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toire. Il fit aussi l'opposition la plus vive à la journée du 18 brumaire, et fut placé sur la liste des membres exclus. Mais sa disgrâce ne fut pas de longue durée, car le gouvernement consulaire le nomma juge du même tribunal où il avait rempli les fonctions de commissaire du Directoire. C'est en cette qualité que, chargé de répondre au ministre de la justice sur le projet du code de commerce, il lui adressa des observations qui ont beaucoup servi à la rédaction de ce code, et qui ont été imprimées sous ce titre : Observations sur le code de commerce, adressées aux tribunaux. Lors de la réorganisation de l'ordre judiciaire en 1811 , il devint conseiller à la cour impériale de Rennes. Doyen de cette cour en 1828, ce fut lui qui rédigea les observations sur le projet de loi du titre des faillites. Il mourut en 1830. BoULAYE (la), ancienne baronnie de Bourgogne (aujourd'hui département de Saône-et-Loire), à vingt-deux kilomètres sud-ouest d'Autun, érigée en marquisat en 1720. BoULBON, ancienne vicomté de Provence (aujourd'hui département des Bouches-du-Rhône), à six kilomètres nord-est de Tarascon, érigée en comté en 1608. BoULE (André-Charles), artiste, né à Paris en 1642, mort en 1732, devenu justement célèbre par le talent admirable qu'il déploya dans la fabrication et dans l'ornementation des meubles. A une science profonde du dessin il joignait un excellent goût.Ses meubles sont ornés de bronzes de formes sévères et élégantes, de mosaïques formées de bois de différentes couleurs, de cuivre et d'ivoire. Il fut nommé par Louis XIV graveur ordinaire du sceau, etil est qualifié, dans le brevet qui luifut délivré, d'architecte, peintre, sculpteur en mosaïque et inventeur de chiffres. Le genre de Boule, espèce de style renaissance, fut remplacé à la fin du dix-huitième siècle, par un style appelé grec, qui excluait tout ornement, et dont la roideur et le nu absolu étaient les caractères principaux.

L'ébénisterie abandonne maintenant ce mauvais goût pour en revenir à celui que Boule avait mis en vogue; mais il est à craindre que la manie des ornements ne dégénère en profusion, et ne rende, dans un autre genre, le style moderne aussi mauvais que celui de l'empire. Nous devons dire cependant que l'exposition de 1839 pré. sentait des meubles dans le genre de Boule d'un goût parfait. (Voy. EBÉNISTERIE.) BoULÉE (Étienne-Louis), architecte, né à Paris le 12 février 1728, étudia à l'école de Lejai, mais se forma surtout d'après l'antique. Il commença une réaction contre le genre contourné et mesquin de l'architecture de LouisXV, et doit surtout être signalé parmi ceux qui firent prévaloir les règlesde l'architecture antique, et qui ramenèrent le goût de la sévérité et de lanoblesse, trop souvent négligées dans les constructions du dix-huitième siècle. C'est tout à la fois par son enseigntment et par ses travaux que Boulet exerça une influence considérable, Parmi ses élèves , nous citerons MM. Brongniart, Chalgrin, Durand, etc. Dans le nombre des monuments qui sont dus à ses plans , nous mentionnerons l'hôtel de Brunoy aux Champs Élysées, le château de Tassé à Ciao ville, celui de Chanvri à Montmorency, et celui du Péreux. Mais c'est surt0ut dans ses projets et dans les manus crits qu'il n'a pas eu le temps de ré nir pour en former une œuvre c0mlplète d'architecture, qu'éclate toute la puissance de son génie. Boulée tsl mort le 6 février 1799. BoULÈNE , ville et seigneurie du comtat Venaissin, à 7 kilomètresn0rl d'Avignon. BoULENGER (Jules-César), fils de Pierre Boulenger, naquit à Loudunes 1558, et mourut à Cahors en 1628, après avoir donné en latin une Hio toire de son temps, Lyon, 1619, io fol.; elle commence à l'an 1559, et finit en 1610. On a de lui en outre un grand nombre de savants ouvrages , ento autres : De Imperatore et impero romano, Lyon, 1618, in-fol.i De l* signibusgentilitiis ducum lotharingorum, Pise, 1617, in-4°; et beaucoup d'opuscules imprimés d'abord séparément, et réimprimés depuis dans les antiquités grecques et romaines de Graevius. BoULENGER (Pierre), célèbre grammairien, né à Troyes en Champagne, professa successivement la langue grecque et la langue latine à Loudun et la théologie à l'université de Pise. Il mourut dans cette ville en 1598. On a de lui une Histoire de France, restée manuscrite; de petits Traités de piété et un Discours imprimé en 1566. BoULET, projectile sphérique avec lequel on charge les canons. Sous le règne de Charles VI, vers l'an 1385, on Se † de boulets de grès, et ce fut seulement en 1400 qu'on leur substitua les boulets en métal. Sous Louis XI, en 1470, il y en avait en plomb et en fonte de fer. Depuis, on n'a plus em- † que ce dernier métal. Les bouets sont pleins ou creux. Les boulets pleins servent à détruire les batteries etles remparts d'une ville assiégée, les retranchements de campagne, à porter le ravage dans les troupes ennemies, etc.Les boulets creux sont principalement destinés à la défense des côtes. Les boulets creux ne sont autre chose que des obus sans culot que l'on ensabote pour les tirer, afin d'éviter de casser leur fusée et de les faire éclater en sortant du canon. Les boulets creux étaient autrefois des boîtes de fer longues d'environ deux calibres et demi , et du diamètre du calibre de la pièce. Ces boîtes renfermaient des artifices, des balles, de la ferraille, etc. Elles avaient une fusée en cuivre entrant à vis dans un écrou, et chargée comme celle des bombes. « Toutes les fois, dit Surirey de Saint| Remy, que l'on a fait l'épreuve de Ces boulets creux, ils ont crevé en l'air, ou ils ne sont allés frapper la butte ou le blanc que par le travers, et non par leur pointe, ou les fusées n'ont point pris , ou elles se sont éteintes, et leur effet, par conséquent, est entièrement inutile. »

