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pour le récompenser d'une manière toute particulière, leroi lui fit présent de deux canons. La signature de la paix le fit rentrer dans la vie civile ; mais son infatigable activité eut bientôt besoin d'un nouvel aliment. Ses voyages d'Amérique l'avaient mis en relation avec des armateurs de SaintMalo; il les engagea à aller fonder un établissement aux îles Malouines. Ses conseils furent suivis ; les armateurs firent les frais de l'expédition ; il fit ceux de l'établissement, dont le roi lui donna le commandement, avec le grade de capitaine de vaisseau. Bougainville partit de Saint-Malo avec sa petite flotte, en 1763, mais à peine était-il de retour, que les Espagnols réclamèrent la propriété des îles Mal0uines. Le gouvernement français crut devoir céder à cette réclamation, et Bougainville fut chargé de remettre son établissement aux employés esgagnols, qui devaient lui rembourser les frais qu'il avait faits. Il partit, en 1766, avec la frégate la Boudeuse et la flûte l'Étoile. C'est en revenant de cette expédition qu'il fit ce beau † de découvertes qui a immortalisé son nom. De retour en France, en 1769, il publia la relation de son Voyage autour du monde. Ce livre, qui parut en 1771, 1 vol. in-4°, et fut réimprimé l'année suivante, en 2 vol. in-8°, eut un succès immense ; mais déjà Bougainville s'était fait connaître C0mme savant et comme écrivain, par S0n Traité du calcul intégral , pour servir de suite à l'analyse des infiniment petits, du marquis de l'Hospital, Paris , 1752, 2 vol. in-4°. Il fut promu, en 1779, au grade de chef d'escadre, et l'année suivante, à celui de maréchal de camp des armées de terre. Il fut chargé, en 1790, du commandement de l'armée navale de Brest, et du soin d'y rétablir la discipline. Mais il jugea bientôt cette partie de sa mission au-dessus de ses forces, et il donna sa démission. Il avait servi son pays avec un grand éclat, pendant près de quarante ans ; les dernières années de sa vie furent C0nsacrées aux sciences, qu'il avait

toujours cultivées, même pendant ses expéditions militaires.La société royale de Londres l'avait admis au nombre de ses membres, en 1755; il fut appelé, en 1796, dans la section de géographie de l'Institut, et nommé quelque temps après membre du Bureau des longitudes. Il fit partie du sénat , lors de la création de ce corps, et mourut en 1811, dans sa quatre-vingt-neuvième année. BoUGEANT (Guillaume-Hyacinthe), né à Quimper, en 1690, entra de bonne heure chez les jésuites, et professa successivement les humanités et la rhétorique dans plusieurs de leurs colléges. On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages ; son Amusement philosophique sur le langage des tes, Paris, 1739, in-12 , fit beaucoup de bruit à l'époque où il parut : il fut plusieurs fois réimprimé et traduit en anglais et en allemand ;-mais il lui attira de nombreuses vexations de la part de ses supérieurs, qui le punirent par un long exil, de cet agréable badinage. Lors même que le P. Bougeant ne serait auteur que de ce seul ouvrage, on devrait encore le regarder avec raison comme un des plus élégants écrivains du dix-huitième siècle ; mais on lui doit en outre des productions d'un ordre plus élevé, et qui sont pour lui des titres plus durables au souvenir et à l'estime de la postérité. Nous voulons parler de l'Histoire du traité de Westphalie, 1744, 2 vol. in-4°, et de l'Histoire des guerres et des négociations qui ont précédé ce traité, Paris, 1727, in-4°. Ces deux histoires, quoique l'on puisse encore leur adresser quelques reproches , sont regardées comme les meilleures qui aient été composées par un membre de l'ordre des jésuites. Elles ont été plusieurs fois réimprimées. Le P. Bougeant mourut à Paris, en 1743. On dit que les persécutions dont il fut l'objet, à l'occasion de son Amusement philosophique, abrégèrent ses jours. BoUGEREL (Joseph), oratorien, né à Aix, en 1680, mort à Paris, en 1753, est auteur des ouvrages suivants : Mémoires pour servir à l'histoire de plusieurs hommes illustres de Provence, Paris, 1752, in-12: Idée géographique et historique de la France, pour l'instruction de la jeunesse, Paris, 1747. 2 vol. in-12 ; / ie de s,assendi, Paris, 1737, in-12 : Lettre sur Pierre Puget, sculpteur, peintre et architecte, 1752 , in-12. Il a laissé en manuscrit une Bibliotheque des écrivains de l'Oratoire , 2 vol. in-4°. Tous ces ouvrages , fort re('OIll1ll31 l dables sous le rapport des recherches et de l'erudition , sont , en general, écrits d'un style lourd et incorrect. BoUGEs (le P. Thomas), religieux augustin de la province de Toulouse, né en 1667, mourut en 1741. On lui doit, outre plusieurs ouvrages de theologie, une Histoire ecclésiastique et civile de la ville et du diocèse de Carcassonne, avec les pieces justificatives et une notice ancienne et moderne de ce diocèse, Paris, 1741, in-4°. Cette histoire, qui est recherchée, s'arrête en 1660. BoUGIE (Boudjeiah), port de l'Algérie, dans la province de Constantine, à 10 myriametres E. d'Alger, à l'ouest d'un golfe assez étendu, possédant une rade spacieuse et abritée, et offrant une relâche sûre. Cette place, qui nous assure la possession des côtes orientales de l'Algérie, appartient à la France depuis 1833. Le 22 septembre 1833, une flottille sortit du port de Toulon; elle était commandée par le capitaine Parseval-Deschênes, elle portait dix-huit cents hommes de débarquement, commandés par le général Trézel. Arrivée, le 29, devant la plage de Bougie, elle fut reçue à coups de canon : le feu supérieur des bâtiments eut bientôt éteint celui de l'ennemi, et le débarquement s'effectua. Favorisés par un terrain coupé de ravins et couvert de bois, les Arabes résistèrent avec acharnement. Il fallut sept jours de combat pour les chasser de la ville, qu'ils disputèrent maison à maison. Enfin, le 6 octobre, Bougie était purgée de tous les ennemis, et mise sur un bon pied de défense. Cependant, les Arabes, campés sur les montagnes qui dominent la ville, ne cessaient de menacer et d'inquiéter

