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2 membres pour entamer à l'instant les négociations pour la paix.— Alors Labédoyère, hors de lui, accuse de trahison Ney, des Généraux, des Pairs , et appelle les Pairs de vils et lâches flatteurs, qui abandonnent dans le malheur celui qu'ils adoraient dans la prospérité. « Malheur, s'écrie-t-il, à ceux « qui l'ont trahi et qui méditent de le trahir encore ! » On devine la tempête. — Mais la question de Napoléon II est ajournée ; on élit Caulaincourt et Quinette pour membres du Gouvernement provisoire ; et Lucien, qui ne craint pas de se mettre sur les rangs, n'obtient que les voix des 18 qui l'ont accompagné. Puis le Gouvernement provisoire se constitue en nommant pour Président Fouché, qui obtient 3 voix, y compris la sienne (car il faut qu'il soit là pour trahir), tandis que Carnot n'en a que 2 en donnant la sienne à son concurrent.

Voilà donc Napoléon dépouillé, abandonné, seul à l'Elysée! Et l'infâme Fouché, qui le trahit depuis 3 mois, dont il a follement dédaigné la trahison, qui a tout conduit jusqu'à présent par ses intrigues, le voilà maître du pouvoir ! Tout est donc perdu, fini ; car il trahit tout le monde, tous les partis , les Chambres comme l'Empereur , les Nationaux comme les Impériaux : il connaît tous les traîtres; il en trouvera des milliers. C'est par Vitrolles qu'il correspond avec Gand, et par l'ex-oratorien Gaillard qu'il correspond avec Talleyrand à Vienne. Il paralyse la défense; il presse l'ennemi d'arriver; et c'est comme si les Bourbons étaient déjà rétablis.

Cependant, le 23, sur la demande de Boulay, qui dénonce le parti d'Orléans, et sur la proposition de Manuel, les Représentants d'abord et les Pairs ensuite reconnaissent à l'unanimité que Napoléon II est Empereur d'après l'abdication et les Constitutions de l'Empire. C'est comme si elles l'élisaient; car elles ont certainement le droit de choisir un autre gouvernement. Comment dès-lors Napoléon peut-il les accuser de n'être que des Jacobins hostiles à sa Dynastie! — Mais cette reconnaissance, qui transporte les Bonapartistes, réfroidit au contraire la population, désenchantée par les fautes et l'égoïsme de Napoléon.

Du reste, il paraît que cette recomnaissance de Napoléon H est une ruse de Fouché pour enlever à Napoléon tout prétexte de révoquer son abdication. Mais dès que Napoléon ne sera plus à craindre, Fouché, ne cherchant plus qu'à tromper les

Nationaux en paraissant national, fera décider, le 27, que les jugements seront rendus au nom du Peuple français.

Bientôt, Napoléon sent toute son impuissance et se résigne à se retirer à la Malmaison. Arrivé là, c'est vainement qu'il rédige une adresse à l'armée; Fouché l'arrête : c'est vainement qu'il offre son épée comme Général ; Fouché lui fait répondre par un refus. Puis, il lui notifie de partir pour Rochefort, où il sait probablement que les Anglais pourront le prendre, et charge le Général Becker, son ennemi personnel, de le garder prisonnier, s'il ne veut pas partir, pressant en même temps Blucher (qui veut le faire pendre en présence de ses l'russiens) d'arriver pour s'emparer de sa personne. Il part enfin le 29, peu avant l'arrivée de quelques cavaliers ennemis, et s'embarque, le 8 juillet, sur une frégate, pour se rendre en Amérique en passant à travers la croisière Anglaise.

