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7279. — AU CONSUL CAMBACÉRÈS.
Boulogne, 24 brumaire an XII (16 novembre 1803).

Le ministre de la marine, Citoyen Consul, est arrivé avant-hier. J'ai passé ces trois jours au milieu des camps et du port. Tout commence à prendre ici le mouvement et la direction qu'il doit y avoir.

J'ai vu des hauteurs d'Ambleteuse les côtes d'Angleterre, comme on voit des Tuileries le Calvaire. On distinguait les maisons et le mouvement. C'est un fossé qui sera franchi lorsqu'on aura l'audace de le tenter.

La Seine doit être fort élevée à Paris. La pluie n'a point cessé ici. Nous avons plus de 200 bâtiments, depuis Saint-Malo, en rade ou en partance pour nous joindre. J'espère qu'une division arrivera aujourd'hui. BoNAPARTE.

Comm. par M. le duc de Cambacérès.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7280. — AU CITOYEN TALLEYRAND,
MINISTRE DES RELATIoNs ExTÉRIEURES.
Boulogne, 24 brumaire an XII (16 novembre 1803).

J'ai lu, Citoyen Ministre, la note du ministre de Suède. Dans le compte qu'il a rendu à sa cour, il dit que vous lui avez appris que cette affaire était passée par le canal du ministre de la guerre. Ce ministre a probablement mal entendu, et il est convenable que vous le redressiez sur ce point. Du reste, vous pouvez lui laisser pressentir que sa note m'a été envoyée, et qu'il est probable qu'il n'y sera fait aucune réponse, vu que le Premier Consul ne s'est jamais permis de rien demander au roi de Suède sur ses affaires; encore faudrait-il dire cela le plus légèrement et avec le plus de ménagement possible, car je crois qu'il y a de la gaucherie dans la note du ministre.

J'ai toujours soupçonné que le cabinet de Berlin désirait nous faire croire qu'il était très-bien avec la Russie, quoiqu'il n'y ait cependant rien d'extraordinaire entre les deux États; mais, puisque M. de Lucchesini n'a point de pouvoirs, il est tout simple que cela n'est encore que du parlage.

On pourrait faire pour le Moniteur quelques extraits de la nouvelle de Raguse et des autres nouvelles de la Grèce.

BoNAPARTE.
Archives des affaires étrangères.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7281. — AU CITOYEN TALLEVRAND. Boulogne, 24 brumaire an XII (16 novembre 1803). Répondez, Citoyen Ministre, au général Brune, en lui envoyant les instructions qu'il demande. Les lettres du ministre de la République à Lucques ne me convainquent pas ; elles me prouvent, au contraire, qu'il avait demandé un logement et plusieurs choses à la République de Lucques. De quel droit demandait-il un logement ? L'imbécillité qu'il a eue de demander un certificat montre que c'est un homme incapable et au-dessous de sa place. Quelle opinion veut-il que la République de Lucques ait d'un ministre étranger qui lui demande un certificat, chose qu'un homme d'honneur ne demande jamais ? Les dépêches du général Beurnonville ne méritent aucune réponse. Faites connaître au commissaire général Pichon qu'il a eu tort de donner au citoyen Jérôme le conseil de venir sur un bâtiment américain; que ce jeune officier a pris le parti qu'il devait prendre d'attendre là mes ordres et que c'était celui qu'il devait lui conseiller, si tant est qu'il voulût lui donner un conseil; car cette manière circonspecte est toujours dans l'ordre et le caractère diplomatique. Je vous prie d'inclure dans votre dépêche une petite lettre pour le citoyen Jérôme, en cas qu'il s'y trouve, où vous lui direz que mon intention est qu'il profite du premier bâtiment qui sortira du port, pour s'y embarquer et venir en France sous pavillon français. Demandez à Cagliari des renseignements sur les fortifications, sur les troupes, sur ce qu'il nous faudrait pour s'emparer du pays, et sur ce qu'il faudrait aux Anglais pour s'en emparer. Demandez les meilleures cartes des fortifications des villes, soit de l'île, soit des mouillages; bien entendu que tout cela doit être en chiffre.

BoNAPARTE. .
Archives des affaires étrangères.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7282. — AU GÉNÉRAL BERTHIER, MINIsTRE DE LA GUERRE. Boulogne, 24 brumaire an XII (16 novembre 1803). ll serait convenable, Citoyen Ministre, que l'emprunt que lève le général Mortier en Hanovre fût fait par les États de Hanovre et qu'il ne fût pas hypothéqué sur les bailliages de la souveraineté du pays, mais seulement sur les biens patrimoniaux du roi d'Angleterre.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7283. — AU CITOYEN DEJEAN,
MINISTRE DIRECTEUR DE L'ADMINIsTRATIoN DE LA GUERRE.

Boulogne, 24 brumaire an XII (16 novembre 1803).

Je vous envoie, Citoyen Ministre, une demande du 36° régiment. Ce régiment doit fournir 1,800 hommes. Accordez-lui 200 capotes de plus. Les hommes naufragés sur les bateaux canonniers ont besoin d'être rhabillés à neuf; accordez-le-leur.

Il n'y a encore ici d'arrivé que 5,000 petits bidons. Il est nécessaire que vous en fassiez passer un grand nombre; car il en faut un pour chaque soldat.

Il n'est encore arrivé que 10,000 couvertures.

