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quand nous aurons exterminé l'ennemi commun. si vous aviez le malheur de les déposer un instant, il er armerait ses satellites, Paris courrait le plus grand danger. Vos femmes, vos enfans, vos propriétés deviendraient la proie des monstres.

Français, ne reconnaissons parmi nous d'autres ennemis que Buonaparte et ses satellites endurcis dans le crime, qui persistent à provoquer notre vengeance ! armons-nous contre eux, que notre cri de ralliement se fasse entendre d'une extrémité de la France à l'autre : Mort au tyran! vive le Roi! vive Louis XVIII! 10 avril 1815.

LASMALDI ROYAUMONT.

Buonaparte au 4 mai 1815. Le Journal intitulé le Nain jaune, qui a toujours affecté

de se montrer partisan enthousiaste de Buonaparte, imprima ce pamphlet, qui circulait depuis quelques jours : on soupçonna qu'entre autres motifs il avait en vue de décrier la liberté de la presse.

Le systême des journaux de Buonaparte n'est pas changé quant au fonds, c'est toujours le même esprit de mensonge, d'impudence et de perfidie ; mais dans la vue d'un résultat différent. On cherchait autrefois à nous tromper sur les intentions de l'étranger, qui ne peuvent plus nous être suspectes; maintenant c'est l'étranger qu'il s'agit d'abuser sur l'état et les intentions de la France. C'est à l'étranger qu'il s'agit de prouver que la dictature de Buonaparte a la sanction de l'enthousiasme populaire; qu'un parti puissant et nombreux appuie le trône de cet aventurier, et qu'il peut

espérer de rendre nationale la guerre qu'il attire de nouveau sur notre pays. Ces impostures honteuses ne prouvent que l'infamie des misérables qui les écrivent.

La France entière a le sentiment de la chute prochaine de Buonaparte; chaque jour dont son existence se prolonge, est un sujet d'étonnement pour le peuple et pour Buonaparte lui-même. Il sait qu'il a été trompé par quelques factieux sur l'esprit de la nation ; que l'opinion publique rappelle le meilleur des rois, et repousse le plus odieux des tyrans ; que la partie saine de l'armée , qui est encore plus forte qu'on ne pense, est prête à lui échapper; que les vétérans de la démocratie qui l'ont ramené de l'exil sapent déjà son pouvoir en feignant de le servir, et que le plus affidé de ses valets lui cache peut-être un assassin. Cette anxiété qui le tourmente, qui le dévore, qui suffirait seule à consommer sa ruine, au défaut des hommes et de la Providence, se manifeste dans tous les actes de son gouvernement éphémère. Incertain dans ses plans , dans ses moyens, dans ses ressources, il promet, il place, il caresse, il menace; et suivant la nature ou l'objet de ses alarmes, tantôt, c'est un maître absolu qui fait tout fléchir sous ses caprices, tantôt c'est un démagogue furieux qui cherche à attiser les passions de la populace pour exciter en faveur du despotisme les séditions de la liberté. L'instabilité de sa dictature est si évidente à tous les yeux, que la cupidité craint d'y lier sa fortune, que l'ambition craint: d'y lier ses espérances, et que la bassesse elle-même hésite, pour la première fois, à se couvrir d'un opprobre de plus. Qu'on n'en doute pas! c'est à la conviction universelle dont je parle que nous avons été redevables de la modération timide et forcée de ses mesures ; et le monde sait bien que Buonaparte ne pardonne point, quand Buonaparte peut punir.

Les partisans de Buonaparte qui le servent pour lui, se réduisent donc à un petit nombre d'hommes flélris qu'il a compromis par de grands crimes, ou souillés par de grandes ignominies, et qui ne peuvent rattacher leur hideuse existence à aucun autre ordre de choses. C'est pour la conservation de la fortune et des privilèges de ces exécrables sicaires qu'on forcerait la nation à braver l'effort de l'Europe, et à prodiguer le sang de ses citoyens, et c'est au nom de la gloire qu'on oserait dévouer la patrie aux intérêts de quatre ou cinq misérables dont Sylla n'aurait pas voulu faire des bourreaux.