Sans doute, il va braver tous les périls plutôt que de se fier aux Anglais, lui qui connaît la politique, la perfidie et la haine de l'Aristocratie Britannique. Mais non : entraîné peut-être par Becker, qui a mission de le livrer et qui ne le quittera que sur le navire ennemi, il rejette les offres d'intrépides marins, et préfère se rendre volontairement, le 15, sur le Bellérophon, qui le conduit à Torbay et à Plimouth, où le Northumberland le prend pour le conduire, prisonnier des Puissances, à Sainte-Hélène, à 2000 lieues, où il arrivera le 16 octobre, où l'accompagneront Bertrand, Montholon, Las-Caze, Gourgaud, O'Méara, où il dictera ses mémoires, où l'un de ses supplices sera d'entendre son geolier Hudson-Lowe lui refuser le titre d'Empereur pour ne l'appeler que le Général Bonaparte, et où il mourra, d'un cancer à l'estomac, le 5 mai 1821.

Mais tandis qu'il va jouir encore des hommages d'une petite Courimpériale, la France, compromise et livrée par lui, va être envahie, conquise, humiliée, ruinée, enchaînée, assassinée.... ! Et toutes ces calamités sont l'ouvrage de son égoïsme, de son ambition, de son orgueil, de son despotisme, de ses fautes; car, depuis son retour, il n'est presque pas un de ses actes qui ne soit une faute. C'est lui qui est la cause, l'unique cause, la cause première, de tous les malheurs.... C'est une grande infortune, dit-on... !-Et la Nation ?... Son retour est bien glorieux... ! — Non : il est honteux pour les Bourbons sans être glorieux pour lui. - Il avait raison contre Louis XVIII... ! -Oui, mais il avait tort vis-à-vis la Nation ; et la Nation avait raison contre tous deux.

La France l'a réaccepté, réélu...! - Non: il s'est imposé, en trompant le Peuple et l'armée.

La Chambre des Représentats a eu tort de ne pas se rallier à lui pour défendre le pays!... - C'est lui qui a eu tort de ne convoquer les électeurs que le 30 avril pour le milieu de mai, de ne réunir les élus que le 3 juin, de leur inspirer de la défiance, de tout perdre par une bataille, de rendre toute défense impossible, et de tout livrer à des traîtres : il est responsable de toutes les fautes et de toutes les trahisons.

La Chambre ne devait pas croire à la bonne foi des Puissances !...-Elle n'y croyait pas; mais elle ne croyait pas plus a la sienne; et il n'était plus temps de réparer le mal fait par lui.

Il fallait l'immoler et se défendre...! – Mais ce sont les Napoléonistes qui tiennent ce langage, et ce sont eux qui le défendaient et qui l'appuyaient en tout.

En résumé, c'est Napoléon qui a jout perdu en sacrifiant tout à son égoïsme. Son retour est l'un des plus grands fléaus qui aient affligé la France, et personne n'a attiré sur elle lant de calamités. Faut-il donc encore l'appeler un héros, un homme de génie, le sauveur de la Révolution et de sa Patrie? Faut-il pleurer de reconnaissance, se mettre à genoux d'admiration et d'adoration? Faut-il désirer, comme le bonheur suprême, la résurrection du système Napoléonien, la réapparition d'un nouveau Napoléon ? Ah! nous concevons que les Rois, que les Ministres, que les Courtisans, que la Noblesse ancienne et nouvelle, que les fonctionnaires, aient intérêt à déifier Napoléon et son système impérial : mais la liberté, l'égalité, le pauvre soldat et le malheureux Peuple, toujours sacrifiés par lui...

Mais pourquoi craindrions-nous d'exprimer franchement notre pensée tout entière ? Faut-il écouter de pusillanimes considérations? L'historien ne doit-il pas s'élever à toute la hauteur de l'Histoire? Eh bien, nous élevant en imagination, nous voyons l'éloile, d'abord si brillante, de Napoléon, s'éloigner, se rapetisser et s'obscurcir, tandis qu'à l'autre côté de l'horizon nous apercevons un autre astre, longtemps obscurci, qui sort des nuages et s'avance croissant en grandeur et en lumière.

2me RESTAURATION.

Nous nous hâterons : la terre manque sous nos pas : d'ailleurs, c'est l'Histoire de la Révolution que nous ayons entreprise, et la Révolution est vaincue.

