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ÎPendant que sa division les enfonce, deux 1799. escadrons de cavalerie leur coupent la retraite sur la mer. Aucun d'eux n'évite la mort. La seconde ligne de l'armés lurque occupait une position beaucoup plus forte. Une partie s'é.tait ébranlée pour venir au secours de la première, et avait éprouvé le même sort. Les Turcs se tiennent immobiles sous les redoutes qui les couvrent. Leur artillerie est bien servie. Un village qui servait à leur défense est tourné, et bientôt emporté par le général Destaing, sous les ordres du général Lannes. On est au pied des retranchemens. Tout ce que les Français déployèrent de valeur dans les journées d'Arcole et de Lodi, est égalé dans cette journée. La cavalerie charge jusque sur les fossés de la redoute. La trente - deuxième et la dix-huitième demibrigade s'élancent, et vont combattre les Turcs corps à corps. Le chef de brigade des guides à cheval, Bessières, trois autres officiers supérieurs, Duvivier, Rose et Leturc, soutiennent d'excellentes dispositions par l'intrépidité la plus héroïque. Les Turcs cherchent à arracher les baïonnettes qui leur donnent la mort. Ils s'avancent le sabre et le pistolet à la main. Les braves meurent, les

1799. braves sont remplacés. Duvivier et Leturc expirent sur les retranchemens. Les Turcs se croient vainqueurs. Ils s'élancent hors de la redoute, pour couper la tête des morts et des blessés, e': obtenir l'aigrette d'argent que leur gouvernement a promise à tout militaire qui apporterait la tète d'un ennemi. Bonaparte observe ce mouvement irrégulier, qui décide pour lui la victoire. Lannes entre au pas de charge dans la redoute qui a été si long-temps disputée. Le général Murat, qui commande l'avant-garde, fait traverser toutes les positions de l'ennemi qui chancelle, par un escadron dont les manœuvres habiles et promptes coupent la retraite à dix mille fuyards. Ils sont poursuivis jusqu'à la mer : ils s'y précipitent; ils y sont fusillés, mitraillés. Leurs vaisseaux sont à deux lieues dans la rade d'Aboukir, et ne peuvent leur porter de secours. Leur désespoir rend le carnage horrible. Le général Murat, qui s'est couvert de gloire dans cette journée, et un grand nombre d'autres chefs valeureux, sont blessés. Le pacha Mustapha se rend prisonnier avec son escorte. Il n'existe plus rien de l'armée turque que douze cents hommes qui défendent le fort d'Aboukir. Ils résistent encore peudant huit jours. Enfin, ils parlementent, ca- 1799pitulent, et viennent embrasser les genoux du vainqueur.

Il nous est facile maintenant de juger de la' résolution que prendra Bonaparte. Revenons aux événemens de l'intérieur et à l'anarchie dont il apportera le remède.

FIN DU LIVRE SEPTIÈME.

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i RÈs d'atteindre au terme d'une histoire contemporaine, où figurent tous les peuples de l'Europe , et quelquefois même d'autres parties de l'univers, je vois les derniers événemens qui me restent à décrire se compliquer et se décolorer. S'agit-il des faits militaires: ils sont aussi tristes que nombreux ; je rencontre de toutes parts des désastres que l'exécrable et stupide politique du Directoire a seule provoqués, qui laissent intacte ou plutôt qui rendent plus éclatante encore la gloire de nos armées, et se terminent par un retour subit de la victoire. S'agit-il des événemetis de l'intérieur : tout se rapetisse, s'avilit , se déchire et se rompt. A mesure que la révolution s'éteint, elle use l'indignation à force de mépris. Mais ce livre est d'une extrême importance , il offre la transition de l'état d'anarchie à celui d'un ordre despotique. Le règne de la révolution va faire place au règne d'un conquérant.

Toute l'Italie , jusqu'aux rives de l'Adige, '799

reconnaissait les lois desFrancais. La violence

DOBrtite lig«a

et l'iniquité du Directoire n'avaient exempté aucun Etat du nivellement politique qui faisait la honte et la misère commune. Le grand-duc de Toscane avait été renversé le dernier par cet orage qui planait sur la tête de tous les souverains. Tout le souvenir qu'on avait gardé de sa longue et trop fidèle neutralité , avait été une permission de quitter ses Etats, et de retourner en Autriche. La sagesse de la république de Lucques n'avait pas non plus désarmé nos impitoyables magistrats. Sa constitution, modèle de douceur et de stabilité , avait été condamnée comme féodale et gothique. Le Directoire avait eu vain flatté le Piémont de la triste espérance d'avoir un gouvernement particulier et indépendant, comme cegx de la Cisalpine, de la Ligurie, de Rome et de Parthénope. On jugea ce malheureux peuple indigne même d'un bienfait de cette sorte. On fît de ces belles provinces quatre ou cinq départemens français ; la fureur était au comble dans un État long-temps si belliqueux; mais elle attendait pour éclater l'arrivée prochaine et les victoires présumées des armées russes et autrichien

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