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Angers, Imp. de Cosnier et Lachèse.

DE L'ANJOU.

ET

DE MAINE ET LOIRE

PUBLIÉE

sous les auspices du Conseil général du département et du Conseil municipal d'Angers

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CLAUDE MÉNARD.

Les parens de M. Ménard sont issus d'une très noble famille de Bourgogne (1). Son père, Pierre Ménard, après avoir suivi quelque temps le barreau du parlement de Paris, fut pourvu de l'office de juge de la prévôté de Saumur, vacant par l'absence de M. Le Beuf, qui s'étoit retiré en Angleterre, après la journée de la fète SaintBarthélemy, arrivée en 1572. Il avoit épousé Marie Vallier, veuve de feu M. Boileau, dont elle avoit un fils. C'étoit une digne et honnête femme d'Anjou. Après les cinq premières années de leur mariage, il en eut deux filles gemelles. Claude naquit le 7 décembre 1574. L'année suivante, ils eurent un second fils qui fut nommé Charles (2).

Les religionnaires ayant été rappelés en France, et rétablis dans leurs biens et dans leurs charges, M. Ménard quitta la ville de Saumur, et vint à Angers avec sa famille, où il acheta une charge de conseiller au présidial (3). Dans cette ville, il eut un troisième fils, nommé Denis, qui fut un parfait religieux ; l'année d'après, un quatrième, nommé Nicolas, qui a été curé à Lyon. En 1588 arrive

(1) D'après Audouys, Titres classés par familles, les Ménard, sieurs de la Pucelière, de la Barre, du Tertre et des Ruaux, portaient d'argent à une étoile d'or accompagnée de trois brins de spic de sinople, 2 et 1.

(2) Il fut conseiller du roi, et eut un fils, Nicolas M. sieur des Ruaux. Après la mort de sa femme, il se fit prêtre. Son décès eut lieu en 1648.

(3) Pierre Ménard du Tertre , ci-devant juge-prévôt à Saumur, office dont il avoit été pourvu par le roy, par la relraite d'un nommé Antoine Le Beuf, huguenot, qui, par l'édit de pacification, fut réhabilité dans son ancien office. Le roy, pour rembourser P. Ménard de l'office dont il se trouvoit exclu , créa pour lui un office de conseiller à ce siége (d'Angers), où il fut installé, nonobstant les oppositions que formèrent les officiers du présidial à sa réception dans cet office surnuméraire. Mss. Audouys. Cab. Grille, no 2820, s. 136.

rent en France les troubles de la Ligue, où chacun prit party. Claude fut envoyé avec ses frères chez les Jésuites à Paris, pour y faire leurs études. Ils y furent trois ans, pendant lesquels M. Ménard, leur père, qui étoit un des meilleurs catholiques de son temps et des plus attachés à la religion romaine, fut fait prisonnier dans la maison de justice de l'église d'Angers, en la cité, parce qu'il favorisoit la ligue (1), et ne vouloit pas reconnoître Henri IV pour roy , parce qu'il étoit hérétique. Outre les peines qu'il souffrit en prison, sa charge fut déclarée vacante. Il tomba malade. On le mit en liberté (2). Il se retira en une maison appeléc le Bellay, proche le couvent des Loges, dépendant de Fontevraux, où il décéda très chrétiennement, en l'année 1592, et fut enterré en l'église d’Alonne.

Cependant sa veuve, se voyant chargée de deux filles et quatre garçons, après avoir souffert beaucoup d'ennuy et de pertes de biens pendant la captivité de son époux, par la faveur de ses amis, se fit restituer la charge de son mary, qui avoit été confisquée. Et en ayant obtenu des lettres de provision, à la charge d'en faire pourvoir un des siens, les deux aînés n'ayant pas l'âge prescrit par les ordonnances, elle maria Marie, sa fille aînée, à un jeune geniilhomme du Lymousin, nommé Gilles de Boussac (3), qui étoit venu étudier à Angers, parce qu'il y avoit deux oncles, l'un chanoine de la cathédrale, et l'autre religieux de Saint-Serge; et luy donna, avec sa fille, l'office de conseiller en mariage : d'où il sortit plusieurs enfants qui se sont tous distingués par leur science et par leur vertu, ainsy que nous verrons ailleurs.

Claude Ménard avoit l'esprit si bouché, dans ses humanités, qu'il n'y put presque apprendre ni grec ni latin, et n'avoit aucune ouverture pour la poésie. Mais depuis que son père fut mort, sa mère l'envoya à Thoulouse, où il s'appliqua si fort à l'élude des bons li

(1) Du Tertre-Ménard, conseiller , est en effet porté sur la liste des habitants d'Angers qui ont esté en prison fermée , suivant l'ordonnance du maréchal d'Aumont, en date du 15 avril 1589. V. Journal de Louvet.

(2) Le 27 avril 1590, honorable homme Pierre Ménard intervient dans un acte passé devant Math. Grudé, notaire à Angers, comme fondé de pouvoir de son frère H. H. Mre Vincent Ménard , sieur du Tertre et de l'Angevinière. Audouys, reg. 5.

(3) 8 juin 1592, en la paroisse de Saint-Maurille d'Angers, célébration du mariage de demoiselle Marie Ménard, fille de feu N. H. Mre Pierre Ménard, vivant sieur du Tertre, conseiller au présidial d'Angers , et de dame Marie Vallier, avec Mre Gilles de Boussac, écuyer, sieur de la Barre, avocat audit Angers.

Le 27 janvier 1598, par acle passé devant Bauldry , notaire à Angers, N. H. Mre Gilles de Boussac, conseiller au siége présidial, dudit Angers , et demoiselle Marie Ménard, sa femme, se font donation mutuelle de tous leurs biens. Ibid.

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