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7679. — AU GÉNÉRAL JUNOT, COMMANDANT LlES GRENAD1ERS DE LA RÉsERvE, A ARRAS.

Saint-Cloud, 20 germinal an XII (10 avril 1804).

Citoyen Général Junot, j'ai ordonné au général Dupas de retourner sous vos ordres. Je désire que vous le traitiez bien et que vous oubliiez le passé. C'est un bon soldat qui, dans l'occasion, vous sera utile. ll m'est revenu quelques plaintes sur la division. Vous devez vous étudier à ne pas mécontenter les chefs de corps et de bataillon, n'en pas exiger trop; il ne faut pas se fâcher quand ils ne répondent pas à votre attente, puisque vous êtes là pour les instruire.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7680. — AU CITOYEN REGNIER, gRAND JUGE, MINIsTRE DE LA JUsT1c E. Saint-Cloud. 22 germinal an XII (12 avril 1804). Faites arrêter, Citoyen Ministre, le nommé Letellier, dont il est question dans le bulletin de police du 2l germinal. Donnez ordre qu'il soit fait une liste des prêtres des Deux-Sèvres que le général Dufresse a dénoncés; prenez des renseignements du préfet, et faites-les arrêter si les renseignements du préfet confirment ceux du général. Il aurait fallu charger quelques officiers de gendarmerie intelligents d'interroger avec soin les recéleurs des brigands qui ont été arrêtés dans l'Orne, afin de découvrir toute la ligne des brigands de Paris à Rennes. Faites arrêter Gasté de la Pallue, dont il est question dans le rapport du même jour, ainsi que le nommé Degrume, cité dans le même article. Il faudrait savoir ce que c'est que ce Gasté de la Pallue.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7681. — AU GÉNÉRAL MONCEY, PREMIER INSPECTEUR GÉNÉRAL DE LA GENDARMERIE. Saint-Cloud, 20 germinal an XII (10 avril 1804). Je désire que vous vous fassiez rendre compte du nombre des officiers qui composent la garde nationale de Caen, et que vous demandiez des notes sur leur attachement au Gouvernement, leur moralité, et la part qu'ils ont eue à la chouannerie et à la guerre civile; le nom dé tous les membres du conseil général et de préfecture, avec des notes sous le même point de vue; le nom de tous les maires de Caen,

et des notes dans le même sens. BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7682. — AU ClTOYEN CHAPTAL, MINIsTRE DE L'INTÉRIEUR. - Saint-Cloud, 24 germinal an XII (14 avril 1804).

Le plan de joindre le Rhin au Rhône est sans doute un grand projet ; mais il y a bien de l'inconvénient à faire beaucoup espérer à l'opinion, et ensuite à tenir peu. On dit que cette dépense monterait à 13 millions ; on peut hardiment la porter à 15. Il faudrait donc quinze ans si l'on pôuvait y dépenser un million par an. Il serait nécessaire de proposer aux trois départements les plus bénéficiés par ce canal de s'imposer pour 5 ou 6 centimes ; ce qui produirait une somme qui pourrait être augmentée chaque année, selon les besoins et les circonstances, par des fonds généraux ; car, avec les fonds généraux du trésor public, nous ne pourrons jamais sensiblement travailler à ce canal. Écrivez donc sur cet objet aux différents conseils de départements. Ce qui n'empêche pas que, d'ici à ce que les fonds soient faits par les départements et rentrés, on n'accorde quelques fonds pour pousser la navigation du Doubs jusqu'à Besançon. Il faudrait d'abord être bien sûr que ce projet est ce qu'il y a de meilleur pour la navigation du Doubs; il y a des ingénieurs qui seraient d'avis

qu'on ôtât tous les barrages. BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7683.— AU GÉNÉRAL SOULT,
C0MMl A ND ANT LE C A M P D E SA1NT - 0M E R .
Saint-Cloud, 24 germinal an XII (14 avril 1804).