les Français par leur présence : on résolut de les chasser. Le 12, ces positions inaccessibles, et dans lesquelles l'ennemise croyait à l'abri de tout danger, furent enlevées à la baïonnette. Le 1°" novembre, à la sollicitation du bey de Constantine, les Arabes firent une nouvelle attaque contre Bougie, mais ils furent repoussés. Depuis lors, les Arabes de la plaine se soumirent à la France, et sauf quelques attaques des montagnards, la paix ne fut plus troublee. BoUGoUINE (Simon), valet de chambre de Louis XII, est auteur de plusieurs ouvrages qui doivent tout leur prix à la date et à la beauté de leur impression. Le plus rare et le plus recherché est celui qui a pour titre : L'Homme juste et l'homme mondain, avec le jugement de l'âme dévote. Paris , Ant. Vérard, 1508 , in-4°. BoUGUER (Pierre), l'un des géomètres qui se sont le plus distingués dans les applications des sciences du calcul, naquit en 1698 , au Croisic ( LoireInferieure). Son père, qui était professeur d'hydrographie , perfectionna ses dispositions naissantes pour les sciences exactes; mais Bouguer eut bientôt dépassé son maître .. et remporta, en 1727 , le prix fondé par l'Académie des sciences pour un moire sur la mâture des vaisseaux ; cette compagnje se l'associa en 1731. Il fut choisi, en 1736, avec Godin et de la Condamine, pour aller au Pérou déterminer la figure de la terre. A son retour, Bouguer publia les résultats de ses opérations dans un savant ouvrage intitulé : Théorie de la figure

| de la terre ; Paris, 1749, in-4°. Sa

Relation du voyage au Pérou se trouve dans les Mémoires de l'Académie des sciences de l'année 1744. Elle est écrite avec moins d'élégance que celle de la Condamine; mais elle est peut-être plus exacte. Bouguer travaillait beaucoup et avec peine : aussi ses ouvrages lui étaient si chers, qu'il tenait plus à leur réputation qu'à sa propre existence. Cette sensibilité extrême de son amourpropre lui causa une foule de chagrins auxquels il succomba à l'âge de soixan

