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· " * Nous sommes autorisés à déclarer qu'il n'a été pris, pendant les conférences de Tilsitt, aucun engagement secret dont l'Angleterre puisse se plaindre, et qui la concerne en aucune manière. Pourquoi le cabinet de Londres, s'il est ins· truit d'engagemens secrets, contraires aux intérêts de l'Angleterre , ne les fait-il pas connaître ? Son manifeste deviendrait inutile, et la seule communication de ces articles secrets justifierait sa conduite aux yeux de l'Europe , et redoublerait la bonne volonté et l'énergie de tout citoyen anglais. Mais · c'est l'usage de ce gouvernement de partir d'une assertion fausse pour autoriser ses injustices, et pour chercher à justifier les vexations qu'il fait éprouver sans distinction à tous les peuples du monde. Lorsqu'il jugea convenable de ne point exécuter l'article du traité d'Amiens qui exigeait l'évacua" Cette note est une réponse aux plaintes que faisait le gouvernement anglais

sur des engagemens secrets auxquels aurait sonscrit la Russie lors du traité de Tilsitt, -

tion de Malte, il fit dire au roi dans un message au parlement : que tous les ports français étaient remplis de vaisseaux prêts à effectuer une descente en Angleterre, et l'Europe entière sait s'il y avait alors le moindre armement dans les ports de France. Lorsqu'il voulut ravir quelques millions de piastres, · que quatre frégates espagnoles rapportaient du continent de " l'Amérique, il fit un mensonge non moins grossier, pour justifier l'agression la plus honteuse. Lorsqu'enfin, il veut excuser l'inexcusable expédition de Copenhague, il a recours à des suppositions d'une fausseté évidente pour toute l'Europe. Mais si les dénégations formelles de la Russie et de la France, si l'expérience si souvent renouvelée de l'infidélité des assertions de l'Angleterre, si le défi qu'on lui fait de donner connaissance de quelque article secret du traité de Tilsitt qui serait contraire à ses intérêts, ne suffisent point pour convaincre tout hômme impartial, un très-petit nombre de ré- • flexions prouvera que l'Angleterre ne croit pas à ces engagemens secrets pris par la Russie contre elle. En effet, si le cabinet de Londres croyait qu'il existait de tels engagemens entre la France et la Russie, pourquoi, dans le moment même où il avait fait cette découverte, qui le portait à attaquer Copenhague, ne faisait-il pas attaquer l'escadre russe dans la Méditerranée, et lui permettait-il de franchir librement le détroit de Gibraltar ? Pourqûoi trois vaisseaux russes, qui venaient de la mer du Nord, traversaient ils l'escadre anglaise . qui bloquait Copenhague ? Pourquoi, s'il était vrai que des conditions secrètes eussent été stipulées à Tilsitt, au désavantage de l'Angleterre, le cabinet de Londres recourait-il à la médiation de la Russie pour concilier ses différens avec le Danemarck ? Que ses ministres soient au moins d'accord avec eux-mêmes, et qu'ils ne disent pas quelques pages plus bas ces propres mots : « Et cependant jusqu'a la publication de la déclaration russe(c'est-a-dire jusqu'en novembre), S. M.

n'avait aucune raison de soupçonner que, quelle que pût être : l'opinion de l'empereur de Russie sur les événemens de Co- . penhague, elle pût empêcher S. M. I. de se charger, à la demande de la Grande-Bretagne, de ce même rôle de médiateur. » Ainsi les Anglais ont eu recours à la médiation de la Russie pour s'arranger avec le Danemarck plus de trois mois après le traité de Tilsitt; et ils prétendent, comme on le verra encore plus bas, n'avoir fait l'expédition de Danemarck , que pour s'opposer à l'exécution des arrangemens de Tilsitt, et pour déjouer un des objets de ces arrangemens. Ils se sont emparés des vaisseaux danois, à cause des arrangemens que l'empereur de Russie avait faits à Tilsitt; ils ont laissé passer · librement les vaisseaux de l'empereur de Russie; ils étaient en paix avec la Russie, puisqu'ils avaient recours à sa médiation; il n'est donc pas vrai qu'ils crussent alors que la Rus

• sie avait pris des arrangemens contre eux ; il n'est donc pas

vrai qu'ils croient aujourd'hui que ces arrangemens ont existé. Que cette malheureuse nation est déchue ! par quels misérables conseils ses affaires sont-elles dirigées ! Ses ministres, en arrêtant un manifeste de quelques pages, n'ont pas même assez de bon sens et de réflexion pour éviter des contradictions aussi grossières. - * La bonne foi du cabinet de Londres paraît ici dans tout son jour : il espérait que l'empereur de Russie, après avoir pris des engagemens contraires à l'Angleterre, y manquerait presque aussitôt. Le gouvernement anglais en juge sans doute d'après ses propres sentimens. Il revèle son secret à toute la terre. Les traités qu'il signe ne soiit que des actes éventuels; les obligations qu'il contracte ne sont que des engagemens simulés, qu'il tient ou qu'il viole au gré de ses caprices ou de ses intérêts. Nous le répétons, l'empereur

