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fait. Roussel, seul contre sept ou huit personnes, aurait passé un mauvais quart-d'heure, si un officier russe, survenant à l'instaut, ne se fût jeté devant lui le sabre à la main : c'est notre prisonnier, dit-il, et non le vôtre; il a raison, et vous outragez lâchement le premier capitaine de l'Europe.Avant de frapper ce brave homme, il vous faudra passer sur mon corps. - - *.

En général, autant les prisonniers français se louent des Russes, autant ils se plaignent des Prussiens, surtout du gé

néral Ruchel, officier aussi méchant et fanfaron qu'il est

inepte et ignorant sur le champ de bataille. Des corps prus- . siens qui se trouvaient à la journée d'Iéna, le sien est celui qui s'est le moins bravement comporté.

En entrant à Kœnigsberg, on a trouvé aux galères un caporal français qui y avait été jeté, parce qu'entendant les sectateurs de Ruchel parler mal de l'empereur, il s'était emporté et avait déclaré ne pas vouloir le souffrir en sa présence.

Le général Victor, qui fut fait prisonnier dans une chaise de poste par un guet-à-pens, a eu aussi à se plaindre du traitement qu'il a reçu du général Ruchel, qui était gouverneur de Kœnigsberg. C'est cependant le même Ruchel qui, blessé grièvement a la bataille d'Iéna, fut accablé de bons traitemens par les Français; c'est lui qu'on laissa libre, et à qui, au lieu d'envoyer des gardes comme on devait le faire, on envoya des chirurgiens. Heureusement que le nombre des hommes auxquels il faut se repentir d'avoir fait du bien, n'est pas grand. Quoi qu'en disent les misantropes, les ingrats et les pervers forment une exception dans l'espèce humaine.

Dresde, le 18 juillet 18 17.

S. M. l'empereur est parti de Kœnigsbergle 13 à six heures du soir; il est arrivé le 14 à midi à Marienwerder, où il s'est arrêté pendant uue heure.

Il a passé à Posen le 14, à dix heures du soir; il s'y est reposé deux heures; il y a reçu les autorités du gouvernement polonais. - Il est arrivé a Glogau le 16 à midi, et le 17, à sept heures du matin, à Bautzen, première ville du royaume de Saxe, où il a été reçu par le roi. Ces deux souverains se sont entretenus un moment dans la maison de l'évêché. Le roi est monté dans la voiture de l'em pereur; ils sont arrivés ensemble à Dresde et sont descendus au palais. - Aujourd'hui à six heures du matin, l'empereur est monté à cheval pour parcourir les environs de Dresde. Les sentimens que S. M. a trouvés en Saxe sont semblables à ceux qui lui ont été exprimés sur toute sa route en Pologne; un immense concours de peuple était partout sur son passage.

Paris , le 12 août 18o7.

Réponse de l'empereur à une députation du royaume

d'Italie.

« J'agrée les sentimens que vous m'exprimez au nom de mes peuples d'Italie. J'ai éprouvé une joie particulière dans le cours de la campagne dernière, de la conduite distinguée qu'ont tenue mes troupes italiennes. Pour la première fois, depuis bien des siècles, les Italiens se sont montrés avec honmeur sur le grand théâtre du monde : j'espère qu'un si heureux commencement excitera l'émulation de la nation; que les femmes elles-mêmes renverront d'auprès d'elle cette jeunesse oisive qui languit dans leurs boudoirs, ou du moins ne les recevront que lorsqu'ils seront couverts d'honorables cicatrices. Du reste, j'espère avant l'hiver aller faire un tour dans mes Etats d'Italie, et je me fais un plaisir tout particulier de me trouver au milieu des habitans de ma bonne