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te-trois ans, en 1758. On a de lui plusieurs ouvrages, outre ceux que nous avons cités. Les principaux sont : la Construction du navire, 1746, in-4°; Traité d'optique sur la gradation de la lumière, 1760, in 4°; la Manœuvre des vaisseaux , 1757, in-4" ; Traité de la navigation, 1753 , in-4°. De la Caille en a publié, après sa mort, une seconde édition in-8°, etc. Un de ses principaux titres de gloire consiste dans l'invention de l'héliomètre, instrument à l'aide duquel on mesure de petits angles avec une extrême précision. C'est avec un héliomètre que M. Bessel est parvenu à déterminer, pour la première fois , la distance si longtemps inconnue d'une étoile fixe à la terre ; nous pouvons donc revendiquer, pour la mémoire de Bouguer, une part dans l'honneur de ce beau résultat scientifique. BoUHIER, ou LANTENAY, marquisat en Bourgogne, à dix kilomètres ouest de Dijon. BoUHIER ( Jean ) , président à mortier au parlement de Dijon , membre de l'Académie française, naquit à Dijon le 16 mars I673. Son père, conseiller au parlement de cette ville, le destina à suivre la même carrière, et dirigea de bonne heure ses études vers ce but. Doué d'heureuses dispositions que soutenait son aptitude du travail, Jean Bouhier à d'excellentes études classiques joignit la connaissance de plusieurs langues étrangeres, de l'italien, de l'espagnol , et même de l'hébreu. Après avoir fait son droit à Orléans, il fut, en 1692, à l'àge de dix-neuf ans, reçu conseiller au parlement de Bourgogne ; et onze ans après, en 1704, il en devint président à mortier. Il consacra aux lettres tous les loisirs que lui laissaient ses fonctions; et il acquit bientôt une lelle réputation de science et d'érudition, que l'Académie l'appela, en 1727, #la place laissée vacante par la mort e Malézieu, et qu'elle dérogea en sa saveur à ses règlements, qui exigeaient la résidence à Paris de tous les memros autres que les évêques. Le prési

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magistrat, le président Hénault. A sa mort, arrivée en 1746, il eut pour successeur Voltaire, qui, dans son discours de réception, disait de lui, « qu'il « faisait ressouvenir la France de cas « temps où'les plus austères magistrats, « consommés comme lui dans l'étude « des lois, se délassaient des fatigues « de leur état dans les travaux de la « littérature ; » et l'abbé d'Olivet, répondant à Voltaire, ajoutait encore à cet éloge en disant : « Pendant que je « parle de talents universels et de con« naissances sans bornes, il est diffi« cile qu'on ne se rappelle pas l'idée de « votre prédécesseur. Ce fut un savant « du premier ordre, mais un savant « poli, modeste, utile à ses amis, à sa « patrie, à lui-même. » Et ces louanges sont loin d'être exagérées. On a peine à comprendre aujourd'hui les nobles et laborieux loisirs de tous ces savants magistrats dont la France s'honore à bon droit ; et on est surtout frappé d'étonnement à la vue des immenses travaux du président Bouhier. Tout en remplissant avec une grande exactitude les importants devoirs de sa charge, il trouvait le temps d'entretenir avec l'illustre Montfaucon une savante correspondance, de composer ses excellents travaux critiques sur Cicéron , de les défendre contre Fromageot dans la Lettre de maitre ***, bedeau de l'université de ***, à M. ***, docteur régent en la même université ( 1738); il publiait des dissertations critiques et historiques , des recherches sur Hérodote, des traités sur plusieurs points d'antiquités, et des antiquités de la Gaule en particulier ; il cxpliquait des marbres antiques, traduisait en vers français le poëme de Pétrone, un livre de Virgile, des épîtres d'Ovide, des odes d'Horace et 'Anacréon , des épigrammes de Martial, composait des mémoires sur la vie et les ouvrages de Montaigne, éditait le Supplément au journal de l'Étoile, qu'il avait retrouvé dans les manuscrits de sa riche et précieuse bibliothèque. Nous ne parlerons pas d'une foule de traités particuliers de jurisprudence, dont un donna encore lieu à une vive polémique avec Fromageot; il nous suffira de citer son remarquable commentaire sur les coutumes générales de Bourgogne, en 2 vol. in-fol. On trouve de lui une foule de lettres et de mémoires dans divers recueils, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions, le Journal de Trévoux, le Mercure, les Amœnitates litterariae de Schelhorn, la Bibliothèque raisonnée, la Bibliothèque italique, etc. « Jurisprudence, philologie, criti« que, langues savantes et étrangères, « histoire ancienne et moderne, his« toire littéraire , traductions , élo« quence et poésie, il remua tout, dit « d'Alembert, il embrassa tout ; il fit « ses preuves dans tous les genres, et, « dans la plupart, il fit des preuves « distinguées et dignes de lui. » BoUHoURs (Dominique), né à Paris en 1638, entra à seize ans dans la compagnie de Jésus, professa avec succès les humanités à Paris et la rhétorique à Tours, fut chargé de l'éducation de plusieurs jeunes gens de familles nobles, puis se lança dans la carrière des lettres. Ses Entretiens d'Ariste et d'Eugène; imprimés en 1671, eurent un grand succès. Ce sont six dissertations en forme de dialogues sur autant de sujets détachés. La seconde renferme d'excellentes choses sur le caractère de notre idiome et l'histoire de sa formation. Quatre ans après, Bouhours fit paraître les Doules sur la langue française, proposés à MM. de l'Académie française par un gentilhomme de † La pensée y est, en général, juste et le style piquant. Ménage dit de l'auteur, « qu'un homme qui doutait si raisonnablement était bien capable de décider. » On trouve des observations également judicieuses , mais moins de méthode, dans les Nouvelles remarques sur la langue # qui parurent l'année suivante. Elles portent, du reste, sur des difficultés grammaticales, dont la plupart ne font plus question aujourd'hui. Bouhours § en 1688, la Manière de bien penser dans les ouvrages d'esprit. On aimerait à trouver dans ce livre plus de fond, et surtout

