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que mauvaise opinion que nous eussions de la bonne foi britannique, que cette perfide puissance abandomerait la Suède à son malheureux sort, et sortirait de là en donnant de nou-, velles preuves de ce que les alliés de l'Angleterre ont à attendre d'elle ; trahison et abandon. Les insurgés espagnols seront trahis et abandonnés de même lorsque l'aigle française couvrira de ses ailes toutes les Espagnes. . L'ineptie, le défaut de courage d'esprit ont fait.essuyer quelques échecs à nos armes; ils seront promptement réparés, et alors les Anglais se précipiteront sur leurs vaisseaux ; ils abandonneront leurs aHiés, et, comme à Quiberon, tireront sur les malheureux qu'ils auront laissés sur le rivage. Quant à l'Autriche, la paix sera maintenue sur le continent, parce que l'Angleterre y est sans influence. Le mépris et la haine qu'elle inspire sont communs à toutes les grandes puissances : toutes ont été ses victimes; M. Adair a été chassé de Vienne, le jour où M. de Staremberg est revenu de Londres. : Les armemens faits par l'Angleterre sous pavillon améri- . cain, qu'escortaient à Trieste des frégates anglaises, ont été repoussés et proscrits par un dernier édit de l'empereur François II. La boune intelligence n'a pas cessé de régner entre l'Autriche et la France. . Les agens obscurs que l'Angleterre solde, et qui se cachent , dans cette foule d'escrocs que poursuit la police de tous les · gouvernemens de l'Europe, ont dit à Vienne que la France allait faire la guerre à l'Autriche; et à Paris, que l'Autriche levait de nouvelles armées pour attaquer la France. Les oisifs avides de nouvelles et d'émotions, ont pu , sur ces obscures rumeurs, supposer des marches, des contremarches, et bâtir des plans de campagne aussi frivoles qu'eux ; mais les deux cabinets n'ont pas cessé d'être dans les relations les plus ami· cales.

Dans l'entrevue que l'empereur Napoléon a eue avec l'empereur François II en Moravie, l'empereur François lui promit qu'il ne lui ferait plus la guerre. Ce prince a prouvé qu'il 'tenait sa parole. Il est curieux de voir que, tandis que le cabinet d'Autriche assure et déclare qu'il est bien avec la France, que la France publie les mêmes assurances; il est curieux, disons-nous, de voir que cette faction brouillonne, qui se nourrit d'agiotage, de calomnies, de libelles, continue à jeter l'inquiétude parmi les hommes paisibles. Les affaires d'Espagne sont irrévocablement fixées ; elles sont reconnues par les grandes puissances du continent. Si l'on a été déçu dans l'espoir de conduire ces peuples à un meilleur ordre de choses, sans troubles, sans désordres, sans guerre, c'est une victoire qu'a obtenue le génie du mal sur l'esprit du bien. Du reste et en définitif, cela ne sera funeste qu'à l'Angleterre et à ses partisans. Ces vérités sont évidentes, et il n'y a pas un homme de sens à Londres qui n'en soit pénétré. Que penser de la politique et de la raison d'un cabinet qui, ayant excité la Suède contre la Russie, espérait la soutenir avec une expédition de cinq mille hommes ! Tant qu'il s'agira de calomnier, de séduire, de suborner, l'Angleterre aura l'avantage dans ce genre de guerre; mais lorsqu'il verra l'aigle le suivre de l'œil, le léopard sentira fuir sous ses pas la terre ferme, et ne trouvera de refuge que sur ses flottes et dans l'élément des tempêtes. La paix est le vœu de l'univers; les événemens qui ont changé la face du monde depuis la rupture de la paix d'Amiens, c'est à la rupture de cette paix qu'il faut les attribuer; les événemens si défavorables à l'Angleterre qui se sont passés depuis la mort de Fox, c'est à sa mort et à la rupture des négociations qu'il faut les attribuer; les changemens survenus en Europe depuis la paix de Tilsitt, c'est au refus d'accepter la médiation de la Russie qu'il faut les attribuer : ce qui arrivera encore sur le continent, de contraire à la grandeur et à l'intérêt de l'Angleterre, si la paix n'a pas lieu, il faudra l'attribuer à cette obstination folle, à cette politique aveugle et furibonde qui, malgré l'union des grandes puissances, met toujours son avenir dans les rêves d'une division impossible, et du renouvellement de coalitions qui ne peuvent exister que contre elle. C'est bien ici le lieu d'appliquer cette maxime de Cicéron, que le parti le plus politique est celui qui est le plus conforme à la justice. La continuation de la paix d'Amiens eût laissé l'Europe dans le même état. La paix que voulait Fox eût empêché la ruine de la Prusse et l'occupation des villes du Nord. L'acceptation de la médiation offerte par la Russie eût empêché les affaires de la Baltique et d'Espagne. Et si la paix n'a pas lieu dans l'année, qui peut prédire les événemens contraires a l'intérêt de l'Angleterre qui se se seront passés d'ici à un an ?

