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vous avez de faire quelques brochures pour le couronnement est

très-bonne.

NAPoLÉoN. Archives de l'Empire.

8055. — AU VICE-AMIRAL DECRÈS.
Mayence, 6 vendémiaire an XIII (28 septembre 1804).

Monsieur Decrès, Ministre de la marine, j'approuve que vous fassiez vendre le Bélier et le Berceau, en en exceptant toutefois le canon et les armes, qui ne doivent jamais être vendus. J'imagine que les cordages et tout ce qui pourra être bon à l'escadre y sera embarqué. Les matelots augmenteront les équipages de notre escadre du Ferrol.

NAPoLÉoN. Archives de l'Empire.

8056. — A M. TALLEYRAND. Mayence, 7 vendémiaire an XIII (29 septembre 1804). Monsieur Talleyrand, Ministre des relations extérieures, je pense que, tant que M. d'Oubril n'aura pas d'autres insinuations à faire, vous ne devez pas lui répondre. Il n'est point de votre dignité de le voir, puisqu'il a ses passe-ports. S'il a quelque chose à dire, faites-le voir par des intermédiaires. Du reste, puisqu'il a tant fait que de rester si longtemps sur les frontières de France, mon intention est qu'il en parte lorsque M. Rayneval sera sur les frontières de Russie.

NAPoLÉoN. Archives de l'Empire.

8057. — AU MARÉCHAL BERTHIER.

Mayence, 7 vendémiaire an XIII (29 septembre 1804).

Je désire que le fort Hauptstein de Mayence porte le nom de fort Meunier. En général, faites-vous faire par le génie un rapport sur tous les forts qui auraient des noms étrangers ou difficiles à retenir, pour y substituer des noms français.

Mayence est une bonne place; clle est peut-être une des plus importantes sous le point de vue de l'offensive comme de la défensive. On doit la tenir constamment en bon état. Les deux côtés les plus faibles sont les marais de Monbach et du fort Charles : en construisant, vis-à-vis de l'embouchure du Mein et devant le fort Charles, un fort servant de réduit à l'espèce de camp retranché qui y existe, on renforcerait le fort et on obligerait de ce côté comme de tous les autres l'ennemi à prendre deux forts avant d'arriver à la place. Le côté de Monbach est, dans l'état actuel, le plus faible : convertir la redoute 103 en un bon fort, construire un fort permanent dans les îles Saint-Pierre et Saint-Jean, me paraissent les opérations les plus importantes et auxquelles je désire qu'on travaille sans délai. Avec le secours de ces forts, les marais de Monbach contribueraient réellement à la défense de la place. Mais il ne faut pas faire de forts casematés et se jeter dans des dépenses folles; aucun trésor ne saurait suffire à ce système de fortifications. Un petit tracé revêtu avec une contrescarpe mettra les îles Saint-Pierre et Saint-Jean à l'abri de toute attaque. L'ennemi ne s'amusera jamais à ouvrir la tranchée dans un terrain aussi étroit. Le fort Hauptstein ou Meunier doit toujours être tenu en bon état ; il s'en faut de beaucoup qu'il le soit. Ses galeries de mine sont écroulées : il faut les faire rétablir. Il y a à Mayence un grand nombre de maisons et d'églises démolies : on en mettra les matériaux à la disposition du génie. Les travaux des trois forts, le rétablissement du fort Hauptstein, le nettoiement des fossés de la place, voilà ce qui me paraît ne devoir souffrir aucun retardement. La place de Mayence doit être approvisionnée d'une quantité immense de bois. Mis dans l'eau, ils durent cent ans. Il faut s'y prendre pour cela en temps de paix. Le Rhin est praticable. Faites faire l'état des palissades et blindages nécessaires à la place de Mayence, on les fera couper dans les forêts de Porentruy, et on les fera descendre sur le Rhin jusqu'à Mayence; car il ne faut pas attendre au dernier moment pour ce genre d'approvisionnement. Le revêtement des fronts de Monbach est une bonne opération ; mais ils sont tellement dominés par les coteaux et le fort Hauptstein, que je ne considère cette opération que comme secondaire. Les fossés doivent être entretenus pleins d'eau, soit par les eaux du Zahlbach, soit en y faisant couler les eaux qui vont aux égouts de la ville. Mayence est très-malsain; les marais de Monbach, les fossés de la place et les égouts en sont cause. Quant aux marais de Monbach, donnez ordre qu'ils soient desséchés en en faisant écouler l'eau, opération à faire sur-le-champ, pour que l'hiver passe dessus et ne fasse pas de tort à la ville. Faites acheter tout le terrain de Monbach, et chargez le génie de veiller à ce qu'il n'y soit fait aucune espèce de travaux.Vous accorderez un fonds extraordinaire et 50 à 60,000 francs tout de suite pour nettoyer les fossés de la place avant le 15 vendémiaire. Avant le l" frimaire, faites faire le revêtement de la redoute 104 et du fort 103. Vous ferez acheter par le génie le terrain

