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» que

nues ou déjà dites. Arrivé au maréchal Jourdan, il s'y est arrêté assez long-temps; il a terminé disant : « En voilà un que j'ai fort maltraité » assurément. Rien de plus naturel, sans doute,

de penser qu'il eût dû m'en vouloir beau» coup. Eh bien! j'ai appris, avec un vrai plai» sir, qu'après ma chute il est demeuré cons» tamment très-bien. Il a montré là cette éléva» tion d'ame qui honore et classe les gens.

Du » resté, c'est un vrai patriote: c'est une réponse » à bien des choses. »

De là passant à beaucoup d'autres objets, il s'est arrêté sur la guerre de Russie.

« Au surplus, a-t-il dit, à la suite de beau» coup d'antécédens, cette guerre eût dû être » la plus populaire des temps modernes : c'était v celle du bon sens et des vrais intérêts; celle » du repos et de la sécurité de tous : elle était » purement pacifique et conservatrice ; tout-à» fait européenne et continentale. Son succès » allait consacrer une balance, des combinai» sons nouvelles qui eussent fait disparaître les

périls du temps, pour les remplacer par un » avenir tranquille; et l'ambition n'entrait pour » rien dans més vues. En relevant la Pologne, ý cette véritable clef de toute la voûte , j'accor» dais que ce fût un Roi de Prusse, un Archi» duc d'Autriche, ou tout autre qui en occupât

» le trône; je ne prétendais rien acquérir; je ne » me réservais que la gloire du bien, les béné» dictions de l'avenir. Croirait-on que ce dût » être là où j'échouerais, et trouverais ma perte? » Jamais je n'avais mieux fait, jamais je ne mé» ritais davantage; mais comme si l'opinion avait » aussi ses épidémies, voilà qu'en un instant il », n'y eut plus qu'un cri , qu'un sentiment con» tre moi; on me proclama le tyran des Rois, ». moi qui avais retrempé leur existence; et je » ne fus plus que le destructeur des droits des » peuples, moi qui avais tant fait, et qui allais » tant entreprendre pour eux. Et les peuples et » les Rois, ces ennemis irréconciliables, se sont » alliés, ont conspiré de concert contre moi ! » On n'a plus tenu aucun compte de tous les » actes de ina vie! Je me disais bien que l'esprit ». des peuples me serait revenu avec la victoire; » mais je la manquai, et je me suis trouvé acca» blé. Voilà pourtant les hommes et mon his» toire! Mais les Peuples et les Rois, et peut» être tous les deux, me regretteront! et ma » mémoire sera suffisamment vengée de l'injus» tice faite à ma personne, cela est indubi» table. »

N. B. Si certains passages de la conversation de l'Empereur avaient besoin de développemens ou de preuves, on va les trouver dans la

lettre suivante ; elle est précieuse par sa date et son contenu; ce sont les motifs et les vues de l'expédition de Russie, exposés par Napoléon au moment même de l'entreprendre. Le vulgaire était assurément loin de les comprendre, ou de leur rendre justice; je dis le vulgaire, car il est bon de remarquer qu'aux yeux des hommes d'État, de ceux à vues larges et prévoyantes, cette guerre fut très-populaire : ils étaient fâchés du moment; mais ils en avaient saisi trèsbien toutes les grandes intentions.

Instructions données à M***...... pour lui servir de di

rection dans la mission qu'il aura à remplir en Pologne. (18 ayril 1812.)

« Monsieur, l'Empereur compte assez sur » votre dévouement et sur votre habileté, pour » vous avancer dans sa confiance jusqu'à vous

charger d'une mission du plus grand intérêt » politique. Cette mission demande activité, » prudence et discrétion.

» Vous vous rendrez à Dresde ; l'objet appa» rent de votre voyage sera de présenter à S. M. » le Roi de Saxe une lettre que l'Empereur vous » remettra demain après son lever. S. M. Impé» riale et Royale vous a déjà fait connaître ses » intentions; elle vous donnera verbalement ses

» le trône; je ne prétendais rien acquérir; je ne » me réservais que la gloire du bien, les béné» dictions de l'avenir. Croirait-on que ce dût » être là où j'échouerais , et trouverais ma perte? » Jamais je n'avais mieux fait, jamais je ne mé» ritais davantage; mais comme si l'opinion avait » aussi ses épidémies, voilà qu'en un instant il », n'y eut plus qu'un cri, qu’un sentiment con» tre moi; on me proclama le tyran des Rois, ». moi qui avais retrempé leur existence; et je » ne fus plus que le destructeur des droits des

peuples, moi qui avais tant fait, et qui allais » tant entreprendre pour eux. Et les peuples et » les Rois, ces ennemis irréconciliables, se sont », alliés, ont conspiré de concert contre moi ! » On n'a plus tenu aucun compte de tous les » actes de ma vie! Je me disais bien que l'esprit » des peuples me serait revenu avec la victoire; » mais je la manquai, et je me suis trouvé acca» blé. Voilà pourtant les hommes et mon his» toire! Mais les Peuples et les Rois, et peut» être tous les deux, me regretteront! et ma » mémoire sera suffisamment vengée de l'injus» tice faite à ma personne, cela est indubi» table. »

N. B. Si certains passages de la conversation de l'Empereur avaient besoin de développemens ou de preuves, on va les trouver dans la

lettre suivante ; elle est précieuse par sa date et son contenu; ce sont les motifs et les vues de l'expédition de Russie, exposés par Napoléon au moment même de l'entreprendre. Le vulgaire était assurément loin de les comprendre, ou de leur rendre justice; je dis le vulgaire, car il est bon de remarquer qu'aux yeux des hommes d'État, de ceux à vues larges et prévoyantes, cette guerre fut très-populaire : ils étaient fàchés du moment; mais ils en avaient saisi trèsbien toutes les grandes intentions.

Instructions données à M***......

pour lui servir de di. rection dans la mission qu'il aura à remplir en Pologne. (18 ayril 1812. )

a-Monsieur, l'Empereur compte assez sur » votre dévouement et sur votre habileté, pour » vous avancer dans sa confiance jusqu'à vous » charger d'une mission du plus grand intérêt

politique. Cette mission demande activité, » prudence et discrétion.

» Vous vous rendrez à Dresde ; l'objet appa» rent de votre voyage sera de présenter à S. M. » le Roi de Saxe une lettre que l'Empereur vous » remettra demain après son lever. S. M. Impé» riale et Royale vous a déjà fait connaître ses » intentions; elle vous donnera verbalement ses

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