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1799. dres, soil parce qu'il lui importait, an commencement d'une guerre nouvelle, de donner la plus grande énergie au sentiment national. Dans ces relations on relevait plusieurs invraisemblances du récit fait par Jean Debry, le seul des ministres français qui eût survécu à l'assassinat, quoiqu'il eût été frappé des premiers coups; c'était lui qu'on accusait d'avoir, par les ordres du Directoire , tramé tout ce complot, et d'avoir fait déguiser des soldais français en hussards de Szecklers. Le procès-verbal des ministres plénipotentiaires , dont j'ai déjà parlé, me paraît une réfutation évidente d'une accusation si invraisemblable. Où était la possibilité de l'exécution? il fallait donc que le Directoire eût pour complices des officiers autrichiens; qu'il dictât l'ordre du colonel Barbatzi et le refus de donner une escorte aux ministres français. Il eût été impossible de trouver vingt ou trente soldats français qui eussent consenti à se rendre les instrumens d'un tel crime. Etait-il d'ailleurs si facile de leur faire passer le Rhin, et de les faire avancer sur une route occupée par les forces autrichiennes, et sévèrement gardée. Le procès-verbal dit formellement que les hussards

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de Szecklers s'étaient portés sur cette route; 1799n'auraient-ils pas, dans la nuit, demandé le mot d'ordre à des soldats français qui auraient osé se revêtir de leur uniforme? Tout aurait décelé les auteurs du crime après son exécution. Les Autrichiens, maîtres du pays, auraient trouvé partout des indices, des témoins du passage, de la marche et du retour de ces assassins étrangers; les recherches n'auraient pu être trop actives, et l'on ne conçoit pas qu'elles eussent pu rester sans résultat. L'enquête fut nulle ou insignifiante, personne ne fut puni. Le Directoire s'empara d'un événement si atroce et si inexplicable, et c« fut peut-être par l'excès même des mesurés qu'il prit pour enflammer la haine nationale , qu'il prolongea les soupçons dont je viens de démontrer l'injustice. 'Voici quelle fut l'une de ces mesures : Bonnier et Roberjot étaient l'un et l'autre membres du Conseil des Cinq-Cents; on voulut qu-e leur nom fût répété à chacun des appels nominaux, et que l'Assemblée tout entière proférât chaque fois des imprécations contre l'Angleterre accusée d'un tel crime. *

* Bonaparte , dans ses Mémoires de Sainte-Hélène, semble négliger à dessein de combattre l'accusation

1799. Cétait vers l'Italie que se dirigeait l'armée *£"Una" russe sous les ordres de Souwarow. Réunie à

qui fut faite contre le Directoire de France au sujet de l'assassinat des plénipotentiaires français. Dans la persuasion où je suis qu'une telle accusation est mal fondée , j'ai peine à m'expliquer le paragraphe suivant de ces Mémoires.

» Que contenait et que pouvait contenir de plus « important le portefeuille des plénipotentiaires du « Directoire? On essaya à Paris de jeter l'odieux de cet « assassinat sur le cabinet de Saint-James ; mais l'opi« nion publique l'en justifia ; la moindre réflexion lui « prouvait qu'il était inutile aux intérêts de l'Angleii terre. Quelques hommes qui voulaient aller au fond « de cette affaire, prétendaient que Bonnier"et Rober» jot, indignés de la duplicité et de l'exigence du « Directoire dans les nouvelles instructions qu'ils » avaient reçues, se proposaient à leur retour de le « dénoncer au* Conseils. Jean Debry, disaient-ils, à « qui ces intentions étaient bien connues, était loin « de les partager, et rendait compte au Directoire des « dispositions de ses collegues. Ceux-ci avaient été » laissés morts sur le terrain , tués par des hommes qui i » parlaient français; et lui il en avait été quitte pour

« quelques meurtrissures, quoiqu'il eût été attaqué « le premier. A Rastadt cette opinion sembla préva« loir -} car on eut l'air de reprocher à Jean Debry de « n'avoir été que légèrement blessé, et d'avoir passé « la nuit sur un arbre. Mais alors l'opinion était en « guerre avec le Directoire. » I

farmée autrichienne, elle allait offrir des 1799forces trois fois supérieures à celles qui avaient suffi à Bonaparte pour conquérir cette vaste et belle contrée. Le Directoire n'avait point senti la nécessité d'opposer aux Russes et aux Autrichiens une armée qui pût résistera leurs efforts. Le Piémont et la Toscane, récemment

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envahis, l'Etat de l'Eglise, le royaume de Naples, enfin les îles venitiennes, occupaient les deux tiers des troupes que le Directoire, plus occupé d'étendre que d'assurer sa domination , avait disséminées dans toute l'Italie. Malgré l'imminence du danger, il ne songea pas à en tirer des renforts pour l'armée qui campait sur les bords de l'Adige. Le général Schérer, lorsqu'il vint en prendre le commandement, vit éclater dans tous les rangs mille signes de défiance et de haine. C'était sous son administration, comme ministre de la guerre, que les armées avaient éprouvé le double supplice de leurs propres privations et du faste des concussionnaires qu'on envoyait à leur suite. Parmi plusieurs généraux distingués quiétaientsousses ordres, on voyait Moreau, que le Directoire avait assez froidement protégé contre les clameurs de ses ennemis. Pour mettre à l'épreuve sa docilité, on lui avait d'abord donné un emploi au-dessous de sa renommée militaire. Al'approche de laguerre, on crut devoir recourir à ses talens. Le Directoire avait donné l'ordre à Schérer d'attaquer l'armée autrichienne avantl'arrivée des Russes.Celle-ci attendait un renfort moins important, mais plus prochain ; c'était le corps du général Bellegarde, qui descendait du Tyrol. Schérer voulut le prévenir : le 6 avril, il engagea une action pour passer l'Adige, et porta la guerre sur le territoire venitien. La bataille se donna à CastelNovo. , Le général Serrurier obtint des avantages assez brillans, et poursuivit les ennemis jusqu'à Rivoli. Le général Moreau, qui avait sous ses ordres les trois divisions Victor, Hatry et Montrichard, s'avança jusqu'à Vérone, et fit un grand nombre de prisonniers. Mais les Autrichiens firent sortir de Legnago des troupes qui gênèrent la communication entre les divisions françaises, et pendant la nuit celles-ci se replièrent sur

· leurs premières positions, en conservant pour

gages apparens de leur victoire deux ponts sur l'Adige, douze pièces de canon, deux

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