qui va de l'extrémité de l'inondation de Monbach à la rivière, entre les redoutes 103 et 105, de manière que ce terrain et la redoute 103

soient de tous côtés environnés d'eau.

NAPoLÉoN. Archives de l'Empire.

8058. — AU MARÉCHAL BERTHIER.
Mayence, 7 vendémiaire an XIII (29 septembre 1804).

Je désire que vous me fassiez remettre l'état des dépenses que fera le génie en l'an XIII, pour que je l'approuve, en distinguant les fortifications des bâtiments militaires. J'ai été fâché de voir qu'à Mayence il n'y avait pas de fusils, tandis que la salle d'armes peut en contenir 50,000. Je désire aussi que l'approvisionnement en bois, pour les jantes et les affûts pour l'artillerie, soit complété. Une place comme Mayence doit être abondamment pourvue. Faitesen faire l'état, et, si l'approvisionnement complet coûte trop, on le fera par tiers en trois ans. Il y a à Mayence dix pièces de canon de 24 extrêmement courtes; donnez ordre qu'elles soient envoyées

à Boulogne. NAPoLÉoN.

Dépôt de la guerre.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

8059. — AU MARÉCHAL BERTHIER.
Mayence, 7 vendémiaire an XIII (29 septembre 1804).

Vous donnerez ordre qu'il soit réuni deux colonnes de troupes à Toulon, l'une de 5 à 6,000 hommes, destinée à s'embarquer sur la grande escadre de Toulon; l'autre de 15 à 1800 hommes, destinée à s'embarquer sur la petite division de la même escadre, commandées l'une et l'autre par l'amiral Villeneuve.

Pour la première, vous ordonnerez la formation d'un parc de quatre pièces de 12, de quatre de 8, de six de 4, de quatre obusiers de 6 pouces, auxquels vous joindrez 300 coups à tirer par pièce, 800,000 cartouches, deux mortiers à la Gomer de 12 pouces, deux de 8 pouces, et 300 bombes et coups à tirer par mortier, avec doubles crapauds, et 4,000 fusils. La 4° et la I2° compagnie du 4° régiment d'artillerie à pied, complétées chacune à 80 hommes ; 80 hommes d'un des bataillons de sapeurs qui sont à Alexandrie, en Piémont, et qui se rendront à cet effet en toute diligence à Toulon; l'escouade d'ouvriers qui fait partie du camp de Toulon, et dans laquelle seront incorporés 50 ouvriers conscrits de la marine; une compaguie du train du 4° bataillon, qui se rendra à Toulon, feront partie de la première colonne, qui s'embarquera sur la grande escadre. Le 16° régiment de ligne, qui est à Alexandrie, recevra ordre de se rendre par le col de Tende à Toulon. Le 67°, qui est à Gênes, recevra ordre également de se rendre en toute diligence à Toulon. Arrivés à Toulon, ces deux corps fourniront chacun deux bataillons de 800 hommes chaque, qui feront partie de la première colonne. Le 23° de ligne fournira également à la première colonne deux bataillons de 800 hommes chaque, et, à cet effet, la moitié du bataillon d'élite qui appartient aux 3° et 4° bataillons rentrera au corps ; de sorte que ce régiment aura 1,600 hommes embarqués et deux bataillons à terre. Ces six bataillons, joints à l'artillerie ci-dessus désignée et à un escadron de 160 hommes du 19° de chasseurs, feront partie de la première colonne et s'embarqueront sur la grande escadre de l'amiral Villeneuve. Pour la seconde colonne, destinée à s'embarquer sur la petite escadre commandée par l'amiral Villeneuve, vous ordonnerez la formation d'un parc de deux pièces de 12, de quatre pièces de 4 et de deux obusiers de 6 pouces, auxquels vous joindrez 200,000 cartouches et I,000 fusils. Une compagnie du 4° régiment d'artillerie partira de Grenoble pour s'embarquer sur la petite escadre, ainsi que 20 hommes d'un des bataillons de sapeurs qui sont à Alexandrie, en Piémont, et qui se rendront à Toulon en toute diligence. Le 2° régiment de ligne fournira à la seconde colonne deux bataillons faisant ensemble 1,600 hommes, y compris son bataillon d'élite, lesquels seront embarqués sur la petite escadre. Il est indispensable que ces troupes soient prêtes, pour le 25 vendémiaire, à être embarquées. Transmettez vos ordres sur-le-champ par un courrier extraordinaire, et prenez des mesures pour que les corps envoient aux bataillons tout ce qui est nécessaire. Faites donner une paire de souliers à chaque homme en gratification; vous les ferez confectionner sur-le-champ à Marseille et à Toulon. Les colonels des trois régiments à trois bataillons s'embarqueront avec leurs corps, et les majors resteront à terre. Les colonels des corps à quatre bataillons resteront à terre, et le major s'embarquera avec les deux bataillons de guerre. Je vous ferai connaître par un prochain courrier les généraux et officiers d'artillerie et du génie qui commanderont les deux colonnes. Mon intention est que les corps, à mesure de leur arrivée à Toulon, soient sur-le-champ formés et embarqués. La marine leur fournira les sarraux et pantalons. La guerre leur fera donner une paire de souliers en gratification, ce qui fera 4 à 5,000 paires de souliers qu'il faut faire sur-le-champ confectionner, ou que la marine pourrait fournir si elle les a disponibles. Le décompte de chaque bataillon sera fait. Il n'embarquera que ses masses de linge et chaussure. Il sera pourvu à ce que leur habillement soit aussi complet que possible.