Citoyen Général Soult, j'ai reçu votre dernière lettre. Les conseils généraux des départements, les colléges électoraux et tous les grands corps de l'Etat demandent que l'on mette enfin un terme aux espérances des Bourbons, en plaçant la République à l'abri des secousses des élections et de l'incertitude de la vie d'un homme. Mais, jusqu'à cet instant, je ne me suis encore décidé à rien ; cependant je désire que vous m'instruisiez en grand détail de l'opinion de l'armée sur une mesure de cette nature. Vous sentez que je n'y serais porté que dans le seul but de l'intérêt de la nation, car le Peuple français m'a fait si grand et si puissant que je ne puis plus rien désirer.

Vous devez prévenir le colonel du 4° régiment que je l'ai nommé général de brigade. J'envoie, pour le remplacer comme colonel, mon frère Joseph ; il a, dans les premières campagnes de la révolution, servi comme chef de bataillon ; il a à cœur, comme moi, de devenir militaire ; car, dans les temps où nous vivons, ce n'est pas assez de servir l'État par ses conseils dans les négociations les plus difficiles ; il faut encore pouvoir, si les circonstances le veulent, le servir avec son épée. Mais, comme il faut que j'informe déjà le Sénat de cette mesure, il faut tenir cela secret. Je pense que Joseph sera à Boulogne avant le 1" du mois prochain ; il doit y faire son métier avec la plus grande rigueur. Seulement, au moment de son arrivée, vous pourrez le recevoir avec tous les homneurs dus à un grand officier de la Légion d'honneur, à un sénateur et à une personne qui m'est si chère. Il descendra pour cela à mon quartier général. Mais, ces honneurs une fois rendus, il devra mettre son habit de colonel et être subordonné comme le veut la loi militaire. J'ai nommé capitaine dans le même corps Stanislas Girardin, qui était capitaine lorsqu'il est entré au Corps législatif. Je désire que vous me fassiez connaître le meilleur capitaine du 4°, que je veux faire entrer dans la Garde, afin que cela ne fasse aucun tort à l'avancement du corps. Faites connaître au général Suchet que j'ai accordé à son frère la place qu'il m'a demandée. Je désire beaucoup être débarrassé de ce procès, ce qui sera, j'espère, sous dix jours, pour venir vous voir. Berthier, je crois, part demain.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7684. — AU GÉNÉRAL NEV, coMMANDANT LE cAMP DE MoNTREUIL. Saint-Cloud, 24 germinal an XII (14 avril 1804). Citoyen Général Ney, je reçois avec plaisir les rapports que vous m'envoyez. Je prends beaucoup d'intérêt à l'état de la crue des eaux de la baie d'Étaples. Avant de construire un fort sur le banc des Chiens, il faut que les deux forts de Boulogne soient achevés ; nous verrons d'ailleurs cela plus amplement à mon prochain voyage, qui, j'espère, ne tardera pas. J'ai nommé votre beau-frère, sur la demande que vous m'en avez faite, à la place d'administrateur des droits réunis ; et j'ai été fort aise de trouver cette occasion de vous donner une nouvelle preuve de mon estime. Quoique Cayeux ne soit pas de l'arrondissement de votre armée, puisque vous êtes instruit qu'il y a des communications avec l'ennemi, il n'y a pas d'inconvénient à ce que vous y envoyiez des gendarmes d'élite et même un agent secret. Dans la guerre passée, Cayeux a été un rendez-vous de mauvais sujets. J'ai peine à me persuader que l'abbé Ratel, qui est des environs de Boulogne, n'ait pas eu part à l'incendie du magasin de Montreuil. Prenez des informations pour connaître les individus qui sont à Étaples, Montreuil et aux environs, qui ont des liaisons de parenté

et de connaissance avec ce misérable. BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7685. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS.
- Saint-Cloud, 24 germinal an XII (14 avril 1804).

