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7782. — AU LANDAMMAN DE LA SUISSE. Saint-Cloud, 6 prairial an XII (26 mai 1804).

A notre très-cher et grand Ami le Landamman de la Suisse et Président de la diète de nos grands amis, alliés et confédérés, composant la Confédération helvétique.

Très-cher et grand Ami, nous avons lu avec intérêt le mémoire que vous nous avez fait remettre sur les derniers troubles de la Suisse. Nous avons été un moment alarmé de ces troubles; mais nous avons vu avec une vive satisfaction que, par des mesures clémentes, sévères et justes, vous avez rétabli la parfaite tranquillité. Le prix que nous attachons au maintien de la bonne harmonie dans la confédération, et surtout l'intérêt particulier que nous prenons à la nation suisse, nous portent à vous recommander de vous opposer à tout ce qui tendrait à violer l'indépendance ou la constitution des cantons; l'intégrité de l'une comme de l'autre forme la garantie de toute la confédération. Tout ce qui peut être agréable à votre nation, et à vous, fait partie de notre bonheur.

Sur ce, nous prions Dieu, très-cher et grand Ami, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

Écrit en notre palais de Saint-Cloud, le 6 prairial an XII, de notre

règne le premier. NAPoLÉoN.

Comm. par la chancellerie de la Confédération helvétique.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7783. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS.
Saint-Cloud, 6 prairial an XII (26 mai 1804).

Monsieur Decrès, Ministre de la marine, dans votre dernier état de situation, du l" prairial, vous ne portez sur l'escadre du Ferrol que 2,300 hommes. Ce nombre a dû être augmenté de 300 hommes d'infanterie qui ont dû s'y rendre de Malaga et de Cadix. Faites-moi donc connaître de quelle date est l'état des vaisseaux du Ferrol. Je suis d'opinion qu'il y a au Ferrol, en garnison et matelots, plus de 3,000 hommes.

Il me semble que, sur l'escadre de Brest, il n'y a point le nombre de garnisons prescrit par l'ordonnance. Il faudrait donc faire compléter ces garnisons, pour qu'elles aient un peu le temps de s'amariner.

Sur l'escadre de l'amiral Villeneuve, les garnisons ne sont pas non plus complètes. Dans votre dernier état, vous portez sur le brick le César cinq hommes du 36° régiment.Je voudrais savoir s'il n'y a pas erreur et d'où viennent ces cinq hommes du 36°. Je désirerais aussi voir bien établi le nombre d'hommes qui composent l'équipage de la Poursuivante. Faites toucher, en forme de gratification, 15,000 francs au contreamiral Ganteaume. Titre VI, article 48 du sénatus-consulte, il est dit qu'il y aura deux grands officiers de l'Empire, inspecteurs de marine : me faire connaître quel titre et quelles attributions on pourrait leur donner. Dans le même état de situation, du 1" prairial, il n'est pas dit quel régiment fournit la garnison de la frégate la Canonnière. Si les 327 hommes portés dans l'état sont tous marins, on peut bien en retirer une centaine d'hommes pour le service de la flottille, et les remplacer par une centaine d'hommes d'infanterie. Il n'est pas dit de quels corps sont les garnisons de la Libre et de la Furieuse, le vaisseau l'Aigle, la Torche, l'Argus et l'escadre du Ferrol, le Marengo et toute l'escadre qui est aux Indes. Cependant ces renseignements nous sont nécessaires. Je désire savoir ce qu'est devenu ce Palamet dont il est question

dans le mémoire que je vous envoie. NAPoLÉoN. Archives de l'Empire.

7784. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS.
Saint-Cloud, 6 prairial an XII (26 mai 1804).

Monsieur Decrès, Ministre de la marine, j'écris par un courrier extraordinaire au vice-amiral Thévenard, pour l'encourager. Je lui demande, indépendamment de l'Algésiras, un des vaisseaux le Régulus ou le Courageux prêt à partir pour la fin de messidor. J'ai écrit au préfet Caffarelli pour lui demander, au 14 juillet, 23 vaisseaux en rade.

