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laquelle sera adressée au Pape par le cardinal Fesch. Vous direz que ' l'indépendance des puissances de l'Europe est évidemment attaquée par la Russie, puisqu'elle veut se donner une juridiction sur des sujets qui ne sont pas nés Russes et bouleverser le droit public du monde tout aussi bien que le droit de la nature; que les émigrés sont des hommes condamnés à la mort par les lois de leur pays, et considérés dans tous les pays comme des individus morts civilement; que des émigrés, cependant, soient employés en Russie, nous n'y avons jamais trouvé à redire; mais ce dont nous nous plaignons, c'est que la Russie prétende les protéger et les accréditer au milieu des intrigues qu'ils trament sur nos frontières; que jamais la France ne consentira à admettre des principes aussi erronés. Pour M. de Vernègues, cela est d'autant plus extraordinaire qu'il a été constamment en Italie chargé de toutes les intrigues comme soi-disant représentant du comte de Lille, et c'est là où le ministre russe qui est aujourd'hui à Rome l'a connu. Puisqu'ils aiment l'idéologie, il faut tourner la question sous tous les points de vue, dire que c'est une conduite imprudente, qu'on ne peut définir, de vouloir inquiéter un gouvernement ami par les intrigues d'hommes qui y ont leur intérêt naturel; qu'on a de la peine à reconnaître dans ce procédé la politique et la générosité d'un grand empire. Faites une lettre au cardinal Caprara en lui envoyant une copie de cette note. Envoyez au cardinal Fesch un courrier pour lui faire connaître qu'il doit absolument exiger qu'on livre M. de Vernègues; que les principes de la cour de Russie sont subversifs de nos droits et de notre indépendance, et que nous ne souffrirons jamais d'aucune puissance qu'on se mêle de discuter nos droits intérieurs. Je désire que vous écriviez à l'ambassadeur de la République à Rome, pour que l'abbé Bonnevie retourne en France à son poste.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7656. - AU CITOYEN TALLEVRAND. La Malmaison, 10 germinal an XII (31 mars 1804). Je vous envoie, Citoyen Ministre, une lettre de Hanovre qui me paraît extravagante. Il y a cependant des faits qui doivent passer toujours avant les conjectures. N'en parlez point à M. Lucchesini, mais tâchez de pénétrer s'il sait qu'il se fait des mouvements de troupes; et portez une attention particulière à toutes les pièces de votre correspondance de Hambourg, Cassel ou Berlin. Si la Prusse rassemble des troupes, c'est probablement pour se mettre en mesure d'en imposer à l'Empereur. BoNAPARTE.

Comm. par M. Lebert, de Colmar.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7657. — AU GÉNÉRAL BERTHIER.
La Malmaison, 10 germinal an XII (31 mars 1804).

Je désire, Citoyen Ministre, que vous fassiez témoigner ma satisfaction au 18° de ligne, aux détachements des 32°, 96°, 4° léger, au l" de cuirassiers, aux détachements des l l° de cuirassiers, 3° et 27° de dragons qui ont fait le service extraordinaire des barrières.

Vous leur ferez donner un demi-mois de solde en gratification, sans que cette dépense puisse passer 60,000 francs. Ces quinze jours de gratification seront du traitement ordinaire des troupes sans y comprendre le supplément qu'elles ont à Paris. Il est inutile de donner aucune publicité à cette mesure.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7658. — AU CONTRE-AMIRAL VER HUELL,
COMMANDANT LA FL0TTILLE BATAVE.

La Malmaison, 10 germinal an XII (31 mars 1804).

Monsieur le Contre-Amiral Ver Huell, j'ai reçu votre lettre du 4 germinal. J'ai vu avec peine que la chaloupe canonnière que vous avez placée entre le Schouwen et le Nord-Beveland avait été surprise. Je suis instruit d'ailleurs que la canonnière n'avait ni garnison d'infanterie, ni filets d'abordage. Les canonnières doivent avoir 30 hommes de garnison, soit Bataves, soit Français; et, si en même temps elle eût eu ses filets d'abordage, il eût été difficile à l'ennemi de l'enlever.

J'ai vu aussi avec peine que la seconde chaloupe canonnière était loin de la première. L'audace des Anglais est connue. Elles doivent être près l'une de l'autre et se faire éclairer, même par des canots.

J'ai vu cependant avec plaisir que la chaloupe nous est restée. Écrivez à la Haye pour faire construire une cinquantaine de bâtiments armés d'un obusier et d'une pièce de 4. C'est, à mon sens, la meilleure manière de défendre les canaux.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7659. — AU CITOYEN REGNIER.
Paris, 14 germinal an XII (4 avril 1804).