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» La France est unie aux peuples de l'Allemagne par fes lois de la confedération du Rhin, à ceux des Espagnes , de - la Hollande , de la Suisse et des Italies, par les lois de notre système fédératif. Nos nouveaux rapports avec la Russie sont cimentés par l'estime réciproque de ces deux grandes nations. » Dans tout ce que j'ai fait, j'ai eu uniquement en vue le bonheur de mes peuples, plus cher à mes yeux que ma propre gloire. , » Je désire la paix maritime.Aucun ressentiment n'insluera jamais sur mes déterminations : je n'en saurais avoir contre une nation, jouet et victime des partis qui la déchirent, et trompée sur la situation de ses affaires, comme sur celle de ses voisins. - " '» Mais quellé que soit l'issue que les décrets de la Providence aient assignée à la guerre maritime, mes peuples me trouveront toujours le même, et je trouverai toujours mes peuples dignes de moi. » Français, votre conduite dans ces derniers temps, où votre empereur était éloigné de plus de cinq cents lieues , a augmenté mon estime et l'opinion que j'avais conçue de votre caractère. Je me suis senti fier d'être le premier parmi vous— Si, pendant ces dix mois d'absence et de périls, j'ai été présent à votre pensée, les marques d'amour que vous m'avez données ont excité constamment mes plus vives émotions. · Toutes mes sollicitudes, tout ce qui pouvait avoir rapport même à la conservation de ma personne, ne me touchaient que par l'intérêt que vous y portiez et par l'importance dont elles pouvaient être pour vos futures destinée. Vous êtes un bon et grand peuple. » J'ai médité différentes dispositions pour simplifier et perfectionner nos institutions. » La nation a éprouvé les plus heureux effets de l'établissement de la légion d'honneur. J'ai créé différens titres im

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périaux pour donner un nouvel éclat aux principaux de mes sujets, pour honorer d'éclatans services par d'éclatantes récompenses, et aussi pour empêcher le retour de tout titre féodal, incompatible avec nos constitutions. » Les comptes de mes ministres des finances et du trésor public vous feront connaître l'état prospère de nos finances. Mes peuples éprouveront une considérable décharge sur la contribution foncière. » Mon ministre de l'intérieur vous fera connaître les travaux qui ont été commencés ou finis; mais ce qui reste à faire est bien plus important encore, car je veux que dans tontes les parties de mon empire , même dans le plus petit hameau, l'aisance des citoyens et la valeur des terres se trouvent augmentées par l'effet du système général d'amélioration que j'ai conçu. » Messieurs les députés des départemens au corps législatif, votre assistance me sera nécessaire pour arriver à ce grand résultat, et j'ai le droit d'y compter constamment.-»

Paris, le 19 août 18o7. Décret qui supprima le tribunat.

ART. 1". A l'avenir, et à compter de la fin de la session qui va s'ouvrir, la discussion préalable des lois qui est faite par les sections du tribunat, le sera, pendant la durée de chaque session, par trois commissions du corps législatif, sous le titre, la première, de commission de législation civile et criminelle ; la seconde, de commission d'administration intérieure; la troisième, de commission des finances.

2. Chacune de ces commissions délibérera séparément et sans assistans; elle sera composée de sept membres nommés | par le corps législatif, au scrutin secret et a la majorité absolue des voix. Le président sera nommé par l'empereur,

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| soit parmi les membres de la commission, soit parmi les autrès membres du corps législatif. 3. La forme du scrutin sera dirigée de manière qu'il y ait, autant qu'il sera possible, quatre jurisconsultes dans la commission de législation. 4. En cas de discordance d'opinion entre la section du conseil d'état, qui aura rédigé le projet de loi, et la commission compétente du corps législatif, l'une et l'autre se réuniront en conférence, sous la présidence de l'archi-chancelier de l'empire, ou de l'archi-trésorier, suivant la nature des objets à examiner. 5. Si les conseillers d'état et les membres de la commission du corps-législatif sont du même avis, le président de la commission sera entendu, après que l'orateur du conseil d'état aura exposé devant le corps législatif les motifs de la loi. , 6. Lorsque la commission se décidera contre le projet de | loi, tous les membres de la commission auront la faculté d'exposer devant le corps législatif les motifs de leur opinion. 7, Les membres de la commission qui auront discuté un projet de loi seront admis, comme les autres membres du corps législatif, à voter sur le projet. 8. Lorsque les circonstances donneront lieu à l'examen de quelque projet d'une importance particulière, il sera loisible à l'empereur d'appeler, dans l'intervalle de deux sessions, les membres du corps législatif nécessaires pour former les commissions, lesquelles proeéderont, de suite, à la discussion préalable du projet : ces commissions se trouveront nommées pour la session prochaine. 9. Les membres du tribunat qui, aux termes de l'acte du sénat conservateur, en date du 17 fructidor an 1o, devaient rester jusqu'en l'an 19, et dont les pouvoirs avaient été, par - l'article 69 de l'acte des constitutions de l'empire, du 28 flo

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