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>> rez utile aux intérêts de la France et de la Po» logne.

» Sa Majesté m'a ordonné de vous transmettre » cette note et ces instructions, dont elle a pris » connaissance, afin que vous puissiez en faire » la matière de vos entretiens avec les ministres » étrangers qui seront à Varsovie ou à Dresde.

» L'Empereur fait adresser des notes au mi» nistre de la guerre et à celui des affaires étran

gères du grand-duché. S'il était besoin de res» -sources pécuniaires , Sa Majesté viendrait au » secours du trésor de la Pologne, par des as» signations sur les domaines de l'extraordinaire » qu'elle possède encore en Pologne et en Ha

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» noyre. »

Samedi 26.

Fluxion violente. Anecdotes intérieures et domesti.

ques.

On disait l'Empereur fort souffrant. Il m'a fait demander dans sa chambre. Je l'ai trouvé, la tête empaquetée d'un mouchoir, dans son fau. teuil, fort près d'un grand feu qu'il s'était fait allumer.« Quel est le mal le plus vif, la dou» leur la plus aiguë, demandait-il ?. » Je lui répondais que c'était toujours celle du moment. « Eh bien ! c'est donc le mal de dents, m'a-t-il

» dit. » En effet, il avait une violente fluxion ; sa joue droite était enflée et fort

rouge.

J'étais seul, en ce moment, auprès de lui; je me suis mis à lui chauffer, alternativement, une fla- . nelle et une serviette qu'il appliquait tour à tour sur la partie souffrante, et il disait en ressentir beaucoup de bien. A cela se joignait encore une forte toux nerveuse, des bâillemens et un frisson, présage de la fièvre.

« Ce que c'est que l'homme, pourtant, disait» il; la moindre fibre attaquée suffit pour le dé . » ranger entièrement! D'un autre côté, en dé» pit de tous les maux, il faut parfois l'assommer ».si l'on veut qu'il finisse. Quelle singulière ma» chine! Et j'ai peut-être 30 ans encore à être » enfermé dans cette triste enveloppe! »

Il attribuait sa fluxion à sa dernière sortie, au grand air qui s'affectait singulièrement. « La na» ture est toujours le meilleur conseiller, di, » sait-il : je suis sorti malgré moi, en dépit de » mon instinct, et seulement pour obéir à la >> raison. »

Le docteur est arrivé, et lui a trouvé un commencement de fièvre. L'Empereur a passé de la sorte tout le reste du jour, souffrant par moment des douleurs très-aiguës; allant alors et revenant, alternativement, de son fauteuil à

son canapé, et remplissant les intervalles de souffrance à causer d'objets divers.

Un moment il s'est arrêté sur des vilenies commises autour de lui lors de sa puissance : Un ménage des Tuileries, que dans le temps il . avait comblé, disait-il, et qui, par parenthèse, lors de la catastrophe, s'était montré fort mauvais, avait été pris en faute, un jour , par lui en personne. Il se contenta de leur reprocher leurs . torts au lieu de les en punir. Qu'était-il arrivé, ajoutait-il, c'est qu'il n'avait fait que les irriter sans donner un exemple de justice. « Et voilà » ce que c'est, remarquait-il, que de faire les » choses à demi, on y perd toujours. Il ne faut » pas voir; ou si l'on a voulu voir, il faut savoir » prononcer, etc., etc. » : Citant ensuite une femme fort avantageusement placée, ainsi que son mari, et qui lui parlait sans cesse de son dénuement. « Elle m'écri>> vait souvent, disait-il, pour me demander de >> l'argent, comme si elle eût eu des droits sur » moi; comme aurait pu faire Mme Bertrand, » revenue de Sainte-Hélène, ou l'un de vous >> autres, etc., etc. >>

Mentionnant encore quelqu'un qui avait été des plus coupables envers lui, en 1814, il disait : « Et vous croyez peut-être qu'il aura fui à » mon retour? Non, j'en ai été obsédé. Il con

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.» venait sans embarras d'un engouement passa» ger pour les Bourbons, dont on avait été bien » puni, m'assurait-il, ce qui n'avait fait que » retremper du reste, l'affection naturelle

que » chacun me portait à tant et de si justes ti» tres!!! Je le repoussai. Et il est à croire qu'en » cet instant il est à leurs pieds, et leur dit, » comme de raison, des horreurs de moi......... » Pauvre humanité ! Toujours et partout la » même!... »

Enfin il citait, et toujours de la part de ceux qu'il avait comblés, une intrigue fort vilaine auprès de l'Impératrice Joséphine, qu'on voulait porter , pour s'en faire un mérite ailleurs sans doute, et sous prétexte de lui assurer, disait-on, son séjour et son repos en France, à signer une lettre qui ne pouvait que l'avilir. On lui faisait écrire au Roi qu'elle ne savait ce qu'elle était, ce qu'elle avait été; qu'elle le priait de fixer son existence, etc., etc. L'Impératrice pleura beaucoup, résista, demanda du temps, et consulta l'Empereur Alexandre, qui lui dit qu'une pareille lettre serait son opprobre, qu'elle envoyât promener les intrigans et les entremetteurs ; qu'il était sûr qu'on ne lui demandait rien de pareil ; que personne ne songeait à la faire sortir de France ni à troubler

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son repos, et qu'au besoin il se porterait pour son répondant, etc., etc.

Sur le soir la douleur s'est apaisée, et l’Empereur a pu s'endormir; il avait dû beaucoup souffrir, toute sa physionomie montrait une extrême altération.

Dimanche 27

. Les souffrances continuent. - Immoralité, vice le plus

funeste dans le Souverain.

L'Empereur a passé tout le jour, sur son canapé ou son fauteuil, près du feu. Il avait peu dormi , souffrait comme hier, et n'avait pas mangé. Ses douleurs de tête et de dents étaient extrêmement vives; la fluxion n'avait nullement diminué. Il a repris l'usage de la flanelle et des serviettes chaudes de la veille , qu'il m'a dit, en me voyant, lui avoir fait hier tant de bien. Je me suis mis à les chauffer et à les lui appliquer de nouveau ; il s'en montrait touché, laissait parfois son bras sur mon épaule, me répétant souvent : « Mon cher, vous me faites du bien! >> La douleur s'étant calmée, il a sommeillé quelques instans; puis rouvrant les yeux : « Ai-je » dormi long-temps, m'a-t-il dit, vous êtes-vous » bien ennuyé? » Et il m'appelait alors son frère hospitalier, le chevalier de Maltè de S« - Hélène. La douleur ayant repris plus vivement que ja

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