Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

ses principes; on avait seulement à craindre 1 797leur complaisance.

Ce bouleversement du ministère fut recu

t

avec beaucoup d'ombrages dans les deux Conseils. On jugeait les desseins du triumvirat: les deux Directeurs qu'on venait de tromper avaient confié leurs alarmes à leurs amis; mais on ne pouvait arrêter le Directoire dans l'usage de sa prérogative. Bientôt deux des nouveaux ministres furent remplacés à leur tour; Lenoir-Laroche par Sotin, personnage remuant et très peu scrupuleux; Hoche ne put accepter le ministère, parce qu'il n'avait pas l'âge exigé pour le remplir. Le général Schérer, familier très dévoué de Rewbell, lui fut substitué.

A compter de ce jour, Carnot ne douta plus que sa perte ne fût jurée par ses trois collègues *.

*. Carnot., dans ses mémoires, trace ici le portrait de deux de ses collègues, Barras et Réveillère. Ces deux morceaux sont écrits d'un style très vicieux; mais Os offrent quelques renseignemens qu'il m'a paru important de faire connaître:

« La haine que me portaient plusieurs membres du « Directoire, et Barras surtout, prenait sa source « dans des événemens bien antérieurs à sa formation.

« Barras était d'une faction que j'ai toujours eue « en horreur; de cette faction qui voulut d'abord lui-ci dans leurs propres mains. Et quels étaient « encore ces prétendus vengeurs de l'humanité ? C'é« taient, parmi les principaux, ces mêmes hommes « qui avaient inondé de sang les villes de Paris, de « Bordeaux et de Marseille.

1797. Hoche et Bonaparte venaient de se lier par

o#o une correspondance très active; l'un et l'autre de Hoche et -

de Bonaparte. « porter d'Orléans sur le trône ; qui, n'ayant pu réussir, imagina de travailler pour son propre compte, et qui finit par se diviser elle-même en deux autres, l'une Dantonienne, dominant aux Cordeliers, l'autre Roberspierrienne, dominant aux Jacobins et à la commune de Paris; de cette faction enfin qui, d'abord si contraire au système républicain, en porta ensuite les principes jusqu'à l'exaltation, lorsqu'elle vit qu'elle pouvait en profiter pour se mettre elle-même à la tête de la république. « J'étais également ennemi des Cordeliers et des Jacobins, et je n'ai jamais voulu entrer ni dans l'un ni dans l'autre de leurs repaires. J'avais la même

[ocr errors]
[ocr errors]

aversion pour Danton et pour Roberspierre ; mais,

comme membre du comité de Salut public, on me

supposait du parti de ce dernier, sans savoir peutêtre que je ne cessais dans ce comité de m'élever contre sa cruauté et sa tyrannie. Barras était de la faction Dantonienne , ainsi que la plupart de ceux qui sont qualifiés deThermidoriens par excellence; mais qui, le 9 thermidor, indépendamment du danger qui les menaçait, et auquel il leurétait urgent de faire face, 'songeaient beaucoup moins à abattre un tyran qu'à

[ocr errors][ocr errors]

en venger un autre, et à rétablir la tyrannie de cemontraient de communs ressentimens contre 1797. la majorité des deux Conseils. Hoche avait

« Mon grand crime , à leurs yeux, fut d'avoir signé « l'arrestation de Danton. Cependant une chose que « bien peu de personnes savent, c'est que j'avais été « au comité de Salut public contre l'arrestation de -> Danton, non que je ne regardasse ce chef de septem« briseurs comme un homme exécrable , mais je di« sais aux membres du comité : Sans doute vous êtes « assez puissans pour envoyer à la mort celui qu'il « vous plaira de désigner; mais si vous frayez une « fois le chemin de l'échafaud aux représentans du « peuple , nous passerons tous successivement par le .f même chemin. Les signatures, ainsi que je l'ai ex« pliqué à la Convention , ne constataient point l'opi» nion de ceux qui les donnaient, mais seulement que « tel avait été pris par le comité; de même que les « signatures des présidens et secrétaires du Corps-Lé« gislatif et du Directoire certifient que telle loi ou « tel arrêté a été rendu , mais non pas que ce fût de « leur avis. Ce n'étaient point des signatures de con- . « fiance, comme on l'a dit, mais des signatures de « forme, prescrites par la loi.