- Saint-Cloud , le 4 septembre 18o8. Message de S. M. l'empereur et roi au sénat conservateur.

Sénateurs,
Mon ministre des relations extérieures mettra sous vos

yeux les différens traités relatifs à l'Espagne, et les constitu- '

tions aeceptées par la junte espagnole.
Mon ministre de la guerre vous fera connaître les besoins
et la situation de mes armées dans les différentes parties du
monde.
Je suis résolu à pousser les affaires d'Espagne avec la plus
· grandeactivité et à détruire les armées que l'Angleterre a dé-
barquées dans ce pays.
La sécurité future de mes peuples, la prospérité du com-
merce, et la paix maritime sont également attachées à ces
importantes opérations.

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Mon alliance avec l'empereur de Russie ne laisse à l'Angleterre aucun espoir dans ses projets. Je crois à la paix du eontinent ; mais je ne veux , ni ne dois dépendre des faux calculs et des erreurs des autres cours; et puisque mes voisins augmentent leurs armées, il est de mon devoir d'augmenter les miennes. · L'empire de Constantinople est en proie aux plus affreux bouleversemens; le sultan Sélim, le meilleur empereur qu'aient eu depuis long-temps les Ottomans, vient de mourir de la main de ses propres neveux ; cette catastrophe m'a été sensible. J'impose avec confiance de nouveaux sacrifices à mes peuples ; ils sont nécessaires pour leur en épargner de plus considérables et pour nous conduire au grand résultat de la paix générale, qui doit seul être regardé comme le moment du repos. Français, je n'ai dans mes projets qu'un but, le bonheur et la sécurité de vos enfans, et, si je vous connais bien, vous vous hâterez de répondre au nouvel appel qu'exige l'intérêt de la patrie. Vous m'avez dit si souvent que vous m'aimiez ! Je reconnaîtrai la vérité de vos sentimens à l'empressement que vous mettrez à seconder des projets si intimement liés à vos plus chers intérêts, à l'honneur de l'empire et à ma gloire. Paris, le 19 septembre 18o8. Allocution à l'avant-garde des troupes de la grande ar' mée, réunie à la parade du 1 1 septembre 18o8, dans la place du Carrousel.

Soldats ! Après avoir triomphé sur les bords du Danube et de la Vistule, vous avez traversé l'Allemagne à marches forcées ;

je vous fais aujourd'hui traverser la France sans vous donmer un moment de repos.

Soldats, j'ai besoin de vous ; la présence hideuse du léopard souille les coutinens d'Espagne et du Portugal. Qu'à

votre aspect il fuie épouvanté : portons nos aigles triom

phantes jusqu'aux colonnes d'Hercule : là aussi nous avons des outrages à venger. Soldats, vous avez surpassé la renommée des armées modernes ; mais avez-vous égalé la gloire des armées de Rome, qui, dans une même campagne, triomphèrent sur le Rhin et sur l'Euphrate, en Illyrie et sur le Tage ? Une longue paix, une prospérité durable seront le prix de vos travaux; un vrai Français ne peut, ne doit prendre aucun repos jusqu'à ce que les mers soient ouvertes et affranchies. Soldats, tout ce que vous avez fait, tout ce que vous ferez encore pour le bonheur du peuple français et pour ma gloire, sera éternellement dans mon cœur.

Erfurth, le 12 octobre 18o8.

Lettre de LL.MM. les empereurs de France et de
- | Russie à S. M. le roi d'Angleterre.
Sire,

Les circonstances actuelles de l'Europe nous ont réunis à Erfurth. Notre première pensée est de céder au vœu et aux besoins de tous les peuples, et de chercher, par une prompte | pacification avec Votre Majesté, le remède le plus efficace aux malheurs qui pèsent sur toutes les nations. Nous en faisons connaître notre sincère désir à Votre Majesté par cette

présente lettre. La guerre longue et sanglante qui a déchiré le continent est terminée, sans qu'elle puisse se renouveler, Beaucoup de changemens ont eu lieu en Europe : beaucoup d'états ont été bouleversés. La cause en est dans l'état d'agitation et de mal

· heurs où la cessation du commerce maritime a placé les grands

peuples. De plus grands changemens encore peuvent avoir

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