Les boulets incendiaires, faits avec une composition d'artifice renfermée dans un sac de toile cordelé avec du menu cordage, pour leur donner plus de solidité, ont le diamètre des pièces de 24 et de 16. Pour qu'ils ne soient pas brisés par la force de la poudre, on ne met qu'une petite charge dans le canon, et on enfonce sans refouler. Leur usage le plus essentiel est de servir, dans les places assiégées, à éclairer les travaux de l'ennemi.

Les boulets rouges sont des boulets ordinaires qu'on fait rougir et qu'on introduit dans une pièce de canon après qu'ils ont été chauffés au rouge clair. On employait d'abord les grilles pour chauffer les boulets; mais ce moyen étant dangereux, lent et dispendieux, on imagina les fourneaux à réverbère, chauffés soit avec du bois, soit avec du charbon. Dans un fourneau à réverbère dont le feu est en train, un boulet est rouge en trente minutes. Pendant que les boulets chauffent, on met la poudre dans le canon, en plaçant dessus d'abord un bouchon sec, uis après une pelote de terre argieuse pour l'enfoncer et la refouler ; on pointe la pièce, on l'amorce, après uoi deux canonniers prennent le bouet avec une cuiller à deux manches, le portent à la volée de la pièce, l'y introduisent, mettent du gazon ou un bouchon mouillé par-dessus, et l'enfoncent légèrement; ils se retirent aussitôt pour qu'on puisse mettre le feu promptement, et éviter le refroidissement du boulet. C'est au siége de Stralsund , en 1675, # pour # première fois en Europe, l'électeur de Brandebourg employa le tir à boulet rouge avec succès. .

Boulets messagers. On appelait ainsi des boulets creux doublés en plomb , dont on faisait usage pour donner des nouvelles dans une place assiégée ou dans un camp.

Les boulets barrés ou ramés sont deux boulets joints par une barre de fer; ils sont destinés à couper les cordages et les manœuvres des vaisseaux, à § les voiles, à briser les mâts, etc.

