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1796. cevoir comment un hommequi se serait dévoué pendant plusieurs années à la cause des roya

cas où un parti puissant dans les Conseils proposerait de reconnaître le Roi à des conditions, les agens de Paris engageraient ce parti à députer auprès de sa majesté un fondé de pouvoirs, avec lequel elle discuterait elle-même les intérêts de la France.

« Le but qu'on se propose est le renversement du gouvernement actuel. C'est dans la constitution actuelle elle-même qu'on peut trouver les moyens de la détruire sans de grandes secousses; les fréquentes élections offrent des facilités de porter en majorité les royalistes aux places du gouvernement et de l'administration.

« Jusqu'à ce moment, les royalistes n'ont su tirer aucun parti de leur nombre ; la pusillanimité les a éloignés des assemblées primaires , ou s'ils y ont porté des votes , ils l'ont fait sans concert préalable , et leurs voix se sont perdues sur les sujets que chacun préférait en particulier. Pour obtenir la majorité des suffrages dans les assemblées primaires, il faut trois choses: 1°. Forcer les royalistes d'y aller ; 2°. les forcer de réunir leurs suffrages sur des individus désignés; 3°. faire voter dans le même sens qu'eux cette classe d'hommes qui, sans attachement à un gouvernement 'plutôt qu'à un autre, aiment l'ordre, qui garantitleurs personnes et leurs' propriéjjps. Afin de parvenir à ce triple but, il sera formé d'eux affiliations, l'une composée de royalistes éprouvés, l'autre des royalistes timides, des égoïstes , des indifférons. Il est inutile que

listes, aurait pu se porter à faire la denoncia- 1706. tion la plus vaste, la plus collective et la plus

j'entre à cet égard dans aucun détail, puisque vous avez les réglemens de ces instituts.

«Ils choisiront les royalistes les plus courageux, pour en former des compagnies, dont le nombre sera proportionné aux moyens pécuniaires que les agens pourront destiner à ce service; ils leur fourniront des armes et des munitions.

« Ces compagnies seront prêtes à se rassembler , snrtout dans le temps des assemblées primaires. Elles auront, à cette époque, pour objet, de repousser tout autre parti armé ou non armé qui s'opposerait à !a liberté des élections, bien entendu qu'elles ne prendront jamais les armes les premières , et qu'elles ne se mettront qii'avec les couleurs républicaines. Elles s'occuperout encore à forcer , par menaces ou autrement , les égoïstes et les indifîerens à se rendre aux assemblées primaires.

« Les agens encourageront et faciliteront la désertion , sous prétexte des travaux de l'agricul ture. On préparera les paysans à un nouveau soulèvement; mais nulle part on n'en excitera qu'après les ordres des agens supérieurs.

« S'il arrivait que le succès des préparatifs militaires fût tel qu'on pût raisonnablement se flatter de renverser le gouvernement, on renoncerait aux moyens des assemblées primaires, et on profiterait du moment favorable pour arriver directement au rétablissement pur et simple de la monarchie. Enfin , dès que les

179 mensongère que les fastes révolutionnaires eussent encore présentée, et à livrer à des

agens de Paris croiront assuré que le Roi ne peut tarder d'être proclamé, soit par suite des mesures que prendront les deux Conseils où ses partisans seraient en majorité, ou par des moyens militaires, ils chargeront sur-le-champ un royaliste sûr de lui en donner avis , et de ramener immédiatement un prince du sang dont la présence fasse taire toutes les ambitions particulières.

« Pour développer ce plan, il fallait des fonds: l'Angleterre seule pouvait les fournir. Précy aobtenu , pour l'agence dont il est chargé , la permission de tirer sur M. Wickam, ministre d'Angleterre en Suisse, les fonds qui lui seraient nécessaires , sauf l'approbation de M. Wickam. J'ai obtenu 60,000 livres sterling pour les dépenses préparatoires ; 3o,ooo livres sterling qui devaient m'être payées dans le mois de la proclamation du Roi, à condition pourtant que nous n'agirions pas avant les élections; i5,ooo livres sterling pour achat d'habits blancs nécessaires à l'habillement de quelques corps.

« Enfin, on devait faire passer par nos mains des fonds dont la quantité n'était pas déterminée, pour les transmettre à MM. de Puisaye et de Frotté , dont la position exige des dépenses plus considérables que celles de nos autres arrondissemens.

« M. de Puisaye, qui se croit en mesure de faire seul la contre-révolution , veut depuis long-temps se déclarer; nous l'en avons empêché jusqu'à ce mo

peines affreuses tous ceux dans l'intimité des- 1796. quels il avait vécu. Cette dénonciation, il la

ment. Il étend ses intelligences depuis Brest jusqu'à Laval : je crois qu'il compte sur plusieurs corps employés dans cette partie.

« M. de Frotté était encore à Londres lors de mon départ, mais il comptait se rendre immédiatement en Normandie , où il a laissé les officiers qui servaient jadis sous ses ordres. M. de Eochecot est chargé de préparer le Maine, le Perche et le pays Chartrain. M. de Bourmont ne fait que commencer ses fonctions, depuis Lorient jusqu'à Caen. M. Maltet, ancien aidemajor de Château-Vieux, est chargé de la haute Normandie et de l'Ile de France jusqu'à Paris; car nos arrondissemens, jusqu'àcinquantelieues, forment nn triangle dont un angle s'appuie sur Paris.

« Dans l'Orléanais est un employé de M. Duglatz: je ne connais pas la mesure dans laquelle il se trouve. La Picardie, le Sénonais et la Brie sont encore sans ehefs; nous attendions un nommé M., Buttes, qui nous, est annoncé comme ayant de puissantes intelligences dans la première de ces provinces.

« Nous nous occupions à renouer les intelligences dans la Vendée. A Paris, il y a deux compagnies formées: une d'elles est, je crois, aux ordres de M. de Frinville ; je ne connais pas le commandant de l'autre. Paris est le foyer de nos intelligences. Jusqu'à présent, nous n'avions pas essayé de corrompre à prix d'argent, nous l'aurions tenté maintenant, afin de nous procurer des données sures surlesprojets du gouvernement.

1796. fait quand le glaive n'est plus levé sur sa tête, quand l'opinion royaliste vient de le sauver

J'avais entre les mains le plan de descente en Irlande , ou plutôt le rapport de Carnot relatif à ce plan: je sais bien comment on me l'a procuré, mais je ne sais pas qui.

« Nous mettions beaucoup d'importance à gagner la police, mais nous étions très peu avancés à cet égard. Nous tirions aussi toutes les semaines un extrait du rapport des commissaires du pouvoir exécutif sur la situation de l'opinion publique dans les départemens.

« Je ne sais d'oîi nous venait l'opinion que-le ministre de la police ne serait pas éloigné lui-même de nous servir, peut-être uniquement de ce qu'il passe pour modéré, et de la guerre que lui faisaient les Jacobins ; nous pensions de même du ministre de l'intérieur, et sans doute par la même raison.

« Mais, dans les Conseils , nous avons trouvé plus de facilité. Dès le mois de juin de l'année dernière, il nous fut fait des propositions au nom du parti qui se disait puissant: nous les transmîmes au Roi. On offrait de le servir, à condition qu'il n'y aurait d'autre changement à la constitution actuelle, que la concentration du pouvoir exécutif dans sa personne. Le Roi accepta le service , mais voulut discuter la condi, lion. 1l demanda en conséquence qu'il lui fût envoyé un fondé'de pouvoirs; depuis lors il n'a cessé de le demander , mais le parti étant beaucoup plus faible

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