Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

1797. taient de quelque vieille fréquentation du club des Jacobins*. Cette fâcheuse découverte de

* Quelque horribles qu'en soient les sentimens et le style , je crois devoir mettre sous les yeux des lecteurs deux de ces adresses au Directoire.

*

Lia vingt-neuvieme demi-brigade d'infanterie gere , au Directoire exécutif.

« Citoyens Directeurs ,

« De tous les animaux produits par le caprice de la nature , le plus vil est un roi, le plus lâche est un courtisan , et le pire est un prêtre.

« Quel sentiment a dû animer la age demi-brigade légère , lorsque son oreille a été frappée des cris de sa patrie?—Celui d'une vengeance terrible !— Quoi î des scélérats marchandent, négocient, mettent à prix notre liberté !— il faut un roi! disent-ils. Eh bien î va , cours ; tu en trouveras en Allemagne et ailleurs. Tu désires un maître : nous n'en voulons d'autre que la loi. Si les coquins qui troublent notre chère France ne sont pas bientôt écrasés par les moyens que vous possédez, appelez l'armée d'Italie, appelez la 29* légère , elle aura bientôt, à coups de baïonnettes chassé, balayé Chouans, Anglais , etc. : tout fuira: notre victoire est certaine. Oui , citoyens Directeurs , oui, nous jurons de poursuivre ces faux frères, ces assassins, jusque dans la garde-robe de leur digne patron George III; et nous finissons par vous assurer

vai| Itfi faire comprendre l'étendue de la faute 1797,

qu'il venait de commettre contre l'intérêt de - . » •

'que le club de Clichy subira le même sort que celui

< du Rincy. «

m Suivent les signatures.

La division de Tarions répartie en Piémont, et commandée par le général Sauret , au Directoire exécutif. ,

« CmnrENS'Directeurs,

« Ils sout donc rentrés en France, ces prêtres et ces emigres, l'opprobre de la nature et l'exécration du genre humain ! traîtres,à leur patrie, fumant du sang de leurs compatriotes , ils sont rentrés , non pour expier leurs crimes, leur conscience leur dit qu'ils sont impardonnables, mais pour déchirer de nouveau, comme des frénétiques et des enragés, cette patrie qu'ils savent n'être plus la leur. Race maudite, tes projets abominables périront avec ceux qui les ont enfantés!

« Tu juras l'anéantissement de la République ; et nous , nous jurons qu'elle existera toujours. Tremblez, scélérats ! vous êtes réunis; votre dernier jour est arrivé. Commandez, citoyens Directeurs; l'armée d'Italie , pour couronner ses glorieux travaux, est prête à repasser les Alpes, la foudre à la main; ils seront tous anéantis ; la France sera purgée de ses plus cruels ennemis, et par ce moyen elle jouira de la paix, du bonheur et de la tranquillité. »

Suivent les signatures.

[ocr errors]
[ocr errors]

son ambition, le seul qui le touchât vivement. Qu'on n'accuse point ici l'historieu d'insister trop sur un projet de dictature, et de juger prématurément des projets de Bonaparte d'après ceux qu'il effectua , deux ans après. C'est lui-même qui, dans les Mémoires de Sainte-Hélène, exprime, en termes positifs, les projets qui travaillaient son esprit. Voici ses propres expressions : « Napoléon se « décida à soutenir le Directoire, et à cet « effet il envoya le général Augereau à Pa« ris; mais si, contre son attente, les conjurés

· « l'eussent emporté, tout était disposé pour

« qu'il fit son entrée dans Lyon à la tête de " -
« quinze mille hommes, cinq jours après qu'il
« aurait appris leur victoire; et de là, marchant
« sur Paris, et ralliant tous les républicains,
« tous les intérêts de la révolution, il eût,
« comme César, passé le Rubicon à la tête du
« parti populaire. » -

Préparatifs Dès que la proclamation de Bonaparte à du Directoire - p § ses soldats fut communiquée aux deux Con

[ocr errors]

seils, les royalistes et les modérés doutèrent peu du sort funeste qui les attendait; ni les uns ni les autres ne firent un seul pas pour s'y soustraire par une honteuse capitulation. La dissolution des deux Conseils fut précédée

d'une agonie de six semaines, pendant la- 1797. quelle on délibéra sur bien des remèdes, qu'on reconnaissait, au moins tout bas, soit insuffisant, soit chimériques. Le message du Directoire fut attaqué avec autant de vigueur que si l'on ayait eu le pouvoir d'en châtier l'inselence. Tronçon-Ducoudray, au Conseil des Anciens, montra, dans un tableau d'une éloquente et sombre énergie, toutes les conséquences qu'aura'it pour les Directeurs Conjurés, pour leurs amis et pour la République, le stupide et .lâche calcul de vengeance par lequel ils soumettaient les délibérations de la puissance législative aux délibérations aveugles des armées. Dans ses pressentimens prophétiques , il voyait venir une nouvelle anarchie dont un despotisme militaire ferait la clôture. Ce discours, écouté tantôt dans un profond silence, tantôt avec un assentiment courageux, rappelait aux esprits les temps de notre histoire où de graves personnages, faussement accusés et prêts à mourir, ajournaient au tribunal de Dieu les juges ,^les pontifes ou les rois qui venaient de porter sur eux un arrêt de mort. Dans la réunion de Clichy, Jordan, Vaublanc, Pastoret, l'Emerer ne voyaient plus qu'un moyen

9 .*

86 . HISTOIRE • •

1797- de salut, c'était de rendre le décret d'accusation contre les Directeurs conjurés. Ils se flattaient que ce coup hardi confondrait leur audace, déconcerterait des mesures qui n'étaient point encore tout-à-fait arrêtées, mettrait subitement sous les armes le peuple fidèle de Paris, et pourrait même prévenir l'invasion si redoutée des armée* de Sambreet-Meuse et d'Italie; les généraux craindraient une destitution, etles soldats frémiraient de s'engager dans une guerre civile. Quoique* Pichegru appuyât cet avis de toute l'autorité de sou nom et de son caractère, on n'osa se

. décider à, ce périlleux remède. Laissons au

Directoire, disait-on, tout f odieux de la violence: c'était lui en laisser recueillir tous les fruits. On se contenta de s'occuper d'un projet de réorganisation de la garde nationale, dont Pichegru eût été le chef. On refusait, avec une juste défiance, tout secours d'argent aux Directeurs; mais ceux-ci ouvraient auprès de quelques banquiers des emprunts secrets, et se soumettaient avec reconnaissance à des conditions usuraires. Grâces à un tel secours, Paris se remplissait de Jacobins militaires que le Directoire lui-même avait auparavant éloignés comme des complices

« ZurückWeiter »