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dans la communion de l'évêque, ou que sur-le-champ elles soient chassées.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7688. — AU CITOYEN GAUDIN , MINISTRE DES FINANCES.
Saint-Cloud, 26 germinal an XII (16 avril 1804).

Je désire, Citoyen Ministre, que, dans le courant de la semaine, vous preniez des mesures pour mettre un terme au scandale qu'offre dans le public la succession de la Tour-d'Auvergne. De retour de mon voyage dans le département de l'Eure, il y a dix-huit mois, j'eus l'éveil sur l'immense fraude qui existait au détriment du Gouvernement. J'ai depuis tenu plusieurs conseils ; mais, je dois l'avouer, l'intérêt et la friponnerie ont été plus puissants que la justice et ma volonté. La France a encore le scandale de voir une province entière être devenue le revenu d'un faiseur d'affaires, ce qui ne peut avoir été que par la négligence de l'administration. Je veux enfin que cela finisse. Je désire que vous en manifestiez l'intention dans vos bureaux et dans ceux de l'enregistrement, et que ceux qui auraient été d'intelligence avec ces faiseurs d'affaires sachent que le Gouvernement ne veut plus être trompé. Je vous envoie un relevé que j'ai fait faire des différents actes relatifs à cette affaire. La Tour-d'Auvergne n'a, je crois, plus d'héritiers ; j'avais chargé l'enregistrement de mettre d'abord le séquestre sur ses biens, et j'avais entendu qu'au plus tard dans un mois il eût fait entrer la mation en jouissance de la propriété. L'enregistrement a mis le séquestre ; mais les questions auxquelles il aurait pu donner lieu n'ont pas été présentées, et il paraît que le fermier, de son propre droit, a reconnu héritier qui il a voulu. Cet état d'incertitude est très-avantageux aux faiseurs d'affaires, qui, par là, sont soustraits aux recherches de la nation comme à celles des héritiers réels ; et je vois avec peine que vous n'avez pas été instruit et que vous n'avez pas réprimé des abus aussi criants. Dans l'arrêté de l'an VIII, comme dans les actes des années suivantes, les bois ont toujours été exceptés, et cependant je suis instruit que l'on a poussé l'impudence jusqu'à affranchir les fermiers de toute forme et de toute règle sur leur exploitation ; aucunes formes légales voulues pour la vente des biens nationaux n'ont été exécutées, de manière qu'ils ont pu évaluer à leur profit les coupes de bois, comme ils l'ont voulu. Mon intention est que les fermiers soient tenus de traiter de clerc à maître. Quant au fond de la question, s'il n'y a plus d'héritiers, il est naturel que cette succession rentre dans la loi des forêts et domaines nationaux ; s'il y a des héritiers, il est juste qu'ils soient mis en possession, au terme de la dernière loi du Corps législatif; car, si les biens qu'a échangés la maison de Bouillon n'existent plus, il est constant que c'est par son refus d'obéir à la loi et de se remettre en possession des biens de Sedan. Dans tout état de cause, je veux que les héritiers de cette ancienne · et illustre maison, s'il en existe, aient promptement ce que la dernière loi veut qu'il leur soit donné ; mais, dans aucun cas, je n'entends que des faiseurs d'affaires adroits, astucieux, qui ont poussé l'impudence jusqu'à faire entendre le cri de l'immoralité à la tribune nationale, lèvent la tête et volent l'État bannière déployée.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7689. — AU GÉNÉRAL LANNES.
Saint-Cloud, 26 germinal an XII (16 avril 1804).

Citoyen Général Lannes, Ministre plénipotentiaire de la République à Lisbonne, je suis content du traité que vous avez fait. Nous y perdons des sommes considérables, puisque l'Espagne s'était engagée à nous faire donner des subsides par le Portugal pendant tout le temps de la guerre ; mais cela paraît se compenser par les avantages acquis à notre commerce, et tous les sacrifices qui seront faits à notre commerce seront toujours dans mon goût et dans l'intérêt public.

Dans les affaires diplomatiques, il faut marcher doucement et avec réserve, et ne rien faire de ce qui n'est pas contenu dans les instructions, parce qu'il est impossible à un agent isolé de pouvoir apprécier l'influence de ses opérations sur le système général. L'Europe forme un système, et tout ce qu'on fait dans un point rejaillit sur les autres ; il faut donc du concert.

J'ai vu avec plaisir que vous ayez fait insérer le rapport du grand juge dans la Gazetle de Lisbonne. Je vous sais gré de l'attention que vous portez à soutenir notre dignité et notre influence à Lisbonne. N'ajoutez aucune espèce de confiance aux bruits qu'on vous ferait parvenir. Le pays ici va au mieux, et le petit nombre des malveillants : sont dans une parfaite impuissance.

J'ai vu ici avec plaisir M. d'Aranjo. Il m'a paru dans des sentiments tels qu'on peut les désirer. Vous resterez encore quelque temps à Lisbonne ; mais, soyez tranquille, on ne frappera pas de grands coups que vous n'y soyez. · BoNAPARTE.

Mille choses aimables et respectueuses à madame Lannes.

Comm. par M. le duc de Montebello.

7690. — AU CITOYEN TALLEYRAND. Saint-Cloud, 27 germinal an XII (17 avril 1804). Je prie le ministre des relations extérieures d'écrire particulièrement à Hambourg, Francfort et dans les autres villes d'Allemagne, pour se procurer adroitement des renseignements sur les auteurs de ces bulletins par ceux qui les reçoivent, et de faire des recherches sur l'écriture de ceux qui habituellement en envoient.

BoNAPARTE. Archives des affaires étrangères.