J'ai lu le rapport du ministre de la République à Gênes, du 7 germinal. Il n'en résulte pour moi rien de clair. Je désirerais que vous chargeassiez un officier de marine, qui eût l'habitude de ces travaux, I° De se rendre à Gênes, d'y visiter les constructions qui s'y font, pour s'assurer qu'elles sont bonnes, car de mauvais vaisseaux ne servent de rien ; 2° De voir si l'arsenal actuel est bien situé, si l'opération de jeter les bâtiments à l'eau se fera sans difficulté, enfin si l'on a pourvu à tout, surtout à ce qui est relatif à l'opération de mâter (il faudrait lui communiquer mon projet, mais dans le plus grand secret, afin qu'il puisse faire sa mission avec plus de succès). Je voudrais pouvoir tenir à Gênes, en temps de paix, une escadre de six vaisseaux de guerre, de quatre frégates, et dès lors pouvoir les radouber, les refondre, les remâter et les armer ; et cette escadre, je voudrais l'armer en grande partie avec des matelots génois. A cet effet, il faut donc, l° savoir si l'on peut se servir de la darse comme bassin ; 2° reconnaître le mouillage d'une escadre, soit dans le port de Gênes, soit dans la rade. Et, comme cette affaire devra être un objet de négociation avec Gênes, il faut bien en savoir les éléments, afin de tout prévoir dans ladite négociation. Il faudrait que tous nos magasins fussent dans un ensemble qui formât une petite ville dans Gênes. L'amiral Rosily pourrait être très-bon pour cette mission, qui doit être faite dans la saison actuelle, pour être à même de bien vérifier la sonde et de procurer toutes les lumières propres à détruire tout préjugé sur cet objet. Ce général pourrait être aussi chargé de faire un rapport sur Villefranche et le golfe de la Spezzia.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7686. — AU CONTRE-AMIRAL VER HUELL,
COMMANDANT LA FLOTTILLE BATAVE.

Saint-Cloud, 24 germinal an XII (14 avril 1804).

Monsieur le Contre-Amiral Ver Huell, Commandant en chef la flottille batave, nous n'avons pu nous entendre pour le cartel d'échange avec l'Angleterre. Elle a refusé d'y comprendre les prisonniers hanovriens. Le temps est arrivé de ne recevoir les modifications que l'Angleterre veut faire au droit commun, ni en temps de paix ni en temps de guerre. Vous ne sauriez trop vous méfier des commodores anglais ; tous ces parlementaires qu'ils envoient n'ont pour but que l'espionnage.

Apprenez-moi bientôt que la seconde partie de la flottille est arrivée à Ostende.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7687. — AU CITOYEN REGNIER, GRAND JUGE, MINISTRE DE LA JUSTICE.

Saint-Cloud, 26 germinal an XII (16 avril 1804).

Citoyen Grand Juge, je vous ai fait connaître mes intentions relativement aux prêtres dissidents et qui sont encore dans la communion des évêques rebelles à la religion et à la patrie. Je suis cependant instruit que le préfet de Loir-et-Cher continue à professer des principes opposés, qu'il a longtemps protégé Habert, correspondant de M. de Thémines, évêque rebelle, et qu'il avait placé des sœurs hospitalières à Vendôme, qu'il a érigées en communauté et autorisées à ne pas être dans la communion de l'évêque d'Orléans, et qu'enfin il a placé là un foyer de rébellion contre le concordat. On assure même qu'il a souffert qu'on renvoyât un novice parce qu'il était dans les principes du concordat. Faites-vous rendre compte de ce fait, et faites-moi connaître quel caractère je dois donner à la conduite de ce préfet : est-ce irréflexion ou rébellion contre mes ordres ? Faitesmoi aussi connaître si les prêtres dissidents de Loir-et-Cher sont arrêtés, et donnez ordre que ces sœurs hospitalières soient remises

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