Vous ordonnerez au général Lagrange de se tenir prêt.à s'embarquer à bord de l'escadre de l'île d'Aix avec un général de brigade, un adjudant commandant, deux capitaines , deux bataillons du 26° de ligne complétés à 1,600 hommes, deux bataillons d'infanterie légère piémontais formant l,200 hommes, une compagnie du 4° régiment de chasseurs à pied de 60 hommes, les 16° et l7° compagnies du 3° d'artillerie à pied, une escouade de la 2° compagnie d'ouvriers qu'il complétera avec 50 conscrits ouvriers de la marine, une demi compagnie du train du 7° bataillon, et le 3° bataillon colonial, qui est à l'île de Ré, qu'il complétera avec les conscrits qu'il pourra trouver dans les différents dépôts des îles de Ré et d'Oleron. Vous ferez embarquer sur cette escadre quatre pièces de 12, deux pièces de 8, six de 4, quatre obusiers de 6 pouces, 300 coups à tirer par pièce et 5,000 fusils.

NAPoLÉoN.
Dépôt de la guerre.

8060. — AU VICE-AMIRAL DECRÈS.
Mayence, 7 vendémiaire.an XIII (29 septembre 1804).

Monsieur Decrès, nous avons trois expéditions à faire.

Première expédition : 1° Mettre la Martinique, la Guadeloupe et Sainte-Lucie à l'abri de tout événement. Pour cet effet, il faut I,500 hommes de renfort, 4,000 fusils et un millier de poudre. 2° S'emparer de la Dominique et de Sainte-Lucie, ce qui contribuera merveilleusement à mettre la Guadeloupe et la Martinique à l'abri de tout événement. Il faut, pour la garnison de ces îles, 2,000 hommes. Total pour cette première expédition, 3,500 hommes. L'escadre de Rochefort sera destinée à cette expédition, qui sera commandée par le général de division Lagrange.

Deuxième expédition : I° Prendre Surinam et les autres colonies hollandaises; je ne pense pas qu'on puisse y destiner d'Europe moins de 4,000 hommes; ce qui, raisonnablement, n'en fera plus que 3,600 lorsqu'on en aura fait la conquête. 2° Porter du secours à Santo-Domingo. Pour cela, il faut l,200 hommes, 2,000 fusils . et 25 milliers de poudre. S'il arrivait que les colonies hollandaises résistassent, et que nous y perdissions plus de monde qu'on ne peut

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