7691. — AU GÉNÉRAL MARMONT,
CoMMANDANT LE CAMP D'UTRECHT.
Saint-Cloud, 27 germinal an XII (17 avril 1804).

Citoyen Général Marmont, je réponds à votre lettre du 28 ventôse. Si le nouveau chef du 28° régiment de ligne ne répondait pas dans trois mois aux espérances que j'en ai conçues, on le changerait. Je vais m'occuper de donner un nouveau chef au l 1° de ligne; cela remédiera à tout. Vous ferez passer au ministre de la guerre des renseignements plus détaillés sur le colonel du 8° de chasseurs; j'en avais une opinion différente de celle que vous m'en donnez.

Je tremble à votre idée de former des camps en Hollande ; les maladies nous ont fait bien du mal l'année passée, et je préfère laisser entrer les Anglais, pour les en chasser après, à perdre toutes nos troupes à l'hôpital. La frégate qui est à l'embouchure de la Meuse ne partira point.

Continuez à m'instruire de la situation de l'esprit de la Hollande. On m'a promis que les écrivassiers de ce pays seraient plus discrets. Envoyez un officier d'état-major pour faire descendre les chaloupes de la Meuse. Faites mettre sur chacune une garnison et faites-les diriger sur Helvoet-Sluys, où le capitaine de la frégate doit les équiper, et, quand vous saurez que les six de Strasbourg et de Liége sont arrivées, vous leur donnerez la même direction. Quoique cela ne soit point du ressort de la terre, vous devez vous en occuper. Cela augmentera d'autant la protection de vos côtes, et quelques chaloupes canonnières françaises vous seront fort utiles.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7692. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS.
Saint-Cloud, 27 germinal an XII (17 avril 1804).

Le général Marmont m'instruit que les trois chaloupes canonnières de Liége sont à Dordrecht. Écrivez-lui de prendre des mesures pour les faire descendre jusqu'à Helvoet-Sluys, et ordonnez au capitaine de la frégate de les faire sur-le-champ armer. Les canons doivent avoir été fournis de ceux de Liége. Il pourra, en attendant, en fournir de la frégate.

Faites-moi connaître les ordres que vous donnez à celles construites à Colmar, Mézières et autres endroits sur la Meuse et sur le Rhin. Il sera fort utile à la frégate d'en avoir cinq ou six sous sa direction, puisque, par ce moyen, cette flottille pourra servir dans l'occasion à accompagner l'expédition du Texel , commandée par le général Marmont, soit à défendre l'entrée des canaux de la Hollande. Je désire savoir où nous en sommes des constructions du Rhin et de la Meuse.

BoNAPARTE.
Archives de l'Empire.
A
7693. — MESSAGE AU SÉNAT CONSERVATEUR.
Saint-Cloud, 28 germinal an XII (18 avril 1804).

Citoyens Sénateurs, le sénateur Joseph Bonaparte, grand officier de la Légion d'honneur, m'a témoigné le désir de partager les périls de l'armée campée sur les côtes de Boulogne, afin d'avoir part à sa gloire. r

J'ai cru qu'il était du bien de l'Etat et que le Sénat verrait avec plaisir, qu'après avoir rendu à la République d'importants services, soit par la solidité de ses conseils dans les circonstances les plus graves, soit par le savoir, l'habileté, la sagesse, qu'il a déployés dans les négociations successives du traité de Mortefontaine, qui a terminé nos différends avec les États-Unis d'Amérique, de celui de Lunéville, qui a pacifié le continent, et, dans ces derniers temps, de celui d'Amiens, qui avait rétabli la paix entre la France et l'Angleterre, le sénateur Joseph Bonaparte fût mis en mesure de contribuer à la vengeance que se promet le Peuple français pour la violation de ce dernier traité, et se trouvât dans le cas d'acquérir de plus en plus des titres à l'estime de la nation. V. Ayant déjà servi sous mes yeux dans les premières campagnes de la guerre et donné des preuves de son courage et de ses bonnes dispositions pour le métier des armes, dans le grade de chef de bataillon, je l'ai nommé colonel commandant le 4° régiment de ligne, l'un des corps les plus distingués de l'armée et que l'on compte parmi ceux qui, toujours placés au poste le plus périlleux, n'ont jamais perdu leurs étendards et ont très-souvent ramené ou décidé la victoire. Je désire, en conséquence, que le Sénat agrée la demande que lui fera le sénateur Joseph Bonaparte de pouvoir s'absenter de ses délibérations pendant le temps où les occupations de la guerre le retiendront à l'armée.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7694. AU CITOYEN MELZI, vICE-PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE.

· Saint-Cloud, 28 germinal an XII (18 avril 1804).

Citoyen Melzi, je consens avec plaisir à ce que Cicognara retourne chez lui et soit de nouveau employé pour le service de la République. S'il a commis quelques fautes, je dois me souvenir des services qu'il a rendus dès la naissance de la République, où il a fait preuve de courage et de dévouement.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7695. — AU GÉNÉRAL BERTHIER.
Saint-Cloud, 28 germinal an XII (18 avril 1804).

Je désire, Citoyen Ministre, que vous écriviez au général Gardanne qu'il m'est revenu beaucoup de plaintes sur les vexations qu'il exerce envers les habitants du pays; qu'il ait à se comporter d'une manière digne de l'armée, et à ne me faire entendre désormais aucune plainte. On doit s'étudier à se faire aimer en Italie, et non à se faire haïr.

Demandez au général Jourdan des renseignements sur le citoyen Berthelot, chef de la l" demi-brigade de ligne, qui, à ce qu'il paraît, s'abandonne au jeu, conduite indigne d'un officier qui, père

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