toutes les autres nations. Mes sentimens sur ce grand événement sont, j'en suis assuré, ceux de tous les Anglais. L'allégresse et les transports qui accueilleront V. M. dans sa

propre capitale, ne seront pas l'expression d'une joie plus vive que celle que l'on ressent en Angleterre pour le rétablissement de Louis XVIII sur le trône de ses pères. »

Sa Majesté répondit: « Que V. A. R. agrée l'expression de ma profonde reconnaissance pour ses gracieuses félicitations, pour les témoignages multipliés et constans d'amitié que j'ai reçus de V. A. R., et de toute son illustre famille! Ce sont les sages conseils de V. A. R., c'est ce grand empire, c'est la persévérance de ses peuples, que je regarderai toujours, après la Providence, comme la cause principale du réta-blissement de notre maison sur le trône de nos ancêtres, et de cet heureux état de choses qui guérira toutes les blessures , calmera les passions et rendra à toutes les nations, la paix, la tranquillité et le bonheur. »

Le soir, il y eut dans Londres une illumination générale, pour célébrer le bonheur de la France, rentrée sous le règne paternel des Bourbons. On n'avait point encore vu d'illuminations aussi brillantes. L'hôtel de lord Wellington et celui de l'ambassadeur de Russie se faisaient remarquer par l'éclat et le nombre des lumières. L'hôtel du marquis de Wellesley était aussi éclairé avec magnificence. On y voyait un lem

ple illuminé, dont les armes du roi de France formaient le centre.

Le lendemain, le roi de France reçut les félicitations de toutes les personnes de la cour, mises en grand costume. A une heure, le lordmaire, les aldermans , les schérifs vinrent en corps présenter leurs adresses de félicitations à S. M. très-chrétienne. La voiture du lordmaire était attelée de six chevaux , Ornés de rubans blancs. Les cochers et les domestiques avaient tous la cocarde blanche. Le cortège était composé de soixante-trois carosses ornés de la même manière, et d'une cavalcade très-nombreuse.

Le rétablissement de Louis XVIII sur le trône de France fut célébré dans l'île de Jersey, le 11 avril, par de nombreuses salves d'artillerie et par un feu de joie. Les troupes de ligne et la milice y prirent la part la plus vive.

Le 23 avril, au point du jour, S. A. R. le duc de Clarence, grand-amiral d'Angleterre , arbora, à Douvres, son pavillon sur le Colossus, l'un des principaux navires de l'escadre qui devait accompagner en France Louis XVIII. « Sans doute, dit la relation anglaise, la nation française trouvera un gage de la haute estime que nous professons pour elle, dans le choix

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qu'a fait l'Angleterre du fils même de son souverain , grand-amiral et représentant de toutes ses forces maritimes, pour escorter en France le monarque qui va mettre un terme à ses maux. Deux vaisseaux de ligne russes se joignirent à cette escadre. A cinq heures du soir , l'artillerie du château annonça l'arrivée du prince de Galles , régent, et à six heures et demie, celle du roi de France. Chaque bâtiment de l'escadre fit le salut royal de vingt un coup de canon. Le prince-régent monta le premier à bord du yacht lo Royal-Souverain , pour recevoir S. M. très-chrétienne. A l'entrée de la nuit, la ville de Douvres , illuminée jusques sur les hauteurs, présentait le plus magnifique tableau qu'il soit possible d'imaginer.

Le dimanche matin, 24, vers dix heures , le yacht échangea le pavillon royal d'Angleterre contre le pavillon royal de France : l'un et l'autre furent successivement salués par vingtun coups de canon de chaque vaisseau. Le vent était excellent ; le grand-amiral fit signal de mettre à la voile, et vogua toujours derrière l'yacht royal ; et dès qu'il fut aussi près que pos, sible de la côte de France, il passa sur la proue de S. M. très-chrétienne , et l'équipage le salua par les trois acclamations d'usage.

Le printe-régent se tint constamment sur la

jetée jusqu'à ce que l'on eût perdu de vue le Royal-Souverain , à bord duquel était le roi de France , et ce yacht royal tout doré était pavoisé des couleurs de toutes les puissances alliées. Soubaitons tous du fond du cour que la nation britannique, noble et généreuse , persiste, pendant plusieurs siècles, dans ces sentimens d'union et de paix avec la France, qui de son côté, n'oubliera jamais ses procédés bienfaisans et magnanimes à l'égard des Bourbons et des émigrés français.

Louis vint descendre à Calais, accompagné de madame la duchesse d'Angoulême , cette princesse si respectable par ses malheurs et par ses vertus, et qui , comme une autre Antigone, se fit un devoir sacré de suivre toujours les pas d'un roi dans l'infortune. Louis avait aussi à sa suite un héros, le prince de Condé, et le duc de Bourbon. Le monarque et son auguste famille furent reçus avec de grandes acclamations et des larmes d'attendrissement, et il se montra comme un père qui retrouve ses enfans après de longues souffrances. « Comment , dit-il, oublierais-je jamais cette ville de Calais , toujours fidelle à ses rois. N'est-ce pas en mettant le pied sur ses rivages , que j'ai versé les premières larmes de joie ? »

Le roi , après avoir excité les mêmes trans

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