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which is so appropriately inscribed, ' Le Roi gouverne par lui-même;' and the language of many of their political writers at this day shows how wholly the safety and convenience of the doctrine of ministerial responsibility is misunderstood by them. The vanity, indeed, of the whole nation makes common cause with the vanity of the Sovereign; and they could more easily dispense with a King altogether, than retain him on a reduced allowance of that prostration which, from habit, it has become a sort of second nature in them to pay. As long as this old • Grand Monarque' feeling exists, it must stand considerably in the way of all advances towards a free and manly tone of political thinking. We have quite enough of such deference to the corporeal part of Royalty among ourselves; but in France the Monarch, in person, meets you every where. His wishes enter into the concoction of every public measure; and there is not a public institution that is not warped by this habitual inclination towards his will;-just as the women of the Grand Turk's seraglio, from their habit of leaning towards their lord, are said to grow crooked on the side at which the Sultan sits.

The author of the work, which has led us into these few general observations, gives the following explanation of his motives and design in writing it:

* J'ai voulu, dans les lettres que je publie, tracer en riant une sorte de Cours d'administration,

· Le libraire les a fait imprimer, parce qu'il les croit amusantes ; moi, parce que je les crois utiles.

• L'administration envahit tout ; les administrateurs pullulent; et pourtant les quatre-vingt-dix-neuf vingtièmes de la population igno rent complétement quelle est la nature de cette force motrice qui, nous poussant, à coups d'ordonnances, de règlemens et d'arrêtés, nous contraint à marcher droit sur la grande route de l'obéissance.

• C'est une étude à faire : soyons moutons, je le veux bien ; marchons docilement et en troupeaux, puisqu'il y a néeessité à produire de la laine, surtout puisqu'il faut paître, et paître dans les champs permis ; mais, moutons observateurs, sachons au moins quelle longueur ont les houlettes de nos bergers ; quand et pourquoi ils lancent contre nous leurs chiens dévoués; et, săil est de notre destinée d'être tondus, apprenons du moins l'art de brouter opportunément, et de bêler à propos.

· Elle est innombrable la foule de gens qui paient leurs impôts et qui ignorent quelle est la puissance chargée d'ouvrir leur bourse de gré ou de force ; ils ne savent pas le moins du monde par qui est mise en jeu cette grande machine ou vont s'engloutir des portions de leur argent dans des trous appelés douane, octroi, impôt foncier, por, tes et fenêtres, patente, timbre, loterie, etc.; ce sont autant de cassecous dont ils ne connaissent point la profondeur, Qui les y pousse

neaux.

Peu leur importe : ils savent de père en fils qu'il y faut tomber, voilà tout. Leurs devoirs militaires, civils et politiques, ils les remplissent sous l'empire de la même ignorance.

N'apercevez-vous pas qu'il y a derriere tout cela des ministres, des directeurs et des commis ? des préfets, des procureurs du roi, des gendarmes et des commissaires de police ? N'est-il pas à propos d'apprendre comment ces bergers-la se comportent? De savoir comment ils nous parquent, nous marquent et nous comptent ? Vous sentez qu'il peut y en avoir de sorciers, ou plutot de donneurs de sorts ; on en peut rencontrer qui dérobent le lait des brebis, qui leur tondent la laine sur le dos, et coupent même le cou à quelques ago

J'ai voulu faire connaître l'importance, la fainéantise, la cupi. dité et l'égoïsme de la plupart de ces bergers ; mais, au lieu de monter en chaire et d'affubler la critique de la robe noire et du bonnet carré, je l'ai habillée à la légère.

In proceeding to sketch the manner and habits of official personages, he begins, in due order, with the Minister, and describes to us all that is characteristic in his house and establishment. During the revolutionary times, it was not unusual to convert old convents into places of residence for the ministers. But this profane usurpation no longer exists. The religious corporations having resumed their rights, these houses are now restored to their former purposes; holy water has purified away all official stains; the bureaus have been regenerated into cells and confessionals; and, where the Chiefs of Finance and Diplomacy brandished their unholy pens, some well-fed Congregationist, like the Hero of the Lutrin, now

• Chante les Oremus, fait des processions,

Et répand à grands flots les benedictions.' The following picture of an unlucky minister, who, after superintending the construction of a new mansion for himself and suite, is--just as he has completed it to his heart's content-dismissed, affords a lesson on ihe mutability of ministerial affairs, which might well make some of the new-dwellers of DowningStreet tremble in their tenements :