On se servait aussi autrefois de boulets coupés ou séparés, dont les deux moitiés se rejoignaient par une chaîne de fer de deux pieds. BoULIANNE (Antoine), soldat à la 85° demi-brigade de ligne, né à Sabaret (Ariege), fit partie de l'expédition d'Egypte, pendant laquelle il mérita la réputation de l'un des plus intrépides soldats de l'armée. Le 9 février 1799, les Turcs, en grand nombre, s'étaient retranchés dans une maison , d'où ils fusillaient nos troupes sans u'il fût possible de répondre à leur feu. Boulianne, irrité, s'avança jusqu'à l'entrée de la maison, en brisa la porte à coups de crosse de fusil, renversa les barricades, et tomba atteint d'un coup mortel : la maison fut aussitôt prise d'assaut. BoULLIAU (Ismael), astronome, né à Loudun en 1605, mort à Paris en 1694. Les écrits de ce savant se font remarquer par une érudition prodigieuse; on y trouvedes vues ingénieuses et nouvelles; mais ils fourmillent aussi d'erreurs que Boulliauavouait lui-même avec une franchise qui lui fait honneur. Boulliau, après avoir voyagé en Europe et dans le Levant, entra en correspondance avec les savants les plus distingués de son époque; et cette cireonstance n'a pas peu contribué à répandre son nom. Le nom d'évection, donné à l'une des inégalités du mouvement de la lune, vient de lui ; on lui doit aussi une explication plausible de la cause des changements de lumière qu'on remarque dans certaines étoiles. BoULLENoIs (Louis), jurisconsulte, né à Paris en 1680. Pendant près de soixante ans il exerça, avec beaucoup de distinction, la profession d'avocat au parlement. C'était une des plus honorables réputations du barreau. Son Traité de la personnalité et de la réalité des lois, coutumes et statuts (1766), lui mérite une place distinguée parmi nos jurisconsultes. On trouve dans ce livre la discussion la plus nette et la plus utile des matières les plus embrouillées de notre ancien droit. Il s'agissait, en effet, de

résoudre toutes les question. qul se rattachaient à l'état des personnes et des biens, que la diversité de nos lois et de nos coutumes rendait si difficiles et si complexes. BoULLoNGNE. — On connaît plusieurs peintres de ce nom; le premier est Louis Boullongne, peintre du roi, membre de l'Académie, « qui chercha le goût des anciens, » selon d'Argen

ville, fit plusieurs tableaux pour Notre

Dame de Paris, et mourut en 1674, à l'âge de soixante-cinq ans. Bon BoULLoNGNE, son fils, quinaquit à Paris en 1649, reçut de son père les premières leçons de son art, et alla ensuite étudier en Italie le Corrége,les Carraches, et surtout le Guide et le Dominiquin. Son tableau représentant Hercule combattant les centaures ! les lapithes le fit recevoir à l'Académie en 1677. Il fut chargé, en 1702, de peindre à fresque les chapelles de Saint-Jérôme et de Saint-Ambroise dans l'église des Invalides. Il mourut en 1717. Il avait peint, outre les 0o vrages que nous avons mentionnes, lusieurs tableaux, et un certain n0mo re de plafonds pour Versailles et p0ur Trianon. Cet artiste dessinait bien, tt son coloris était convenable. Il réussit également dans l'histoire et le portrait Ses élèves sont J. B. Santerre, P. Syk vestre, J. Raoux, Cazes, Tournières, N. Bertin, Christophe, Dulin, Claude Verdot, le Clerc, etc. Louis, Geneviève et Madeleine B0UL LoNGNE, ses freres et sœurs, furentdes peintres moins distingués que lui.Too tefois Louis Boullongne, né en 1654, mort en 1733, est encore l'un des b0o artistes de l'école française. Ses mei# leurs ouvrages sont les peintures de lo chapelle de Versailles, surtout l'Ao nonciation et l'Assomption; on c# avec grands éloges sa Présentation do J. C. au temple, exécutée pour Notro Dame de Paris. Il était premier peintro du roi.

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† au fil de l'épée tous les abitants sans distinction d'âge ni de sexe, brûlèrent tous les édifices et renversèrent les murailles. Ce ne fut qu'en 912, après le départ de ces barbares, que l'on put commencer à relever les fortifications. Henri III, roi d'Angleterre,tentainutilement des'emparer de Boulogne en 1347. Henri VIII s'en rendit maître, en 1544, après un siége de six semaines; mais cin ans après, Édouard VI la rendit à la France, moyennant quatre cent mille écus.Après la destruction deThérouane par Charles-Quint, en 1553, le siége épiscopal qui se trouvait dans cette ville, fut transporté à Boulogne , où il subsista jusqu'en 1789. Le lecteur trouvera, dans l'article suivant, l'histoire des grands événements dont Boulogne fut le théâtre sous le consulat et dans les premières années de l'empire. Disons seulement ici que ces événements furent pour cette ville une cause de progrès, et contribuèrent beaucoup à la prospérité dont elle jouit aujourd'hui. C'est, sans doute, au souvenir de ces obligations que les habitants de Boulogne ont au gouvernement de Napoléon, qu'il faut attribuer le choix fait de cette ville par son neveu, le prince Louis Bonaparte, pour y essayer, en 1840, une seconde tentative contre le gouvernement de juillet. Boulogne possède des tribunaux de première instance et de commerce, une direction des douanes, un syndicat maritime, des vice-consulats étrangers, une école d'hydrographie de quatrième classe, un collége communal, une bibliothèque publique de vingt et un mille volumes ; enfin , l'établissement des § de m§ de Boulogne jouit d'une grande célébrité. BoULoGNE (camp de). Non loin de la ville, à l'endroit peut-être d'où César effectua son passage en Angleterre, s'élève une colonne en pierre, construite sur le modèle de la colonne trajane. Ce monument, commencé en 1803, mais seulement achevé vingt ans plus tard, rappelle le souvenir du camp de Boulogne, où Napoléon rassemblà