des jugements mieux motivés. Il s'en faut, néanmoins, de beaucoup que les critiques aient euraison de dire, comme

ils l'ont fait, qu'il ne manquait à l'au- '

teur, pour écrire parfaitement, que de savoir lui-même penser. En 1691, il donna au public, sous le titre de Pensées ingénieuses des anciens et des modernes, la partie de ses matériaux qui n'avait pas trouvé place dans son précédent travail. Cette publication n'eut qu'un médiocre succès. Les Pensées ingénieuses des Pères de l'Église, qu'il fit paraître en 1700, pour répondre au reproche qu'on lui faisait de négliger, pour l'étude des auteurs profanes , celle des écrivains sacrés, ne firent que confirmer l'opinion établie. Ses adversaires qui, il faut le dire, ne mettaient pas toujours les

rocédés de leur côté, renouvelèrent eurs attaques quand parut la Traduction du Nouveau Testament selon la Vulgate, qu'il avait faite en société avec ses confrères Letellier et Besnier. Comme il voulait s'en venger : « Gar« dez-vous-en bien, lui dit Boileau; ce « serait alors qu'ils auraient raison de « dire que vous n'avez pas entendu le

« sens de votre original qui ne prêche i

« partout que le pardon des ennemis. » Nous avons encore de Bouhours, outre les ouvrages que nous venons de citer, une Histoire du grand maitre d'Aubusson, des Vies de saint Ignace de Loyola et de saint François Xavier, où il compare l'un à César et l'autre à Alexandre, ainsi que divers opuscules. Ce jésuite, bel esprit et galant, affectait de se partager entre le triple culte de Dieu, des lettres et des dames. Aussi, tandis que d'un côté les censures hardies du littérateur et le ton d'autorité dont elles étaient prononcées lui suscitaient de nombreux ennemis, de l'autre, la conduite parfois légère du prêtre donnait à la médisance l'occasion de s'exercer largement à ses dépens. Madame de Sévigné fut l'objet particulier de ses soins. « L'esprit lui sort de tous côtés, » disait-elle. Voltaire a donné à cet écrivain une place dans son Temple du Goût, ou il le représente occupé à enregistrer