Buonaparte de peut désormais abuser personne en France, car de tous les partis qui ont survécu à nos discordes civiles, le plus facile à tromper a déjà les yeux ouverts sur ses perfidies. Quelques-uns de ces hommes irritables, passionnés et surtout crédules, parce qu'ils sont ordinairement généreux et sensibles; quel. ques-uns de ces hommes, dis-je, qui ont rêvé pendant vingt ans une république imaginaire, et qui ont pour. suivi leurs illusions à travers tous les gouveroemens et toutes les anarchies , avaient senti leurs espérances se réveiller au cri imposteur de liberté que la valetaille de Buo::aparte a fait retentir sur son passage. Ils ou. bliaient que Buonaparte est l'ennemi né de la liberté, l'assassin de la république, et le premier violateur de ces droits sacrés dont nous avons payé si cher la conquête. Ils oubliaient que Buonaparte parlait aussi de liberté quand il détruisait la représentation nationale a

Saint-Cloud; ils oubliaient que c'était au nom de la république française que Buonaparte avait établi le despotisme le plus insolent dont l'espèce humaine ait jamais supporté le joug ; ils oubliaient que Buonaparte avait entrepris d'étouffer tous les sentimens qui unissaient les citoyens à la patrie, d'éteindre toutes les lumières de la civilisation, de paralyser tous les moyens de l'enseignement; ils oubliaient que Buonaparte avait proscrit les idées libérales et philosophiques sous le nom d'idéologie ; qu'il faisait consacrer les principes les plus destructeurs du despotisme dans des livres avoués par ses ministres ; qu'il promettait la féodalité à ses sbirres, et qu'il donnait des peuples à ses satrapes; ils oubliaient que le ciel et l'enfer sont plus près de se rapprocher que les deux idées extrêmes de toute la série des idées humaines, Buonaparte et la liberté; ils oubliaient que ce doux nom de liberté, si cruellement proscrit sous le règne de fer de l'usurpateur, n'avait frappé nos oreilles après douze ans d'abattement et de désespoir, que depuis l'avènement fortuné de Louis XVIII. Eh ! malheureux! qui vous parlerait de liberté si Louis XVIII n'eût rapporté la liberté avec la paix ? Louis XVIII veut la liberté; et c'est lui qui vous la donne. Le brigand qui lui a volé son trône pour quelques jours n'a pas même eu l'adresse perfide de vous tromper quelques jours encore; il n'a pas eu le talent funeste de vous ménager un regret. Vous voyez par la liberté qu'il vous offre dans sa faiblesse, et au milieu des terreurs qui l'assiègent , celle que vous devez - . attendre de lui si jamais la trahison pouvait parvenir à assurer son épouvantable puissance. Cet homme, qui est obligé de convenir qu'il n'exerce qu'une diotatura

imposée par quelques soldats ; il ose vous prescrire uno constitution, et cette constitution, qui le croirait ? n'est qu'un acte additionnel à des constitutions qu'il a détruites formellement lors de l'établissement de l'Empire , après les avoir violées pendant quatre ans: et cet acte additionnel, servile copie du contrat qu'il a déchiré à la face du monde, n'est d'ailleurs qu'un cadre effronté où il est parvenu à faire entrer deux ou trois institutions féodales qui livrent la France à son indigne pairie! Les pairs de Buonaparte, grands dieux ! et ils sont héréditaires ! et vous les connaissez d'avance! et vous avez des enfans !

Et vous, soldats, vous avez des amis, des parens, une patrie, une mère, peut-être, et vous ne les sacrifierez point à la fatale gloire d'un étranger, qui n'est grand que par vos sacrifices, et dont la pourpre impériale s'est lentement teinte de votre sang. Vous êtes Français, soldats, et la trahison vous indigne. Une noble rougeur couvre vos fronts au nom d'Elchingen et de La Bédoyére. J'ai vu de saintes larmes rouler dans vos yeux au souvenir du Roi. Vous justifierez l'armée française devant l'histoire qui l'attend.

Disons en peu de mots quelle est la situation actuelle de la France entière à l'égard de Buonaparte:

Les royalistes n'en voudront jamais ;
Les républicains n'en veulent plus ;
L'armée regrette d'en avoir voulu ;

Les buonapartistes n'osent plus avouer qu'ils en veulent.

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