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je vous opprime encore. Peuple souverain, présente tes mains à mes chaînes. Peuple à qui je rapporte le bonheur, mourez de misère dans les places publiques. Peuple à qui je donne la paix, venez vous faire égorger pour défendre un despote.... >>

A l'Armée , à la Garde nationale, à la

Jeunesse, aux Français,

(Ce placard a été affiché à Paris dans la nuit du 10 au 11 avril

1815 : la police l'arrachait le matin, et on le réaffichait la nuit suivante. )

SOLDATS,

Buonaparte vous a dit qu'il avait une trêve de vingt ans. Buonaparte a menti. '

Vous savez déjà qu'il vous a trompés; et quoi qu'en disent ses journalistes stipendiés, malgré leurs ridicules déclarations contre la possibilité d'une nouvelle coali. tion, malgré leurs lettres fabriquées dans le cabinet du tyran , et auxquelles personne ne croit, la guerre que vous aurez à soutenir, pour la cause de ce brigand proscrit par toutes les nations qui se disposent à lui courir sus, sera la preuve la plus complète de son mensonge.

Buonaparte vous a annoncé l'arrivée prochaine de son épouse bien-aimée et de son bien-aimé fils. Buona.' parte a menti.

En vous annonçant cette arrivée prochaine, dont le jour auquel il l'avait fixée s'enfuit déjà loin de nous, il a voulu nous faire croire qu'il n'était revenu en

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France que de l'aveu de ce généreux prince qui a eu le malheur d'être son beau-père. Non, soldats, cette vic. time infortunée, qui n'est plus son épouse, ne revien: dra pas ajouter au déshonneur de s'être alliée à l'homme le plus méprisable de tout l'univers, le déshonneur bien plus grand de partager avec ce bourreau du genre humain, ce fléau des peuples, le crime qui le conduit à l'échafaud.

Buonaparte vous a dit que le peuple français l'avait redemandé. Buonaparte a menti.

A l'exception d'une poignée de brigands comme lui, qui ont renversé le trône, et prêté serment de fidélite à la république; qui ont ensuite assassiné leurs propres enfans pour servir de marche-pied à l'usurpateur qui s'est assis sur le trône; qui lui ont prêté un nouveau serment en sa qualité de tyran impérial; et qui, depuis, toujours parjures viennent encore de trahir le meilleur des Rois; à l'exception de ces autres, réprouvés dont les noms font horreur, et qui se sont réunis aux premiers pour l'exécution d'un attentat qui réclame la plus prompte et la plus terrible vengeance, il n'y a pas un Français honnête homme qui ne renie Buonaparte ; il n'appartient qu'aux suppôts du crime de se faire honneur d'être ses amis.

Buonaparte a dit et fait répandre par ses émissaires que les droits féodaux devaient être rétablis. Ses partisans vont jusqu'à dire qu'ils l'étaient déjà dans quelques départemens. Buonaparte a menti, ses partisans mentent avec lui.

Aucun Français ne peut être dupe de leur mensonge; car sous le Gouvernement paternel dont leur noire perfidie vicat de nous priver pour quelques momens, jamais aucun discours sorti de la bouche de nos prin: ces, et aucun acte, soit de leur part, soit de la part des ministres , n'a pu faire croire ni même donner l'idée qu'on ait eu l'intention d'un pareil rétablissement. ..

Buonaparte a dit encore qu'on voulait rétablir la dime. Buonaparte a encore menti.

Qu'il dise plutôt, qu'il dise l'imposteur, qu'il n'a tenu à rien , il y a cinq ans, qu'il n'eût mis lui-même à exécution son décret sur le rétablissement de cet impôt. Ce décret, ouvrage de ses lâches et perfides conseillers, fut imprimé alors, mais la publication en fut suspendue par des causes qu'il serait trop long de rapporter ici; l'impôt foncier avait été augmenté en raison de la suppression du produit de la dime; mais s'il eut osé la faire revivre, croit-on qu'il eût diminué l'impôt foncier? Non, le dévorateur de la fortune publique et particulière, ne respecte rien, quand il s'agit d'accabler, sous le poids de l'or, ces hommes exécra- bles qui courent après la récompense des crimes qu'ils ont commis, par une servile complaisance pour leur digne chef.

