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“ me dire et ont soutenu que 18, 20 ans, l'âge de “ la conscription, n'était pas trop tard pour com“ mencer à être matelot ; les Danois, les Suédois “ y emploient leurs soldats ; chez les Russes, la “ dotte n'est qu'une portion de l'armée principale, “ ce qui donne l'avantage inappréciable de l'avoir 66 en permanence, et à deux fins.

“ J'avais imaginé moi-même, a-t-il ajouté, quel6s que chose de la sorte en créant mes équipages de « haut-bord ; mais que d'obstacles ne rencontrai"je pas, que de préjugés j'eus à vaincre, quelle “ force de volonté je dus employer pour parvenir à • donner un uniforme à ces pauvres matelots, à les « enrégimenter, a leur faire faire l'exercice ; je “ gâtais tout, disait-on, et pourtant de quelle uti5 lité n'ont ils pas eté! Quelle plus heureuse idée « que d'avoir deux services pour une seule paye ! « Ils n'ont pas été moins bons matelots, et se sont 6 montrés les meilleurs des soldats. On les a " trouvés, au besoin, matelots, soldats, artilleurs, 6 pontonniers, tout. Si, dans la marine, au lieu - d'avoir des obstacles à combattre, j'avais rencon66 tré quelqu'un qui eût abondé dans mon sens et s devancé mes idées, quel résultat n'eussions-nous

pas obtenu! mais, sous mon règne, il n'a jamais “ pu s'élever dans la marine quelqu'un qui s'écartât - de la routine, et sût créer. J'aimais particulière“ment les marins, j'estimais leur courage, j'esti“ mais leur patriotisme ; mais je n'ai jamais pu 66. trouver entre eux et moi d'intermédiaire qui sût “ les faire agir et les faire mériter, etc. etc.”

Organisation impériale; préfets, auditeurs au Conseil d'Etat; motifs des gros appointemens ; intentions futures, etc. etc.

7.- Napoléon, parlant de son organisation impériale, disait qu'il en avait fait le gouvernement le plus compact, de la circulation la plus rapide, et des efforts les plus nerveux qui eût jamais existés : “ Et il ne fallait rien moins que tout cela, “ remarquait-il, pour pouvoir triompher des " immenses difficultés dont nous étions entourés, “ et produire toutes les merveilles que nous avons “ accomplies ; l'organisation des préfectures, leur “action, les résultats, étaient admirables et pro“ digieux. La même impulsion se trouvait don" née au même instant à plus de 40 millions “ d'hommes ; et, à l'aide de ces centres d'activité “ locale, le mouvement était aussi rapide à toutes “ les extrémités qu'au cæur même.

“Les étrangers qui nous visitaient, et qui sa“ vaient voir et juger, en étaient émerveillés. Et " c'est à cette uniformité d'action, sur un aussi “ grand terrain, qu'ils attribuaient surtout ces pro“ digieux efforts, ces immenses résultats, qu'ils “ avouaient n'avoir pas pu comprendre jusque-là.

“Les préfets, avec toute l'autorité et les res“ sources locales dont ils se trouvaient investis, “ ajoutait l'Empereur, étaient eux-mêmes des Empereurs au petit pied; et comme ils n'avaient de “ force que par l'impulsion première,' dont ils n'é“ taient que les organes, que toute leur influence ne

Tome IV. Septième Partie. - H

« dérivait que de leur emploi du moment, qu'ils n'en “ avaient point de personnelle, qu'ils ne tenaient “ nullement au sol qu'ils régissaient, ils avaient tous “ les avantages des anciensgrandsagens absolus,sans “ aucun de leurs inconvéniens. Il avait bien fallu · “ leur créer toute cette puissance, disait l'Empe- reur, je me trouvais dictateur, la force des cir“ constances le voulait ainsi, il fallait donc “ que tous les filamens, issus de moi, se trouvas6 sent en harmonie avec la cause première, sous “ peine de manquer le résultat. Le réseau gou“ vernant dont je couvris le sol requérait une fu“ rieuse tension, une prodigieuse force d'élasticité, “ si l'on voulait pouvoir faire rebondir au loin les “ terribles coups dont on nous ajustait sans cesse, “ Aussi la plupart de ces ressorts n'étaient-ils, dans “ ma pensée, que des institutions de dictature, des “ armes de guerre. Quand le temps fut venu