J'ai lieu d'être content des souliers que j'ai vus en magasin, des couvertures et des marmites. Je ne le suis pas également des outils de campement, qui ne sont d'aucun service. Il est vrai qu'ils sont des restes de magasins et ne valent pas le transport.

Je suis assez content du biscuit, pas mal du service du pain et de celui de la viande. Je le suis assez du fourrage, par les mesures extraordinaires qui ont été prises. Enfin je me suis aperçu d'une grande amélioration dans la qualité des fournitures. Je dois donc, comme de raison, l'attribuer au zèle que vous y avez porté.

BoNAPARTE.
Dépôt de la guerre.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7284. — AU CITOYEN FLEURIEU.
Boulogne, 24 brumaire an XII (16 novembre 1803).

Citoyen Fleurieu, Conseiller d'État, chargé par intérim du portefeuille de la marine, par votre lettre du 19 brumaire vous me faites connaître que je n'ai pas fixé le nombre d'affûts tournants de 4 et d'obusiers pour les péniches. Envoyez-en à Boulogne cent de 4 et cinquante d'obusiers. J'ai passé toute la journée d'hier à présider à l'installation d'une chaloupe canonnière et d'un bateau canonnier; car ici l'arrimage est une des plus importantes manœuvres du plan de campagne, pour que rien ne soit oublié et que tout soit également réparti. Tout commence à prendre ici une tournure satisfaisante. On est bien lent à Saint-Malo pour faire partir les convois. Le ministre de la marine est arrivé avant-hier ici. Écrivez au général Villeneuve qu'il fasse mesurer bien exactement la distance qu'il y a de l'île d'Aix au banc du Boyard, et du banc du Boyard à la batterie des Saumonards, et qu'il voie le nombre et l'espèce de mortiers qui se trouvent à chacune de ces batteries.

BoNAPARTE.
Archives de la marine.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

| 7285. — AU CITOYEN CHAPTAL, MINIsTRE DE L'INTÉRIEUR. Boulogne, 24 brumaire an XII (16 novembre 1803) Les fonds n'ont pas été faits assez abondamment pour les routes de communication de Boulogne. Je vous envoie le rapport de l'ingénieur en chef. Mettez les sommes nécessaires à sa disposition. Les charrois sont ici immenses, et nous ferions les pertes les plus grandes par le retardement, si les routes n'étaient pas réparées. Je suis satis

fait de l'esprit de l'armée de terre et de mer. BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7286. — AU CITOYEN BARBÉ-MARBOIS,
MINISTRE DU TRÉSoR PUBLIC.
Boulogne, 25 brumaire an XII (17 novembre 1803).

Je vous remercie des nouvelles que vous m'avez envoyées de Londres. Le payeur du trésor m'a ici paru parfaitement rassuré, puisqu'il y a quatre millions en caisse.

Il fait ici des temps affreux; mais l'armée est tellement baraquée qu'elle ne s'aperçoit point du mauvais temps. Il y a beaucoup de choses à faire dans le port; mais on commence à se mettre en train, et les services m'ont paru tous parfaitement assurés.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7287. — AU CONSUL CAMBACÉRÈS. Boulogne, 25 brumaire an XII (17 novembre 1803). Je vois par votre lettre, Citoyen Consul, que les eaux baissent. Il pleut ici par torrents depuis huit jours. Il nous est arrivé hier l'avant-garde d'une division de la flottille partie du Havre. Il paraît que le reste de la division est entré à Saint

Valery-sur-Somme.

BoNAPARTE.
Comm. par M. le duc de Cambacérès.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7288. — AU CITOYEN TALLEYRAND.
Boulogne, 25 brumaire an XII (17 novembre 1803).

Je vous renvoie, Citoyen Ministre, le portefeuille que j'ai reçu par le courrier de cette nuit.

L'affaire du général Ney ne mérite pas une grande attention. Il y a si longtemps que l'on s'occupe des moyens de nager des bâtiments sans hommes et que la solution de ce problème offre de très-grands avantages, qu'il ne paraîtrait pas probablé que rien de raisonnable sur ce point fût imaginé par un montagnard suisse.

La dépêche de Prusse est d'une tout autre nature. Vous savez combien elle mérite de considération. Je ne vous dirai pas ici sous combien de points de vue différents j'envisage cette affaire. Je veux y penser encore quelques jours avant de m'engager définitivement ; toutefois il faudrait savoir, en attendant, ce qu'ils entendent; et, après avoir beaucoup causé avec M. de Lucchesini pour savoir ce qu'il sait, arrivez à la grande question des pouvoirs. Est-ce le Hanovre qu'on veut nous faire évacuer ? Est-ce l'Elbe que l'on veut rouvrir? Ou bien est-ce un engagement sérieux pour s'assurer une grande prépondérance en Allemagne ?

BoNAPARTE.
Archives des affaires étrangères.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7289. — ORDRE DU JOUR. Boulogne. 25 brumaire an XII (17 novembre 1803). Le Premier Consul est satisfait de l'armée de terre du camp de Saint-Omer, et des divisions de la flottille réunies à Boulogne. Je charge l'amiral et le général en chef de faire connaître aux soldats et matelots que leur conduite justifie l'opinion que le Premier Consul a d'eux.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7290. — AU GÉNÉRAL BERTHIER. Boulogne, 25 brumaire an XII (17 novembre 1803). Je vous renvoie, Citoyen Ministre, votre correspondance. Je suis fâché d'apprendre que l'embaucheur hanovrien ait été condamné aux fers; il devait être fusillé comme recrutant pour l'ennemi.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

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