Buonaparte vous a dit qu'il n'aurait point de guerre avec les étrangers. Buonaparte a menti.

Voudrait il nous faire croire que toutes les forces que les puissances justement indignées , font avancer en poste sur nos frontières, ne sont destinées qu'à s'opo poser à ses tentatives contre elles? Eh ! quelle crainte peuvent avoir les puissances d'un homme à qui il ne reste plus qu'un très-petit parti des troupes qui ont reconnu sa fourberie , d'un homme qui n'a d'autre argent que celui qu'on ne peut s'empêcher de lui donner? D'autre argent que celui dont ik vient de dépouiller las

banque? D'un homme qui n'a presque pas d'armes, aucun crédit?, D'un homme qui ne peut s'honorer maintenant que du titre d'Empereur de la canaille, et qui, avec tout cela, porte sur sa tête la malédiction la plus fortement prononcée, de la presque totalité des Français.

Qu'est-il besoin d'armée formidable pour s'opposer aux tentatives de Buonaparte ? De Buonaparte qui touche à sa fin ? De Buonaparte que la Providence ne nous a ramené ici, que pour mettre en évidence les grands coupables qui se sont rendus les complices des assassipats qu'il a commis ? qui l'aide de nouveau dans l'exécution des assassinats qu'il médite chaque jour, et qui se sont empressés de se ranger sous l'étendard sanglant du crime. Ne craignez rien de leur fureur insensée, princes dont la clémence a augmenté leur audace; leurs décrets régicides ne sauraient vous atteindre. Dieu protège votre existence si nécessaire à notre bonheur; cette race impie et sacrilège sera exterminée, et vous continuerez ensuite à régner paisiblement dans tous les cæurs des bons Français.

Buonaparte a dit qu'il n'y aurait point de guerre civile. Buonaparte a menti..

Quelle est donc cette guerre de citoyens à citoyens, qui a éclaté, dès sa rentrée en France dans plusieurs départemens du Midi? Quels sont ces combats dans lesquels il se prétend encore vainqueur, selon son usage? N'est-ce pas-là le fléau de la guerre civile ? Malheureusement elle a commencé, mais ce n'est que la guerre de l'armée de Buonaparte contre le peuple; elle n'aura pas de suite; elle sera bientôt terminée. Déjà les homines égarés rentrent en foule dans le seatieç de l'honneur. ; Bientôt tous les Français, citoyens et soldats, se ralliant aux lis, ne feront plus qu'un peuple de frère. Iis se réuniront pour précipiter dans le néant le perturbateur du repos de l'Europe, et pour punir avec lui ses complices. Le temps de la clémence est passé, et cette clémence n'appartient plus au chef de la nation; elle appartient à la nation elle-même, qui s'empressera de la convertir en châtiment capable d'épouvanter les plus audacieux criminels.

N'attendez pas, braves militaires encore couverts de gloire , que les forces des puissances réunies sous l'étendard du lis vous obligent de faire ce que l'honneur vous commande ; quittez ces drapeaux teints de sang, qui ne vous offrent que des malheurs et une mort honteuse. Courez vous ranger sous ces bannières de paix et sans tache, qui vous assurent la jouissance des biens que vous avez acquis, et des récompenses que vous aurez justement méritées, en devenant les défenseurs et l'appui du trône de nos souverains légitimes.

Français, soldats , et vous, jeunes gens, qu'il veut encore moissonner à la fleur de votre age, et sacrifier à son ambition, n'oubliez pas un seul instant que Buonaparte a été, et ne cessera jamais d'être le plus cruel des tyrans! N'oubliez pas qu'il a été vaincu, et qu'il a cessé de régner. N'oubliez pas surtout qu'il a été chassé ignominieusement, et qu'il n'est plus qu'un brigand, qui n'a aucun droit en France, aucun pouvoir sur les Français. Jeunes gens, résistez à l'oppression! Soyez sourds à son appel, soyez immobiles! au lieu de prendre les armes pour sa défense, armez-vous contre lui ! Et vous, gardes nationales, qu'il voudrait, mais qu'il n'ose désarmer, ne vous dessaisissez des vôtres que

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