pour moi de relâcher les rênes, tous mes filamens “ aussi se seraient sympathiquement détendus, et 6 nous aurions alors procédé à notre établisse“ment de paix, à nos institutions locales. Si nous “ n'en avions encore aucune, c'est que la crise ne “ les admettait pas. Nous eussions infailliblement “ succombé tout d'abord, si nous en eussions été “ pourvus dès le principe. Et puis il faut le dire, " nous n'étions pas mûrs pour en faire un bon “ usage. Il ne faut pas croire que la nation fat “ déjà prête pour manier dignement sa liberté. ** La masse avait encore, dans l'education et le ca

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"ractère, trop des préjugés du temps passé. Cela " serait venu, nous nous formions chaque jour; “ mais nous avions encore beaucoup à gagner. Lors ..“ de l'explosion de la révolution, les patriotes en général se trouvèrent tels par nature, par instinct; “ ce sentiment se trouva dans leur sang, ce fut chez “ eux une passion, une frénésie; et de-la l'effer“ vescence, les excès, l'exagération de l'époque. Mais ce n'est pas à coups de massue, et par sou“ bresauts, qu'on peut naturaliser le système mo. “derne, enjouir ; il faut l'implanter dans l'éducation, “ et que ses racines s'embranchent avec la raison, “ la conviction même, ce qui doit infailliblement “ avoir lieu avec le temps, parce qu'il repose “ sur des vérités naturelles. , Mais ceux qui com" posaient les générations de nos jours, ajoutait-il, “ demeuraient si naturellement dominateurs, si “ avides du pouvoir, l'exerçaient avec tant d'im“portance, pour ne pas dire plus, et pourtant en

même-temps étaient si prêts, d'un autre côté, à “ courir au-devant de la servitude !-Nous étions “ toujours entre ces deux vices. Dans tous mes “ voyages, disait-il, j'étais constamment obligé de “dire à mes premiers officiers, placés à mes côtés : “ Mais laissez donc parler M. le préfet. Allais-je * à quelque subdivision du département, c'était .“ alors au préfet que j'étais obligé de dire : mais

“ laissez donc répondre M. le sous-préfet, ou M. le • "maire, tant chacun s'empressait d'éclipser le voi“sin, et comprenait peu le bien qui pouvait dériver

“ d'une communication directe avec moi! Envoy“ ais-je mes grands-officiers, mes ministres, pré“ sider les colléges électoraux, et leur recom"mandais-je de ne passe faire nommer candiats “ au Sénat, que cette place leur était assurée par “une autre route, et qu'il fallait laisser cette satis“ faction aux notables des provinces, ils n'en re“venaient pas moins toujours désignés.” 'Et ceci me rappelle que dans le temps un des ministres (Decrès) me racontait avoir eu avec l'Empereur précisément une prise à ce sujet. Il le grondait de så nomination. « Mais, Sire, lui répondit-il “plaisamment, votre influence est plus forte que "votre volonté, j'ai beau dire que je n'en veux “ pas, que cela vous déplaît, que vous voulez qu'ils “ se réservent ces nominations entre eux, ils ne “connaissent que votre choix, et je serai renom. “ mé tant que vous m'y enverrez."

{"J'avais,” disait encore l'Empereur, “donné des “ traitemens énormes aux préfets et autres; mais “ en fait de prodigalités de ma part, faudrait-il en“core savoir distinguer ce qui est de système ou “ de circonstance. Celles-ci me forçaient à don“ ner de gros appointemens, l'autre m'eût conduit " à obtenir gratuitement. A l'origine, lorsqu'il “ s'agissait d'attacher des individus, de recomposer

une société et des mours à l'avenant, de gros “ traitemens, une véritable fortune étaient indis“pensables ; mais le résultat obtenu, et avec le “ temps reutré dans l'ordre naturel, mon intention, 2011 in I YRE

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