Cette restitution aux congrégations, des domaines que le service de l'état avait envahis, a conduit à la nécessité des constructions, néces:ité ruineuse pour les budgets, surtout pour les contribuables, mais très-profitable aux architectes des ministères. Dans ces cas fréquens, le dlan de construction est ordinairement tracé par le ministre en place, qui travaille, en cela, pour son successeur. Ceci fournirait matière à une excellente comédie. Il faut voir avec quel soin Son Excellence recommande l'antichambre, la salle à manger, le petit salon, le grand salon, et l'escalier dérobé. Jusqu'à ce que le plan soit bien arrêté, les affaires d'état sont mises à l'arriéré. Madame est consultée, et prévoit aussi pour les aises de la femme du prochain mis nistre. Le grand jour la fatigue : les carreaux du boudoir seront en verre dépoli. Elle tient à communiquer avec ses enfans sans traverser les grands appartemens? Vite, un escalier en colimaçon est percé dans le petit corps de logis. Il faut que la nourrice et la femme de chambre aient deux appartemens voisins. C'est l'affaire d'une aile à ajouter au bâtiment du nord. Les maçons ont fini, la menui. serie et la serrurerie sont achevées, les peintures sont sèches et ne donnent plus d'odeur ; le déménagement a commencé. Arrive la fa. tale ordonnance qui nomme le successeur : il n'a rien à apporter que son bonnet de nuit ; son prédécesseur a pensé à tout.'

He then describes, with some liveliness, the mansion of his excellence :

· Avant de loger les bureaux, il faut loger le ministre et sa suite. Cela exige tout un hôtel. La porte est cochère, cela va sans dire : à droite et à gauche sont plantés des supports qui datent de 1793, et qui, depuis cette époque, ont reçu des lampions en l'honneur de tous les gouvernemens ; car les lampions ne se sont point encore avisés d'avoir d'opinion : ils brûlent pour tout le monde. Au-dessus de cette porte courent ordinairement quelques vieilles sculptures; souvent des Hercules avec leurs massues ; quelquefois des Libertes qu'on a depuis décoiffées, conceptions republicaines que l'on doit à des sculpteurs dont le ciseau converti produit aujourd'hui des saint Jean-Baptiste et des apôtres. Dans quelque coin de la corniche, on distingue les restes d'une inscription en lettres rouges, que le temps a insultées ; l'oeil a bientôt completé leurs contours, et lit avec facilité ces mots : Propriété nationale à vendre. On entre, et l'on voit, attenant au massif de la porte, un petit pavillon de nouvelle construction, qui est destiné au logement du suisse : ce pavillon se compose de deux pièces par bas, et de deux chambrettes à l'étage supérieur; il y a de la quoi loger le suisse et sa femme.

• La cour est spacieuse : cinquante carroses y tiennent à l'aise. Là, un brin d'herbe ne s'aviserait pas de demander l'hospitalité au petit intervalle qui sépare deux pavés : il serait à l'instant foulé par un pied de cheval ou de soliciteur. L'herbe a de l'instinct, et n'ose pousser que dans la cour d'un hôpital ou d'une bibliothéque.'

The feelings of a dismissed minister on leaving his official residence—that moment, when

· Soul and body rive not more at parting

Than greatness going off'are touched upon with suitable pathos, and the occupations of the fallen functionary on the night previous to his decampment are thus described :-

• Un feu des plus actifs a été allumé dans le cabinet du ministre; I s'y est enfermé avec son secrétaire intime. Là tous deux passent une partie de la nuit à faire une revue générale des cartons et des papiers. Cette opération est importante ; elle a ses règles et ses principes. On fait trois tas :-papiers inutiles ; papiers à emporter; papiers à brûler.

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• On range parmi les papiers inutiles les vues d'améliorations et les projets d'économie. On laisse toujours cela à son successeur.

Les papiers à emporter se composent de rapports confidentiels sur le personnel, et principalement de notes sècretes. On n'a dit que la vérité, mais alors on était payé pour cela, et il ne faut pas se faire d'ennemis gratis. On emporte encore, et cela très-soigneusement, des protestations faites au ministre en place par M. le duc, par madame la duchesse. On no sait pas ce qui peut arriver, et ces témoignageslà, dans une autre occasion, serviront de points d'appui. Enfin on emporte certains travaux d'ensemble, ouvrage de quelque bon commis, ou sont analysées toutes les ressources du ministère, et qui pourront, au besoin, aider à la critique de l'administration du nou. veau ministre.

« On brûle une multitude de petites situations, de petits états qui mettraient trop promptement le successeur au courant du travail ; on brûle la minute d'un discours inédit de son excellence à la chambre des députés; on brûle un projet de réglement sur le rappel a l'ordre, le manuscrit d'une petite brochure sur les inconvéniens des chambres parlantes, une foule de documens où les circonstances nouvelles semblent faire ressortir des contradictions ; on brûle enfin des demandes de places et des denonciations. La flamme s'élance de tous côtés : c'est un feu d'enfer.