* L'Angleterre paraissait croire que l'empereur de Russie ne tarderait pas à revenir à son système.

de Russie n'a rien signé à Tilsitt qui fût contraire aux inté

- rêts de l'Angleterre ; mais s'il l'eût sait, son caractère, sa

loyauté, n'autorisaient pas l'Angleterre à penser qu'il aurait aussitôt violé ses engagemens. Nous ne releverons pas le ton de tout ce paragraphe où on représente la Russie cédant à un moment d'alarme et d'abattement ; les Russes y répondront

| mieux que nous. Nous remarquerons seulement la différence

qui existe entre la déclaration de la Russie et la réponse de l'Angleterre. On trouve dans la première le noble langage d'un prince qui respecte le rang suprême et la dignité des nations; qui, s'il dit des faits honteux pour un état, ne les dit que parce qu'il y est forcé pour exposer ses motifs de plainte. Nous voyons au contraire, dans la réponse de l'Angleterre, la grossière insolence d'un club olygarque qui

: ne respecte rien, qui cherche à humilier par ses expressions,

et qui, au défsut de bonnes raisons, a recours à des imputations calomnieuses et à des sarcasmes outrageans. 3 - , Deux grandes nations égales en force, en courage, ver

saient des slots du plus pur de leur sang pour le seul intérêt

des oppress nrs des mers : ces calamités ont touché les deux souverains , ils ont voulu les faire cesser, et l'empereur de Russie, lors même qu'il était animé par un si puissant motif, * désiré'aire sentir a l'Angleterre les effets de son ancienne afsectiou : il a demandé que la France acceptât sa médiation, condition que la générosité de l'empereur de Russie a rendu moins pénible a l'empereur des Français. Elle pouvait l'être cependant, puisquela médiation qu'il s'agissait d'accepter était celle

| d'un prince si nouvellement réconcilié avec la France; et cette

"édiation ainsi proposée, ainsi accueillie, l'Angleterre, au lieu de l'accepter avec emplessement, a répondu à tant de géné*osité avec une défiance insultante; elle a demandé qu'avant

* Daus le paragraphe qui a motivé cette note, l'Angleterre exigeait de la

- Russie communication des prétendus articles secrets qui la concernaient,

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tout, on lui communiquât les articles secrets du traité de Tilsitt qui la concernaient ; on lui a répondu qu'il n'existait pas d'articles secrets qui la concernassent, et il aurait fallu sans doute, que l'empereur de Russie en forgeât exprès pour

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dissiper un odieux soupçon : lui qui, dans les négociations,
a eu toujours à cœur de laisser la porte ouverte aux arrange-
mens entre la France et l'Angleterre. Il n'avait pas lieu de
s'attendre à être si mal récompensé de soins si généreux. En
vérité, il est difficile de porter plus loin l'oubli de toutes les
convenances, de tout sentiment et de toute raison. -
* Les ministres de Londres manquent de mémoire d'une ma-
nière bien étrange. S'ils voulaient persuader à l'Europe qu'ils
n'avaient aucune liaison avec la Russie lorsque la guerre a
éclaté entre la France et la Prusse, il fallait effacer de tous
les souvenirs, retirer de tous les documens publics, les pièces
qu'ils firent imprimer sur les événemens de 18o5. Ces pièces
· publiées par l'Angleterre, ont appris que le cabinet de Lon-
dres, pour éloigner l'orage qui se préparait à Boulogne, fit
alors un traité avec la Russie et l'Autriche. Ce fut contre l'o-
pinion du prince Charles et de tous les hommes éclairés,
qu'une armée autrichienne se précipita sur l'Iller. La faction
que le gouvernement anglais avait alors à Vienne, n'examina
pas s'il convenait aux puissances de la coalition d'attendre '
que les troupes russes fussent réunies aux troupes autrichien-
mes : ce retard de trois mois effrayait l'Angletefre; les longues
. nuits de l'automne la menaçaient d'un trop grand péril, et
Cobentzel envoya la note qui décidait la guerre, au moment
même où l'armée de Boulogne était embarquée ; et Mack fi-
nissait ses destins à Ulm, tandis que les Russes étaient encore
en Pologne.Lorsqu'on peut répondre à l'Angleterre par des
faits aussi publics, comment nierait-elle que c'est pour elle,

4 L'Angleterre se défend d'avoir eu, plus que la Russie, un intérêt immédiat 8 , plus q

• à la guerre de Prusse.

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