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de l'échafaud , quand tout prouve une disposition générale des esprits qui appelle ou

qu'il ne s'etait annoncé, a relâché de ses prétentions, sans pourtant y renoncer entièrement.

« De notre côté, pensant relever le trône par le moyen des deux Conseils , nous avons jugé qu'ils resteraient les maîtres d'imposer au Roi leurs conditions, et nous n'avons pas insisté sur l'envoi. II est parti, il y a environ deux mois , quelqu'un qui, à ce que je crois , a porté au Roi la liste des membres qui désirent la monarchie, et dont le nombre s'élève à een t quatrevingt-quatre : je n'affirme rien sur ce fait. La veille ou l'avant-veille de notre arrestation, une personne était encore venue nous proposer de donner au Roi une soixantaine de députés. Elle s'engageait à obtenir une déclaration formelle du fils du duc d'Orléans, portant. qu'il ne prétend nullement au trône : on proposait même d'envoyer le jeune prince auprès du Roi. Nous écoutions tout fans prendre d'engagement formel.

« L'importance dont il pouvait être pour nous de gagner les corps attachés aux différens services à Paris, ne nous avait pas permis de négliger cette mesure. Nous avions quelques succès, et nous nous flattions de plus grands, puisque c'est à l'occasion des démarches où cet espoir nous a entraînés que nous avons été arrêtés. Plusieurs de nos agens s'occupaient des administrations particulières; un d'eux m'a dit être sûr que dix présidens d'administrations municipales étaient gagnés, mais il ne fautpas ajouter foi à ce dire i. 38

1796- qui favorise le rétablissement de la royauté, quand il voit approcher le moment où ses

les royalistes se sont toujours fait illusion sur le nombre de leurs partisans.

n Nous avons payé plus d'une brochure, nous avons inséré plus d'un article dans plus d'un journal, mais il est des faits que je ne veux dire que verbalement,

« L'agence de M. de Précy était dans un état bien différent de la nôtre i ses préparatifs n'ont été que militaires jusqu'à présent. Ce n'est que dernièrement qu'il vient d'adopter nos mesures politiques : il est dans ce moment à Berne , où il reçoit les comptes que lui rendent les agens particuliers: il y en a dans tout le Midi. On avait beaucoup de peine , dès l'année dernière , à arrêter l'ardeur d'une partie d'entre eux, qui voulaient à toute force se soulever. C'est à Lyon qu'il a le plus de partisans: son grand objet est de s'assurer de quelques-villes fortes, pour ménager en EVance l'entrée de l'armée de Condé. Il a des intelligences à Besançon.

« Vous voilà instruits du secret de la conjuration; i_ je suis convaincu qu'il suffirait pour la déjouer de publier ma lettre et les réglemeus des deux associations. A cette lecture, vous verriez tous les royalistes rentrer en terre , et pour ce moment vous serriez tranquilles sur leurs entreprises; mais il ne suffit pas qu'ils y renoncent pour le moment, il faut leur en ôter pour toujours la pensée. • % « II va arriver deux choses: la première , que les

fers seront brisés, où son Roi pourra le récompenser même des imprudences de son zèle.

royalistes qui pensent que le gouvernement né tient que les chefs de la conspiration , et rien du toutdela conspiration même, voudront continuer le même plan ; en conséquence ils proposeront au Roi et aux Anglais d'envoyer de nouveaux agens pour nous remplacer, en marchant sur nos traces, mais avec plus de précautions : la seconde, que d'autres royalistes qui veulent renverser le gouvernement par des excès, forts de notre mauvais succès, proposeront à Londres et à Blankembourg de gagner les Jacobins ; ces hommes énergiques rameneront la terreur, et à la suite de la terreur viendra la royauté.

« II existe encore un parti royaliste qui compte sur l'appui de l'Espagne ; h sa tête sont MM. de Lavauguyon et d'Antraigues.

« La personne qui nous est connue sous le nom de Thébaut, est M. Despomelles, maréchal de camp avant la révolution. Il peut s'être chargé de nous remplacer, mais provisoirement, car il est trop prudent pour prendre*ur son compte une si périlleuse besogne. « Je n'ai jamais entendu parler de la veuve Joye avant mon interrogatoire; c'est sûrement un nom de guerre. La personne qui le prend n'a pas eu de correspondance avec nous, mais vraisemblablement avecDutheiJ , mon correspondant à Londres : Duval est le nom que j'avais pris en Angleterre, ayant continué (l'en prendre un nouveau da'ns chaque voyage qne j'y faisais

r

1-06 ^1I ^aut en général des degrés pour arriver

au crime, il faut tout une vie souillée de

i» « Nous ne connaissons pas les membres du Corps

législatif qui sont de notre parti. L'Ëmerer et Mersan étaient nos seuls intermédiaires, mais les autres sont la plus grande partie de ceux qui forment la réunion de Clichy. L'individu qui nous a procuré le rapport de Carnot sur le projet de descente en Angleterre, doit . être employé au dépôt des places et cartes, appelé peutêtre bureau des hydrographes ou typographes. Je crois que cette pièce a dû être enlevée pendant une absence que fit le chef du bureau, dans le cours du mois de frimaire.

« L'Angleterre payait ici un nommé Hardambert; il avait des rapports directs avec Saladin. Elle paie également un nommé Vincent, que le ministre de la police doit connaître.

« Une correspondance qui ne nous est pas tout-àfait étrangère, est celle de M. d'Aatraigues avec M. Sourdat père. Sourdat écrit soit à un abbé nommé André, qui se fait nommer Lamarre; soit à M. de Valdené : ces deux messieurs sont à Lausanne ou à Vevay. Ceux-ci transmettent les lettres à un abbé Lareynie-, àBellinzone, sous le couvert, je crois, du directeur des postes de cet endroit. Ce dernier envoie à Venise, où se tient d'Antraigues. De Venise, les 'détails vont à M. de Lavauguyon. Sourdat écrit aussi directement à Bellinzone, tantôt à l'abbé de Lo A-aine , sous le nom de Grégoire Letony, tantôt à Marco Philiberti, ou même à d'autres. II y a encore une corres

turpitudes pour arriver à ce genre de crimes 1797où la plus profonde bassesse de l'âme est empreinte. Au mois de mars j 707, on procéda à l'élec- Nouvelles

/f7/' r éleetions; ma

tion annuelle pour remplacer I un des deux jorite royaiistiers conventionnels que la loi du 25 fructidor condamnait à sortir. Le Directoire et la vieille Convention furent vaincus presque sur tous les points. Les assemblées primaires avaient été suiviesavec uneaffluence inusitée; les royalistes s'étaient enfin débarrassés du funeste scrupule qui avait porté un grand nombre d'entre eux, depuis le commencement de la révolution, à s'abstenir de tout acte politique. Leurs candidats obtinrent une majorité imposante : on s'était peu «on- * traint, soit dans les assemblées primaires, soit au collége électoral. On disait aux députés : « Dirigez-vous vers le rétablissement « de la royauté, vers le rappel des Bour« bons ; mais veillez à nous éviter la secousse « d'une révolution nouv elle ». On leur disait, Dissimulez; mais personne ne dissimulait devant eux ses sentimens : c'était comme une

pondance directe adressée à Marco Philibert!, banquier de Bavière ; la correspondance de l'intérieur est sans intérêt quelconque. »

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