• Voilà comme un ministre disgracié met de l'ordre dans ses pa. piers. Il a fini. Cinq heures du matin viennent de sonner. Son Excellence tombe sur le canapé du cabinet particulier, et, pour la première fois, le duvet de son double coussin lui semble dur. Pendant deux heures, elle se retourne sur le dos, sur l'estomac, sur les fancs gauche et droit pour chercher le sommeil ; elle allait dormir lorsqu'arrive le réveil-matin qui voici :

• Louis, par la grâce de Dieu, etc. (Suit l'acceptation de la de mission.)

• Louis, par la grâce de Dieu, etc. (Suit la nomination du nouveau ministre.)

• La partie officielle du Moniteur a appris au monde bien des désastres ; mais jamais elle n'en a fait retentir aux oreilles d'un ministre de plus épouvantables que ceux qu'il trouve dans ces ordonnances de remplacemens. Combien ont lu le vingt-neuvième bulletin d'un æil sec, qui ont senti leurs larmes couler pour un nom mis à la place du leur ! On apprend sans frémir l'anéantissement de cent cinquante mille hommes, mais la perte de cent cinquante mille francs se peut-elle supporter?

• Il est sept heures du matin. Le ministre a déjà relu deux fois les deux ordonnances. Ce n'est qu'un protocole, et cependant chaque mot, chaque virgule, fournit à son mécontentement le sujet d'un long commentaire. Il y a long-temps qu'il ne s'impose aucune contrainte devant son secrétaire intime.

Il s'explique à peu près en ces termes sur l'une et l'autre ordonnance, en forçant le Moni.

Il n'y

teur, qu'il mutile entre ses doigts, à subir lés mille tortures dont son âme est déchirée ;

Nous avons ordonné ! Croirai-je jamais que ce soit le roi qui ait ordonné cette injustice ? Il fallait mettre, l'intrigue a ordonné. Qu'en pensez-vous, monsieur ?- Ah ! Monseigneur !--Je sais d'où part le coup; il vient du Comte que ma fermeté incommode ; moi seul lui résistais au conseil ; tous les autres saluent son avis. avait de tête que sur mes épaules. Les sots n'ont pas vu qu'ils ne tenaient que par moi ; il les fera sauter tous; il les ménage encore ; mais une fois qu'il tiendra le budget. Croiriez-vous qu'il tranche du diplomate ? Il m'a serré la main hier ; mais ma destitution était écrite dans ses regards, et je l'avais devinée.—Qui pourra, après Monseigneur, supporter le fardeau d'un ministère si important? Moi? j'en suis incapable : lisez l'ordonnance: ma santé ne me permet pas. Quelle insultante ironie ! Je vous demande si jamais je me suis mieux porté. Ai-je rien dit, rien fait qui pût faire soupçon. ner que je fusse malade ? M'a-t-on vu, pendant la session interrompre mes dîners ? N'en ai-je pas donné six par semaine ? Certes, j'y. prêchais d'exemple et ne faisais point, comme tant d'autres, semblant de manger ; mais remarquez ceci ; ayant agrée la démission. Vous me connaissez ; m'avez vous entendu quelquefois parler de démission ?Jamais, Monseigneur.--Jamais : mon dévouement était trop connu, trop éprouvé ; j'aurais péri au poste ou la confiance du roi m'avait appelé. Plutôt que de donner ma démission, on m'aurait arraché du ministère, oui, monsieur, arraché en morceaux.--Le courage de Monseigneur est connu.--Et c'est le président du conseil des mi. nistres qui se charge (montrant le Moniteur), vous le voyez, ce n'est pas moi qui l'invente, qui se charge d'exécuter cette ordonnance ! Son nom n'est là que pour la forme.--Donné à Paris, au château des Tuileries ! il fallait mettre : donné rue d.... à l'hôtel du comte. Au surplus, c'est à tort que je m'offenserais ; cette seconde ordon: nance justifie la première. Quand monsieur. ... arrive au ministère, il est clair que je ne saurais y demeurer. Vous connaissez sans doute les titres de mon successeur ?--Monseigneur,...--Eh ! qui ne les connaît pas ? ils datent de 93, de la Convention et du Conseil des cinq cents; voué ensuite au Directoire, le premier consul en a hérité, puis Napoléon, puis le gouvernement royal, puis encore Napoléon, puis encore le gouvernement royal,

• Cette biographie impromptu du successeur a soulagé le cæur de Son Excellence ; pendant ce discours, le Moniteur, qui n'en peut mais, s'est changé, sous ses doitgs, en une boule parfaite ; elle échappe aux mains de Son Excellence qui, se trovant ainsi sans occupation, retombe dans un accès de tendresse pour son secrétaire intime,

. En quittant le ministère, je compte, lui-dit-elle, au nombre de mes chagrins les plus cuisans, celui que j'éprouve à me séparer de

Je vous ai ménagé un abri. Voici votre nomination de chef de bureau : elle est datée d'hier. ( Avec un soupir).

(Avec un soupir). J'étais encore ministre !'

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vous.

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