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1797. cents royalistes, ils se flattaient d'enlever les triumvirs; on ajoute que l'un des roya- * listes émigrés qui avaient offert le secours de leurs bras, vint avertir Barras du danger qui menaçait le Directoire, et que Barras mit à profit l'avis du traître. Un fait certain, c'est que tout était préparé au Luxembourg pour le mouvement; que les proclamations étaient " imprimées, et que les troupes étaient en marche sur Paris. | ** s† A quatre heures du matin, le Directoire. 4 septembre. fait tirer le canon d'alarme sur le Pont-Neuf. , Huit ou dix mille hommes de troupes elltrent dans Paris en criant vive le Directoire ! vive Augereau ! s'emparent de tous les postes importans, et viennent cerner les deux Conseils. Le commandant des grenadiers du Corps-Législatif, Ramel, qui dans l'affaire de * la Villeurnois, avait joué un rôle fâcheux, .' montra dans cette occasion une honorable , · · * fidélité; il excita la troupe à résister. Mais les perfides grenadiers, presque tous vendus au Directoire, commencèrent par s'emparer : de la personne de leur chef, et ouvrirent un libre passage aux troupes qui venaient saisit le!général Pichegru. Pichegru se montra, et . parut encore aux yeux des soldats tel qu'il

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était au* moment de les conduire à la victoire. 1797. Ils reculèrent en disant : « Nous ne pouvons mettre la main sur ce grand général ». On fut obligé d'appeler un autre détachement, auquel ses officiers ne laissèrent pas le temps de la réflexion. Pichegru fut arrêté avec douze dé ses collègues : Rovère, Pérée, Tupinier,

'. Jarry, de la Métherie et Descourtils, du Conseil des Anciens; Pichegru , Villot, Delarue, Dauchy, Derumare , Fayolle et Bourdon

; de-1'Oise^ du Conseil des Cinq-Cents; on les conduisit au Temple.

La révolution était consommée. Paris ressemblait à une ville que l'ennemi vient de surprendre. De courageux députés firent effort pour entrer dans leur salle du conseil des Anciens et du conseil des Cinq-Cents; on fit sur eux une charge de cavalerie, et plusieurs furent arrêtés. M. Barthélemy l'avait été au Luxembourg, auprès de ses perfides collègues; Carnot avait eu le bonheur de . s'échapper par une porte secrète. Les députés complices de ces indignes mesures, et ceux qui sans les" connaître et sans les avouer n'étaient point regardés]comme les ennemis du Directo'ïr.e, avaient été invités à se réunir, par des lettres spéciales, les uns au* théâtre de

1797 l'Odéon, les autres à l'École de Chirurgie y pour confirmer par un vote servile la proscription de leurs collègues. Les rues de Paris étaient tapissées de proclamations du Directoire, qui portaient en gros caractères : La trahison du général Pichegru et de plusieurs membres des deux Conseils. Le Directoire avait l'impudence d'annoncer que c'étaient les royalistes qui avaient engagé l'action, et que les avant postes du Luxembourg avaient été attaqués pendant la nuit. * Mensonge inouï, même dans les fastes de l'im- . pudence révolutionnaire. Pour preuve de . la trahison de Pichegru, le Directoire donnait des extraits obscurs et contournés de la correspondance de l'émigré d'Entragues. Pour preuve de la conspiration royaliste des deux Conseils, le Directoire livrait au public la déclaration de Duverne-du-Presle. Ainsi,, c'était sur le témoignage d'un homme qui • • s'avouait traître, d'un homme condamné par jugement, que le Directoire accusait plus des trois cents membres des deux Conseils, quand . le dénonciateur lui-même n'en nommait que deux, l'Emerer et de Mersan. Le génie de Fouquier-Thinville semblait renaître dans uné accusation de ce genre. Elle était appuyée | lo

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par des canons, mècheallumée; qui couvraient 1797. toutes les places. Les soldats amenaient des prisonniers, tels que Barbé-Marbois, Tronçon - Ducoudray, Lafond-Ladebat, dont le maintien ferme et serein paraissait leur inspirer un respect involontaire. Des généraux et des officiers, pour la plupart inconnus dans l'armée, mais signalés dans les journées révolutionnaires, couraient partout le sabre levé, et faisant montre de leur vaillance devant un peuple désarmé. Ils se livraient à leur plaisir favori de briser des presses de journaux, et se croyaient lavés par un tel exploit du ridicule ou de l'horreur que les; presses avaient attaché à leurs noms.

Cependant les salles de l'Amphithéâtre de chirurgie et du théâtre de l'Odéon recevaient un assez petit nombre des députés qui avaient formé la minorité des deux Conseils. Les uns erraient, sombres et encore indécis, à travers les squelettes humains, et les autres à travers les machines théâtrales. Ils étaient confus et presque épouvantésde leur petit nombre. Plusieurs députés neutres ne s'étaientpas crus assez; sûrs de n:être pas proscrits, pour venir jouer le rôle de prescripteurs. D'anciens membres

1797.

du club des Jacobins, et même des officiers militaires, vinrent remplir le vide et s'asseoir sur les banquettes pour prendre part à la délibération.Mais, dans cette première journée, le Directoire ne putrien obtenir des deux Conseils mutilés, sinon une permission de faire entrer les troupes dans Paris, lorsqu'elles en avaient déjà pris possession depuis douze ou quinze heures. Le soir, les hommes de la terreur se réunirent dans les faubourgs, et vinrent offrir leur secours au Directoire. On jugea à propos d'éconduire des auxiliaires qui avaient à venger Babœuf et Roberspierre lui-même. Ils murmurèrent, et une journée de proscription les laissait mécontens. Les soldats, qu'on enivrait, osaient à peine célébrer une victoire qui ressemblait si peu à celles dont ils tiraient un légitime orgueil. Le Directoire avait passé la nuit à se concerter avec plusieurs membres de la minorité des deux Conseils.Le lendemain 19, il leur adressa le message suivant :

Le Directoire au Conseil des Cinq-Cents.

« Le 18 fructidor a dû sauver la République et vous : le peuple s'y attend.Avezvous vu hier sa tranquillité et sa joie. C'est

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