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1797- Dossonville , ex - em - Mailhe , ex-Conven

ployé à la police. tionnel.

Mirauda, général. Ramel , commandant

Morgan, général. des grenadiers du

Suard, journaliste. Corps-Législatif,

seront, sans retard, déportés dans le lieu qui sera déterminé par le Directoire exécutif;

Leurs biens seront séquestrés aussitôt après la présente loi, et main-levée ne leur en sera accordée que sur la preuve authentique de leur arrivée au lieu fixé pour leur déportation.

Le Directoire exécutif est autorisé à leur procurer provisoirement, sur leurs biens, les moyens de pourvoir à leurs secours les plus urgens.

On voit par une telle liste que le Directoire frappait en aveugle comme le fait le peuple dans son délire; mais c'était avec une cruauté plus réfléchie.

La seconde proscription fut celle des auteurs, imprimeurs, directeurs et collaborateurs de quarante-deux journaux. Comme on pouvait atteindre dix ou douze personnes pour chacun de ces journaux, on voit que cette seconde liste surpassait de beaucoup la

première en étendue. Les Conseils jugèrent
à propos d'exempter de cette peine les col-
laborateurs des journaux. MM. de La Harpe,
Fontanes, l'abbé Sicard, épargné par les as-
sassins du 2 septembre; l'abbé de Vauxelles,
écrivain ingénieux et piquant ; MM. Richer
de Serysy, Fiévée, Michaud, Bertin frères
étaient portés sur la liste. Ils échappèrent à la
déportation par la fuite. L'auteur de cette
histoire fut arrêté dans la journée même du
18 fructidor ; il n'était point rédacteur,
mais collaborateur d'un journal ; on ne l'en
tint pas moins deux ans en prison : les jour-
naux furent placés sous l'inspection de la
police.
La Réveillère-Lépeaux profita de cette occa-
sion pour assouvir sa haine contre les prêtres.
On rapporta la loi qui avait permis aux prêtres
déportés de rentrer en France. A un bannis-
sement en terre étrangère on substitua la
déportation à la Guiane : les précautions
furent prises de manière qu'une telle dépor-
tation ne fût qu'une longue mort.
Les émigrés rentrés, et ceux même qui
étaient en instance depuis long-temps pour
obtenir leur radiation, furent chassés de nou-
veau. Ceux qui ne seraient pas sortis de France

1797.

1797. dans le délai de quinze jours, étaient condamnés à être jugés par une commission militaire , qui les ferait fusiller après avoir constaté seulement l'identité de la personne : lesang recommença de couler. \. Trois membres de la Famille royale, le prince de Conti, la duchesse d'Orléans et la duchesse de Bourbon, furent bannis de France et conduits en Espagne.

Les directeurs Carnot et Barthélemy furent remplacés par Merlin de Douai et François de Neufchâteau.

Il serait trop long de rapporter toutes les autres dispositions tyranniques de la loi du i9 fructidor. Je dirai seulement qu'elle ne respectait pas plus le pouvoir judiciaire que le pouvoir législatif. On destitua la moitié des membres du tribunal de cassation; on culbuta de nouveau l'institution des jurés.

Ce qui restait du Conseil des Anciens ne se prêta qu'avec un regret manifeste à sanctionner le code barbare qui ruinait la constitution dans toutes ses bases. MM. Laussat, Lecouteux-de-Canteleu et Régnier, depuis grand-juge sous le règne de Bonaparte, réclamèrent avec force contre les proscriptions arbitraires de leurs collègues. D'après leurs représentations, le Conseil des Anciens vou- '797. lait procéder à un examen détaillé; mais le Directoire, par de nouvelles menaces, décida la majorité. Pour que rien ne manquât à la violence et † es deux tiers à l'opprobre de cette révolution nouvelle, le sur les rantes. Directoire et les deux Conseils mutilés, devenus ses esclaves, eurent la stupide infamie de la sceller par la banqueroute envers les créanciers de l'État. Elle fut des deux tiers du capital, et on eut l'impudence de nommer ce qui restait le tiers consolidé : la même réduction eut lieu pour toutes les pensions payées par l'État. Le Directoire punissait ainsi Paris de sa tristesse au 18 fructidor, et par une lâche ironie il prétendait avoir affermi la position des rentiers, et s'être acquis des droits à leur reconnaissance. La révolution n'avait été appelée que pour prévenir la banqueroute, et voilà le résultat où elle arrivait après la dissipation de cinq ou six milliards de capital. Une mesure plus odieuse encore que cette , Projet de infâme banqueroute fut annoncée comme un †o digne complément de la journée du 19 fructidor. Il s'agissait d'une loi d'exil pour tous les nobles et anoblis, en exceptant le fort petit

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i797. nombre de ceux qui remplissaient des emplois civils ou militaires dans la République , ou qui pouvaient fournir des gages éclatans de leur civisme. Leurs biens eussent été mis à la disposition du gouvernement, qui, après les avoir vendus et en avoir converti le produit en marchandises, eût bien voulu en faire parvenir une pacotille aux émigrés bannis. Ceux qui eussent refusé de partir pour la terre étrangère eussent été condamnés à la déportation au-delà des mers. Les femmes n'eussent été exceptées que sous la condition d'épouser un plébéien à la faveur du divorce : une telle loi condamnait à toutes les horreurs de l'exil et de la misère trois ou quatre cent mille individus , dont les deux tiers étaient des vieillards, des femmes et des enfans. Elle surpassait eu violence les décrets les plus barbares de quelques cités de la Grèce ancienne et de l'Italie moderne, rendus dans la plus grande fureur des guerres civiles. Elle était l'ouvrage d'un homme dont on prétendait que le génie législatif surpassait celui des Lycurgce, des Solon, des Numa, autant que la civilisation moderne surpasse celle des premiers peuples : de l'abbé Syeyès. Déjà il avait pris une part très active aux proscriptions du i8 fruc

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