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“ peine et une extrême répugnance. Il était dé“sormais bien tard,” observait-il, " pour revenir à " de pareilles entreprises .... la France commençait “ à goûter du repos...... Et il protestait surtout “ de son éloignement absolu à voir courir le moin“ dre danger au Premier Consul, devenu désor“ mais pour lui,” disait-il, “ un homme extraordi“naire et sacré, etc. etc. Après avoir vu plusieurs “ fois Louis XVIII à Mittau, l'agent revint con“ naissant tout; on arrêta M. de La Rochefou“ cault et sa bande; et s'ils savaient à qui ils le “ durent!.... etc.”

Poniatowski, le vrai Roi de Pologne.-Traits caractéristiques

sur Napoléon.-Dires épars; notes perdues. 18–19.-Nous parlions de la Pologne ébranlée à la voix de l'Empereur ; des Rois auxquels nous l'avions cru destinée : chacun nommait le sien. L'Empereur, qui avait gardé le silence, l'a interrompu en disant: “ Le vrai Roi de Pologne, c'était 66 Poniatowski: il en réunissait tous les titres, il “ en avait tous les talens.” Et il s'est tu,

Dans un autre moment, l'Empereur riait de l'importance qu'on avait mise à effacer ses emblêmes ou son chiffre sur les monumens qu'il avait créés. “On a pu,” disait-il,“ avoir eu la petitesse “ de les enlever aux regards du vulgaire ; mais on “ ne saurait les effacer des pages de l'histoire, ni “ du sentiment des connaisseurs et des artistes. “ J'ai agi différemment, ajoutait-t-il; j'ai respecté

«« tous les vestiges royaux que j'ai trouvés encore ; “j'ai même fait rétablir des fleurs de lys ou autres “ emblêmes, quand l'ordre chronologique le ré“ clamait, etc.” · A cela quelqu'un s'est permis de dire que le Prince Lucien avait montré précisément les mêmes sentimens. Logé au Palais-Royal, où l'Empereur l'avait placé à son arrivée en 1815, et frappé, en montant le bel escalier, du groupe de fleurs de lys qui tapissent la muraille, il dit à l'officier de l'Empereur, en service auprès de lui : “ Nous ôterons “ bientôt tout cela, n'est-ce pas ? Pourquoi, Mon“ seigneur ?–Mais, parce que ce sont les insignes “ de l'ennemi. — Eh bien! Monseigneur, pour« quoi ne demeureraient-elles pas nos trophées ?“ Et, vous avez bien raison,” répliqua-t-il, vivement; " car ce sont aussi mes principes et 'ma “manière de voir.”

Aujourd'hui j'ai eu peu à recueillir de l'Empereur, et malheureusement bientôt je n'aurai plus à l'entendre. Je vais remplir ce vide et celui du jour suivant, en insérant ici bien des objets que je trouve indiqués par des notes éparses sur la couverture même de mon journal d'habitude: j'y inscrivais de la sorte ce que je m'apercevais avoir oublié de mettre en son lieu, comme aussi d'anciens souvenirs quand ils me revenaient, ou bien encore des points délicats que la prudence et la circonspection commandaient à notre état de captivité;

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enfin, il s'y trouvera même des choses apprises plus tard, de sources incontestables.

Beaucoup de ces articles n'ont point de liaison entre eux: mais ils concourent tous au but constant de ce recueil, soit qu'ils démentent les couleurs mensongères sous lesquelles, dans le temps, on nous peignait Napoléon, soit qu'ils fassent ressortir, au contraire, les véritables nuances de son caractère. Puisse la lecture du Mémorial, porter ceux qui l'ont approché à consacrer de leur côté ce qu'ils en savent ou ce qu'ils en ont entendu de lui-même.

Il n'était jadis bruit que de la grande brutalité et de l'extrème violence de l’Empereur envers tout son entourage ; or, il est reconnu à présent, que tout ce qui le servait, dans son plus petit intérieur, l'adorait précisément à cause de sa bonté, et de l'excellence de son cœur. Quant à son atmosphère extérieur ; je tiens, depuis mon retour en Europe, de quelqu'un du plus haut rang, dont le nom seul suffirait pour commander la croyance, par la considération dont il jouit, et que ses fonctions attachaient constamment à la personne de l'Empereur, soit dans ses expéditions de guerre, soit dans le séjour de ses palais, qu'il ne l'a jamais vu qu'une seule fois s'emporter au point de frapper : c'était un de ses palfreniers, qui, lors de la retraite de Saint-Jean-d'Acre, se refusait à donner son cheval pour le transport des malades; lorsque lui, général en chef, avait livré le sien, et forcé tout son état-major à en faire autant. Et encore, me disait-on, il était aisé d'apercevoir dans cet acte bien plus de politique que d'impulsion naturelle; la chose se passant devant des soldats découragés, auxquels il fallait prouver le vif intérêt qu'on leur portait.

Il était habituel de répéter que Napoléon était des plus désobligeans à sa Cour, ainsi que pour ceux de son service ; qu'il n'avait jamais rien de gracieux ou d'aimable à dire à personne. Or, voici ce qu'entre autres choses, j'ai moi-même entendu: L'Empereur, à son arrivée de la désastreuse campagne de Leipsick, reçut, à une heure inusitée, les officiers de sa maison ; il se présenta à nous avec un air de tristesse. Arrivé à M. de Beauveau, je crois, lequel était à mon côté, et dont le fils, encore enfant, était parti pour cette campagne, dans les gardes d'honneur ou autrement, Napoléon lui dit: “ Votre fils s'est conduit à mer“ veille; il a fait honneur à son nom; il est blessé, “ mais ce n'est rien. Toutefois il pourra se vanter " avec orgueil d'avoir vu couler son sang de bonne “ heure pour la patrie.”

A la même époque, à un de ses levers, après avoir donné quelques ordres à mon voisin, le général Gérard, dont la réputation commençait à attirer tout à fait l'attention, il termina par quel- ; ques phrases évidemment bienveillantes, mais au fait assez obscures ; et après avoir fait quelques pas pour continuer sa tournée, il revint tout à

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coup au général Gérard, ayant lu apparemment sur sa figure qu'il ne l'avait pas compris, prononçant distinctement cette fois : “ Je disais que si “ j'avais bon nombre de gens comme vous, je “ croirais nos pertes réparées, et me considérerais

comme au-dessus de mes affaires."

C'est à la même époque que j'ai vu quel pouvait être l'ascendant moral de l'Empereur sur certains esprits, et l'espèce de culte qu'on pouvait lui porter : Un général, dont je ne sais pas le nom, grièvement blessé à la jambe, s'était traîné au lever de l'Empereur, qui, vers ce temps, en avait étendu de beaucoup la faveur. Apparemment qu'on avait instruit Napoléon que l'amputation était absolument indispensable, et que ce malheureux officier s'y refusait tout à fait, car arrivé à lui il dit : “ Comment pouvez-vous vous refuser à une opé“ ration qui doit vous conserver la vie ? Ce ne “ saurait être la crainte qui vous arrête ; vous “ vous êtes exposé si souvent dans les batailles ! “ Serait-ce le mépris de la vie ? Mais comment “ votre cour ne vous dit-il pås qu'avec une jambe “ de moins on peut encore être utile à la patrie, “ rendre de grands services à son pays ?” L'officier gardait le silence, sa figure, sa contenance étaient calmes, douces, mais négatives ; et l’Empereur, attristé, avait déjà passé plusieurs personnes, quand l'officier, semblant avoir recueilli ses forces et pris une résolution soudaine, s'avança vers l'Empereur, et lui dit : “Sire, si Votre Ma

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