« Tout le monde savait cela , et ceux qui me pour« suivaient avaient mille fois donné de semblables si« gnatures; mais on avait repris tous mes actes, soit « personnels, soit ceux que j'avais faits comme repré« sentant dans les nombreuses missions que j'avais « remplies pendant huit mois presque sans interrup^ « tion; et comme on n'avait pas pu trouver de quoi

1797.

à se plaindre de violens reproches qui lui avaient été faits à la tribune sur l'administra

«-fonder la plus légère accusation, il fallut bien en venir à m'attribuer les crimes des autres ; et au lieu de regarder comme un acte de dévoûment ce que « j'avais fait en défendant les membres accusés du comité, pour arrêter le carnage des représentans du peuple, on m'en fit un nouveau délit. Je dus mon salut au courage de quelques hommes vertueux et hors de toute suspicion, qui, osant enfin prendre hautement ma défense, forcèrent ces brigands à lâcher prise; mais ils ne firent qu'ajourner leur vengeance à un temps plus favorable.

« J'avais eu le bonheur, au comité , de contribuer à tirer la République du péril, en repoussant ses ennemis. Ma récompense fut une affreuse persécution. Au Directoire, j'ai contribué à la retirer des nouveaux dangers où ces mêmes scélérats, opérant alors comme réacteurs, l'avaient replongée. Ma proscription de fructidor a été mon salaire. Au reste, je savais que les républiques étaient ingrates ; mais je ne savais pas que ceux qui se disent républicains, le fussent individuellement autant que je « l'ai éprouvé.

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

A « Si quelqu'un a mérité d'être déporté pour avoir « donné lieu à une réaction , certes ce sont bien ces infâmes qui, à force de poursuivre les plus purs ré« publicains, et de confondre l'innocent avec le coupable, eux qui étaient couverts de crimes, amenèrent enfin la crise du 13 vendémiaire. Mais il tion financière de son armée. Si cette administration manquait en effet de régularité, en

« leur est donné de toujours faire retomber sur leurs • adversaires la punition de leurs propres délits. C'est ainsi qu'après avoir séduit et égaré les Parisiens par leurs manœuvres contre-révolutionnaires, ils finirent par les tuer à coups de canon, pour les punir de leur crédulité, lorsqu'ils virent qu'eux-mémes allaient devenir victimes de leur infernale politique. J'étais alors un être entièrement nul dans la République; je me réunis, le 13 vendémiaire, au Corps-Législatif, pour périr avec lui, s'il le fallait; mais je ne fus absolument pour

rien dans tous ces événemens.

« J'ai entendu Barras gémir plus d'une fois de ce que l'on n'avait pas assez tué en vendémiaire; et

Rewbell, parfaitement de son avis, proposant, un jour que nous étions dans une grande pénurie , de lever sur Paris une contribution forcée de soixante

donc, m'écriai-je, mettre à l'ordre du jour la terreur et la mort ! Je voudrais qu'elles y fussent déjà, répondit Rewbell ; je n'ai jamais eu qu'un reproche à faire à Roberspierre, c'est d'avoir été trop doux ; et Barras répéta son mot favori, ce mot que Ger

main lui a ensuite reproché en d'autres termes : « Nous n'en serions pas là, si l'on avait mieux châtié « les Parisiens en vendémiaire. .

((

« Le petit Réveillère avait tellement peur du Pape, « qu'il le voyait sans cesse à sa poursuite, étendant

millions, dans les vingt-quatre heures. Vous voulez

« ZurückWeiter »