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les négligences qui échappent au génie.Bouhours mourut à Paris, en 1702. C'est à lui qu'on a attribué ce mot Original et sans doute apocryphe d'un agonisant qui veut mourir en grammairien : « Je m'en vas ou ie m'en « vais; car l'un et l'autre se disent. » Les jésuites se montrèrent trèsfiers de l'avoir dans leurs rangs : les † écrivirent contre lui et ne aissèrent passer aucun de ses défauts. Ilestjugé sévèrement, mais justement, par Barbier d'Aucour dans les Sentiments de Cléanthe, ouvrage qui servit de réponse aux Entretiens d'Ariste et d'Eugène, et que font remarquer le goût, le bon sens et le bon style. BOUILLART (dom Jacques), bénédictin de la congrégation de SaintMaur, né à Meulan, diocèse de Chartres, en 1669, mort à Paris, en 1726, | eSt auteur d'une savante Histoire de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, 1724, in-fol. BOUILLAUD (Jean), professeur de · clinique à la faculté de médecine de Paris, né dans les environs d'Angoulême, en 1796, a publié des Eléments de philosophie médicale, 1 vol. in-8°; un Traité du rhumatisme, 2 vol. in· 8'; la Clinique de la Charité, etc., 3Vol. in-8°; et un grand nombre d'articles dans † de médecine, dans la Bibliothèque médicale, et dans la Revue médicale. Il a été l'éditeur du Traité des maladies du cœur et des gros vaisseaux, de R. J. Bertin. BOUILLÉ (François-Claude-Amour, marquis de), né à Clusel en Auvergne, · en 1739, entra au service dès 1753. Il fit ses premières armes dans le régiment de Rohan-Rochefort, passa en: #uite dans les mousquetaires noirs, et fut nommé, à l'âge de seize ans, ca† de dragons. C'est en cette quaité qu'il partit pour la guerre de sept ans. Il assista à la prise de Rhinfeld, ombattit à Bergheim, à Wildengen ot à Langen-Salsa, où il fut blessé. Il o0ntribua ensuite au gain de la bataille le Grunberg, et fut chargé, en récom· onse des services qu'il avait rendus #ans cette rencontre, d'aller présenor au roi les drapeaux enlevés à l'en

nemi. Bouillé, nommé alors colonel, acheva la † en cette qualité, et battit, près d'Eimbuck, l'arrièregarde du général Luckner, qui passa plus tard au service de France. Il se distingua à l'affaire de Quedlinbourg; mais, atteint dans une charge d'un coup de sabre à la tête, il fut renversé de cheval et fait prisonnier. Échangé peu de mois après, il fut pourvu § régiment de Vaston , qui prit son nom et le porta jusqu'à la paix. Nommé gouverneur de la Guadeloupe, en 1768, et brigadier d'infanterie en 1770, il obtint, en 1777, le gouvernement général des Iles-du-Vent. La guerre de l'indépendance éclata bientôt après ; il y prit part, se signala d'abord en surprenant la Dominique; concourut aussi aux tentatives faites sur Sainte-Lucie, et recueillit les débris des colonnes que l'on y avait si imprudemment engagées. Il fut plus heureux dans l'attaque de Tabago. Promu au grade de maréchal de camp, le 27 § 1778, il s'avança sur cette île à la tête de quatre mille hommes, culbuta les Anglais, et leur enleva cinquante-neuf pièces de canon. Il marcha ensuite sur Saint-Eustache, s'en empara, et restitua aux Hollandais trois millions de francs que leur retenait l'amiral Rodney. L'année suivante, il attaqua Saint-Christophe, emporta Briston-Hill, que l'ennemi regardait comme imprenable; remit ensuite à la voile, descendit à Nevis , à Montserrat, se rendit maître de ces îles, et triompha de tous les obstacles qu'on lui opposa. Ces services lui valurent le grade de lieutenant général et l'ordre du Saint-Esprit, dont il fut décoré le 1" janvier 1784. Le roi désirait acquitter les dettes qu'il avait contractées pendant la guerre : Bouillé s'y refusa, ne voulant pas faire peser de nouvelles charges sur l'État. Mais cet

· homme si désintéressé, si généreux,

tenait avec obstination aux priviléges de sa caste; il devint intraitable dès qu'on les attaqua. Nommé à l'assemblée des notables, il fut inflexible sur ce qu'il appelait les lois fondamentales de la monarchie. De ces fonctions, il

T. III. 12° Livraison. (DICT. ENCYCLoP, ETC.) - 12

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