Si Paris était fortifié, si Fouché n'était pas Président du Gouvernement provisoire, ou s'il n'était pas un traître, les Anglais et les Prussiens n'oseraient pas s'avancer seuls sur la capitale, et la France se défendrait contre les 1,100,000 étrangers qui vont l'envahir. — Mais la trahison de Fouché, préparée et exécutée depuis longtemps, va nécessairement tout perdre.

C'est en vain que Lafayette, d'Argenson, Sébastiani, Pontécoulant, Laforét, B. Constant, sont nommés Plénipotentiaires et parlent le 24 au soir pour négocier la paix : averti par Fouché, Blucher les arı ête à Laon, et ne leur délivre des passe-ports que le 26, pour aller trouver, à Heidelberg, ou à Manheim, ou à Haguenau, les Souverains, qui ne voudront pas même les recevoir.

C'est en vain que la guerre est déclarée nationale; que l'Ecole polythecoique, les Fédérés, la Garde nationale, demandeni à marcher : Masséna, que Fouché a fait nommer pour la commander et qui se laisse diriger par lui, répond : « Restez tranquilles, mes amis ; quand il en sera temps, « on vous avertira. » Et on ne laisse sortir personne de Paris. Et pour mieux paralyser la défense, Fouché fail déclarer la ville en état de siége.

C'est en vain que Paris aura bientôt 120,000 soldats et 300 pièces de canon, 36,000 gardes nationaux, 30,000 fédérés, 6,000 canonniers, 500 canons et 600 pièces en halterie : la trahison de Fouché suffit pour tout neutraliser.

Dès le 27 au matin, dans un premier conseil avec les Bureaux des Chambres et leurs principaux membres, Fouché et Davoust, ministre de la guerre et son complice, ont déclaré que toute résistance était impossible, et qu'il ne restait qu'à rappeler les Bourbons... Cependant, Blucher, d'accord avec Fouché pour tromper les Plénipotentiaires, ayant déclaré à Lafayette, etc., que les Souverains ne tenaient pas à Louis XVIII, on décide de lui envoyer des Commissaires pour lui demander une suspension d'armes. Mais c'est en vain que Fouché nomme et sait partir 5 Commissaires (dont un Royaliste connu) : secrètement invité par ce traître à ne pas perdre une minute et à s'avancer sans attendre les Anglais et sans rien craindre (quoiqu'il puisse être écrasé si Fouché et Davoust ne trahissaient pas), Blucher refuse tout, précipite sa marche sur Paris, et arrive, dès le 30 (lendemain du départ de Napoléon de la Malmaison), au pont du Pecq, qui conduit à ce château, qu'on a fait miner pour le faire sauter, mais qui doit lui être livré et qui lui est livré par un officier de la garde nationale, le traître Martainville. C'est en vain encore que B. Constant écrit pour recommander de tenir 8 jours à Paris : Fouché répond traîtreusement que la chose est impossible. Cependant. 60,000 hommes arrivent devant Paris, sous les ordres de Grouchy, soupçonné de trahison à Waterloo.SoULT, dejà acquis aux Bourbons, a refusé le commandement en chef.— Davoust prend ce commandement.— Mais c'est en vain que cette armée demande le combat, en chantant la Marseillaise, aux cris de vive la Nation! vive la liberté! vive Wapoléon II! Fouché et les principaux généraux, Davoust, Oudinot, Soult, Masséna, veulent la trahir et la livrer. Et cependant Davoust signe, avec un grand nombre de Généraux, une adresse aux Représentants, dans laquelle ils jure t, à la face du monde, de combattre jusqu'au dernier soupir pour repousser les Bourbons ! Et la Chambre, qui ne met pas en doute la loyauté de Davoust, applaudit avec transport ! C'est en vain qu'on a soigné et terminé les fortifications au nord, pour endormir et tromper les Parisiens : Fouché a rendu tout inutile en empêchant ou négligeant de fortifier le sud, et en faisant livrer le pont du Pecq , qui permet le passage sur la rive gauche de la Seine. Enhardi et déterminé par la trahison de Fouché, de Da

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