Je désirerais que vous me fissiez connaître votre opinion sur la mesure, qui paraîtrait bonne à prendre, d'établir à Toulon, Brest, Rochefort, etc., que le tiers des équipages sera formé de soldats de terre. En prenant cette mesure de suite dans les rades de Toulon, Brest, et à l'île d'Aix, on aura le temps d'amariner les soldats et de les exercer à toute sorte de manœuvres. Un soldat qui a passé deux mois en rade, et constamment exercé dans des canots, chaloupes et aux manœuvres basses de vaisseau, doit être bon à quelque chose. J'ai vu, dans la dernière guerre, des escadres assez belles avoir la moitié des équipages de soldats et manœuvrer passablement. Cette manière de voir peut être justifiée par la différence que la marine a coutume de mettre entre un bâtiment armé en flûte et un bâtiment armé en guerre. La différence serait de moitié.J'imagine qu'elle vient de ce que l'on ôte aux bâtiments armés en flûte les hommes nécessaires aux manœuvres du canon. Dans les 20 vaisseaux et les 4 frégates de la rade de Brest, il y a I 1,000 matelots, sur lesquels I,800 soldats. La proportion actuelle est du cinquième au sixième. En mettant le tiers de soldats, cela ferait encore 3,000 hommes à fournir, ce qui d'abord compléterait les équipages et rendrait quelques matelots disponibles. Dans l'escadre de Rochefort, il y a 2,950 hommes, sur lesquels 450 soldats. Il y aurait donc encore 600 soldats à mettre, ce qui ferait 600 matelots, qui aideraient à former l'équipage de l'Achille. Dans l'escadre de Toulon, il y a 9,000 hommes, sur lesquels il n'y a pas 1,000 soldats. D'après le même principe il faudrait encore 2,000 soldats, ce qui compléterait l'équipage du Berwick et de l'Indomptable. Je vous prie de me faire un prompt rapport sur ces objets, afin de donner de suite les ordres nécessaires; car il est bon, dans cette hypothèse, que l'on profite du temps pour amariner en rade le soldat.

NAPOLÉON. Archives de l'Empire.

7785. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS.
Saint-Cloud, 6 prairial an XII (26 mai 1804).

Monsieur Decrès, Ministre de la marine, la République italienne nous doit le prix de 12 chaloupes et de 2 frégates. J'ai réglé ce prix à 2,400,000 livres tournois, savoir : 900,000 livres pour chaque frégate et 600,000 livres pour les 12 chaloupes canonnières.

La moitié de cette somme, c'est-à-dire l,200,000 livres, sera versée en chanvre, à Gênes, et j'ai chargé Marescalchi de s'entendre avec vous pour régler le prix et la qualité du chanvre; vous autoriserez quelqu'un dans cette ville à le recevoir. L'autre moitié sera payée au trésor public.

NAPOLÉoN. Archives de TEmpire.

7786. — AU VICE-AMIRAL MARTIN. saint-Cloud, 6 prairial an XII (26 mai 1804). Monsieur Martin, Vice-Amiral, Préfet maritime à Rochefort, j'ai reçu vos deux lettres des 15 et 21 floréal. J'ai vu par la dernière que vous avez tenu ce que vous promettiez. Je pense qu'à l'heure qu'il est le Lion est en rade. J'ai donné l'ordre, comme vous l'avez demandé, que l'île d'Aix vous fût remise. Il est nécessaire que vous y alliez souvent et que vous veilliez à l'entretien en bon état des batteries, et à leur bon approvisionnement. Un bataillon de 800 hommes doit arriver ces jours-ci dans votre port. Je désirerais que la frégate l'Armide entrât en rade avant la fin du mois, et que le vaisseau l'Achille fût mis à l'eau au 14 juillet, et qu'avant le 20 thermidor il fût en rade. Faites , s'il est nécessaire, travailler aux flambeaux. J'ai ordonné des fonds extraordinaires pour assurer le payement des constructeurs. Assurez-vous d'avance que rien ne retardera l'armement. Levez tous les obstacles qui pourraient se présenter, et que, du 20 au 30 thermidor, ce vaisseau augmente l'escadre de l'île d'Aix. La frégate la Pénélope est commencée depuis deux ans; qui empêche à Bordeaux qu'elle ne soit achevée? Il doit y avoir dans cette ville toutes sortes de ressources. Je compte sur votre zèle et sur votre attachement à la patrie et à moi pour l'exécution de cet ordre.