cent cinquante mille hommes, qu'un de ses plus beaux plans de campagne paraissait devoir infailliblement conduire à Londres. Dès le début de la révolution, l'aristocratie anglaise s'appliqua sans relâche à nous susciter partout des ennemis. Son ancienne jalousie, augmentée encore par la crainte qu'inspiraient nos principes d'égalité, la décida à ne reculer devant aucune intriue et devant aucun sacrifice pour touffer le réveil du peuple français. Néanmoins, conformément aux traditions héréditaires de cette politique qui ne cessa jamais d'entretenir la division sur le continent européen , elle eut, au commencement, la prudence de ne pas descendre dans la lice. Ayant besoin de tous ses bras pour le service de sa marine et de son commerce, # grâce au bouleversement du monde, allaient prendre une extension inouïe, l'Angleterre nous combattit d'abord avec le sang des autres peuples, les soudoyant en apparence, mais, en réalité, ne les payant qu'avec unepartiedel'orque les bénéficesdeson négoce leuravaient arraché.En un mot, elle employa contre la grande nation la même tactique qu'elle avait, un siècle auparavant, essayée contre le grand roi. C'étaient toujours la même ambition mercantile, le même machiavélisme, les mêmes calculs d'argent si familiers à une caste oligarchique, aux yeux de laquelle l'or était le meilleur, sinon le seul moyen de gouvernement, et pour ainsi dire la clef de la domination universelle. De là ces coalitions de 1792, mais surtout de 1793 et de 1798, dont l'Angleterre était l'âme, et dans les rangs desquelles figuraient à peine quelques soldats anglais ; car, pour ce qui concerne la guerre maritime, le cabinet de Saint-James la menait à lui seul et pour son propre compte, bien plus que dans l'intérêt commun des alliés. La France ne fut pas un seul instant dupe de cette politique tortueuse. Aussi, une fois que la Prusse et l'Autriche se furent avouées vaincues, l'une en 1795, à l'époque du traité de Bâle,

l'autre en 1797, lors du traité de Campo-Formio, tous les esprits, remontant à la cause première de ces ligues incessantes , se mirent à la recherche des moyens de transporter le théâtre de la guerre sur le sol anglais, qui avait été le véritable point de départ de toutes les hostilités contre la France. C'est dans ce but qu'après les campagnes d'Italie le Directoire ayait nommé Napoléon général en chef de l'armée d'Angleterre, et l'avait envoyé en cette qualité sur les côtes de l'Océan. Déjà précédemment, en 1796, le général Hoche, qui venait de pacifier la Vendée, avait eu l'idée généreuse de porter du secours aux Irlandais révoltés. Si ce projet avait réussi, l'Angleterre à son tour aurait eu sa Vendée, et le peuple le plus malheureux de l'Europe aurait brisé ses fers; mais une tempête furieuse assaillit l'escadre française, et la contraignit à regagner le port de Brest sans avoir pu toucher le rivage de l'Irlande, d'où tant de victimes avaient salué nos soldats comme des libérateurs. Peu encouragé par ce précédent , se sentant d'ailleurs entraîné vers l'Égypte, Bonaparte se contenta alors d'inspecter les principaux ports de l'Océan, et d'indiquer Boulogne comme un point d'attaque supérieur à celui de Calais. Jusque-là on avait donné la préférence à Calais, qui ne se trouve qu'à sept lieues de la côte anglaise, tandis que Boulogne en est distante de plus de neuf lieues; mais on avait négligé de tenir compte du courant général de la marée qui porte sur Douvres, avantage décisif pour le succès d'un débarquement. Peu de temps après le départ de Bonaparte pour l'Orient, le Directoire adopta le système des petites expéditions, les seules qui fussent encore possibles depuis l'éloignement d'une partie de la flotte. Le 6 août 1798, le énéral Humbert partit de Rochefort à la tête de mille trente-deux hommes, montés sur deux frégates et un vaisseau , et, à la suite d'une traversée pénible, parvint à mettre pied à terre en Irlande. Les succès qu'il y obtint

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