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COMMISSION DES FONDS.

MM. GARCIN DE Tassy.

PAUTHIER.
BARBIER DE MEYNARD.

CENSEURS.

MM. GUIGNIAUT.

SANGUINETTI.

MEMBRES DU CONSEIL.

MM. DEFRÉMERY.

BRÉAL.
J. DERENBOURG.
Le marquis D'HERVEY de Saint-Denys.
SEDILLOT.
De KHANIKOF.
GARREZ.
ZOTENBERG.
L'abbé Bargès.
DUGAT.
FOUCAUX.
SANGUINETTI.
GUIGNIAUT.
BRUNET DE PRESLE.
Charles ScheFER.
FEER.
LANCEREAU.
PAVET DE COURTEILLE.
De Slane.
DULAURIER.

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Messieurs, C'est pour la première fois que la Société asiatique tient aujourd'hui sa séance annuelle dans un local affecté à ses travaux par la munificence de l'État. Je vous ai raconté l'an dernier comment votre bureau avait obtenu de M. Jules Simon, ministre de l'instruction publique, la promesse d'un appartement depuis longtemps vacant dans le palais du Luxembourg, et comment les funestes événements de la Commune avaient arrêté l'effet de cette promesse. L'appartement dont il s'agit, en effet , s'est trouvé indispensable aux services de la Ville, provisoirement installés dans ce palais. Je vous laissais espérer néanmoins qu'après l'emmenagement complet des bureaux de la Ville, il serait possible qu'on nous affectât dans le même bâtiment quelques pièces suffisantes pour contenir notre bibliothèque et servir à nos séances. Grâce à M. Léon Say, préfet de la Seine, nos espérances ont été dépassées. Avec un empressement dont nous ne pouvons assez le remercier, M. Say a bien voulu mettre à notre disposition le local où vous êtes, et qui, bien que plus modeste, nous convient à quelques égards mieux que l'appartement qui nous avait d'abord été assigné. L'administrateur excellent, l'homme éclairé que Paris a trouvé pour réparer ses désastres, devra, Messieurs, occuper la première place parmi les bienfaiteurs de notre Société. N'est-il pas consolant de songer qu'au lendemain d'une crise effroyable, une ville si cruellement éprouvée ait su , grâce à l'esprit libéral de son administratiou, trouver moyen de donner l'hospitalité, dans les débris qui lui restent et où elle est campée plutôt que logée, à une Compagnie comme la nôtre, vouée aux travaux les plus obscurs, les moins susceptibles d'être appréciés du grand public ? Cette faveur, du reste, Messieurs, permettez-moi de vous le dire, vous l'avez méritée. Pas une fois, depuis un demi-siècle que vous existez, vous n'avez failli à votre devoir. La recherche de la vérité pour ellemême a été votre but unique ; tout en professant les opinions les plus diverses en politique, en philosophie, vous n'avez dans la science qu'un seul esprit. Vous avez été le modèle des sociétés savantes, et jamais vous n'avez été une coterie. La Société asiatique n'a fait arriver personne; elle n'a servi de piédestal à personne; et c'est justement pour cela qu'elle a tant contribué au progrès de la science et qu'elle laissera dans l'histoire des lettres orientales une trace qui ne s'effacera pas.

Votre activité scientifique s'est appliquée à réparer les lacunes inévitables que l'année fatale 1870-1871 avait causées dans vos travaux. Votre journal a rarement été plus au courant ; un volume important, dont je parlerai bientôt, est venu se joindre à la série de votre Collection orientale. Dans presque toutes les branches, des essais solides se sont produits en votre sein; quelques résultats nou veaux très-importants ont été atteints ou se laissent entrevoir.

Ces belles études de philologie et de mythologie comparée qui, depuis quinze ans, ont conquis une faveur universelle et tiennent attentifs tous les esprits curieux, n'ont pas langui. La Société de linguistique de Paris, dans ses Mémoires et dans son Bulletin', a publié diverses notes de M. Michel Bréal,

| Mémoires de la Société de linguistique de Paris, t. I, 4o fasc., p. 293-436; Bulletin de la même Société, no 3, 4, p. LXXVII-CXIII; n° 5, p. 1-XX; Paris, librairie Franck, 1871, in-8°. Voir aussi Revue critique, 20 janvier 1872 (article de M. Bergaigne); 30 mars 1872 (article de M. Bréal).

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de M. Frédéric Baudry, de M. Francis Meunier, de M. Siegfried Goldschmidt sur quelques-unes des plus fines particularités de la phonétique et de la mythologie aryennes. On lira en particulier, avec le soin qu'elles méritent, les pages où M. Baudry a cherché à défendre l'opinion de M. Kuhn sur ljdentité du nom de Prométhée avec celui du pramantha védique,, contre les objections qu'on y a opposées. L'identité des deux mythes est admise par tout le monde ; quant à l'identité des deux mots, M. Baudry pense qu'on peut aussi l'admettre sans offenser les règles de la bonne philologie. Dans la Revue de linguistique et de philologie comparée', M. Chavée, M. Girard de Rialle, M. Charles Ploix, M. Hovelacque ont traité des questions du même ordre avec non moins de zèle et d'amour de la vérité. Il serait injuste de méconnaître les bons effets que les écrits de M. Max Müller ont eus sur le progrès de ces recherches parmi nous. Le nouveau volume d'essais de ce philologue, dont M. Harris vient de publier la traduction ?, continuera d'exciter vivement la pensée et d'exercer une salutaire influence, pourvu qu'on sache y faire la part de la science objective et des vues personnelles, quelquefois très-particulières, de l'auteur, pourvu sur

Paris, Maisonneuve, t. IV, fasc. 2 et 3, p.97-320, in-8'. Y joindre Hovelacque, Instruction pour l'étude élémentaire de la linguistique indo-européenne. Paris, Maisonneuve, 131 pages in:12, 1871.

2 Essais sur l'histoire des religions. Paris, Didier, xliv-527 pages in-8°, 1872.

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