NAPoLÉoN. Archives de l'Empire.

7787. — A M. CAFFARELLI.
Saint-Cloud, 6 prairial an XII (26 mai 1804).

Monsieur Caffarelli, Conseiller d'État, Préfet maritime à Brest, je vois avec plaisir que vous avez 20 vaisseaux en rade. Je désirerais qu'avant le 14 juillet l'Océan et le Patriote pussent y être, et si, sur les 6 vaisseaux désarmés qui restent, vous croyez qu'il soit possible de tirer encore parti d'un, tâchez de porter votre escadre à 23 vaisseaux. Faites surtout armer vos vaisseaux de caronades et d'obusiers de nouveau modèle. Les Anglais s'en servent avec succès. Je ne vois pas pourquoi on ne se servirait pas d'obus pour les pièces de 36. En répartissant bien les matelots sur les 20 vaisseaux de l'escadre en rade, et ajoutant 2 ou 3,000 hommes d'infanterie, l'escadre se trouverait bien armée. J'ai vu avec peine que vous étiez malade. Mais dans ce moment vous êtes trop nécessaire au port de Brest. Votre zèle et votre attachement à l'État et à moi me sont connus depuis longtemps, et je me fonde sur toutes ces raisons pour espérer qu'au l4 juillet j'aurai en rade 23 vaisseaux prêts à mettre à la voile et approvisionnés d'autant de vivres qu'ils en pourront porter.

NAPoLÉoN. Archives de l'Empire.

7788. — A M. LEBRUN.
Saint-Cloud, 7 prairial an XII (27 mai 1804).

Monsieur Lebrun, Colonel Aide de camp, vous partirez dans la journée pour vous rendre à Bordeaux. Vous y verrez le préfet, le commissaire général de police et le commissaire de marine. Vous leur ferez connaître que mon intention est qu'ils fassent une levée extraordinaire de matelots pour les ports. Dans une ville comme Bordeaux, il y a toujours des ressources. Vous les pousserez le plus possible. Vous verrez par vous-même, en vous promenant sur le port habillé en bourgeois et causant avec différents individus, s'il y a effectivement encore des matelots.

Vous irez voir la frégate la Poursuivante, dernièrement arrivée d'Amérique, qui est au bas de la rivière. Vous verrez quelle est la force de son équipage, son approvisionnement, si elle a besoin de réparations, et si elle est propre à faire une mission. Vous verrez la frégate la Pénélope, qui est sur le chantier; vous présserez le commissaire de marine d'y faire travailler avec toute l'activité possible, vous verrez combien elle a de vingt-quatrièmes de faits et ce qui s'oppose à ce qu'on y travaille avec plus d'activité. Vous verrez les bâtiments de la flottille qui sont en rade, et ce qui reste des 44° et 63°, qui ont dû s'embarquer dans ce port; ce qu'il y aurait en chantier ou en armement pour la flottille. Vous me ferez sur tout cela un mémoire raisonné et détaillé, voyant tout vous-même, et y mettant le temps.

Vous irez à Bayonne; vous y verrez l'état des constructions pour la marine et y ferez les mêmes observations, de même à SaintJean-de-Luz. Vous m'enverrez de là un rapport détaillé et circonstancié.

De là vous vous rendrez au Ferrol et à la Corogne; vous verrez les bâtiments les uns après les autres, ainsi que le bâtiment batave. Vous vous assurerez de la situation de chacun de ces bâtiments; vous verrez quelle espèce de campagne ils peuvent faire, et ce qui les empêche d'entrer dans le bassin. Vous verrez ce que la marine espagnole pourrait leur fournir, soit en vivres, soit en agrès, etc., et ce que le commandant pourrait se faire fournir avec de l'argent. Vous examinerez les équipages; vous vous informerez de ce qu'on a fait des hommes qui étaient à Malaga et à Cadix, et qui ont dû se rendre au Ferrol pour tenir garnison sur les vaisseaux. Vous resterez cinq ou six jours dans ce port et m'enverrez de là un mémoire raisonné et détaillé.

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