Je vous envoie, Citoyen Ministre, l'état des employés aux postes des frontières du Rhin. D'après ce que vous m'avez dit, il paraît qu'ils ont été travaillés. Il est donc convenable que vous fassiez prendre les informations nécessaires pour avoir des renseignements exacts sur ceux dont la conduite et la moralité ne seraient pas à l'abri

de tout soupçon. BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7660. - AU CITOYEN REGNIER.
Paris, 14 germinal an XII (4 avril 1804).

Je vous envoie des lettres du commissaire de police de Bordeaux. C'est la seconde fois que ce commissaire m'adresse directement des rapports; je ne sais pourquoi. Faites-lui connaître qu'il faut qu'ils soient directement envoyés au ministre. Faites-lui connaître également que ce ne serait que dans le cas qu'il aurait à faire des plaintes contre le ministre qu'il pourrait s'adresser directement à moi.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7661. — AU CITOYEN REGNIER.
Paris, 14 germinal an XII (4 avril 1804).

Je vois, Citoyen Ministre, dans le bulletin de police du 13 germinal, l'arrestation de Fenouillot. Si c'est celui dont il est question dans le mémoire de Montgaillard comme compromis dans la trahison de Pichegru de l'an V, il faut le faire venir à Paris. · Le frère Dubrieux, qui a été arrêté le 8 de ce mois, est évidemment un homme de la bande de Georges. Il faut le joindre au procès. Les nommés Fagedel et Heliot, venant de l'étranger après plusieurs années d'absence, paraissent en règle; mais il faut savoir si la qualité de négociants qu'ils prennent est réelle. Il faut pour cela écrire à Cahors. Si c'était un émigré, n'importe de quelle époque, il faudrait le retenir en prison.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7662. — AU CITOYEN REGNIER.
Paris, 14 germinal an XII (4 avril 1804).

Mon intention, Citoyen Ministre, est que les I l,000 francs qui ont été trouvés sur Saint-Vincent et sur son frère Armand Gaillard soient, immédiatement après le procès, remis à la municipalité de Mériel, pour être employés à des travaux publics le plus avantageux à ladite commune.

Vous ferez remettre 12,000 francs au général Moncey pour l'individu de la gendarmerie qui a fait découvrir et prendre Charles d'Hozier, conformément à la promesse que j'avais autorisé le premier inspecteur à faire dans l'ordre du jour de la gendarmerie.

Vous me présenterez un rapport qui me fasse connaître celui qui a fait découvrir Georges, afin de lui faire remettre les 48,000 francs qui ont été promis à celui qui le ferait arrêter.

Tout ce qui aura été trouvé sur Tamerlan sera remis, immédiatement après le procès, aux gendarmes d'élite et de département qui ont concouru à l'arrestation de Tamerlan, Saint-Vincent et Gaillard.

Vous me ferez également un rapport qui me fasse connaître le montant de toutes les sommes saisies sur les brigands, et vous m'en présenterez un projet de distribution, soit entre les agents de la police, soit entre les gendarmes qui ont contribué à leur arrestation. Les 100,000 francs donnés pour Tarrestation de Pichegru et les 48,000 francs donnés pour l'arrestation de Georges ne doivent point être compris dans ces sommes.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7663. AU CITOYEN CHAPTAL.
Paris, 14 germinal an XII (4 avril 1804).

Mon intention, Citoyen Ministre, est que, dimanche prochain, vous me présentiez le sous-préfet de Pontoise et les municipalités de Mériel, Frépillon et Villiers-Adam, ainsi que le nommé Étienne Cousin, vigneron, et ceux qui ont le plus contribué à l'arrestation des brigands Saint-Vincent et Armand Gaillard.

Vous ordonnerez au maire de Mériel de réunir le conseil municipal pour délibérer sur l'emploi des 11,000 francs qui ont été trouvés sur ces brigands, mon intention étant qu'ils servent à l'établissement d'un monument d'utilité publique pour la commune. A cette occasion, je désire que vous me fassiez connaître ce que je puis faire, soit pour les communes, soit pour les différents individus, voulant, dimanche, leur accorder des grâces. Quant à Étienne Cousin, qui a eu l'échalas coupé dans la main par un coup de pistolet, mon intention est de le faire admettre comme légionnaire dans la Légion d'honneur.

• " BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7664.— NOTE POUR LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR.

Paris, 14 germinal an XII (4 avril 1804). Écrire au préfet d'Ille-et-Vilaine que les réclamations qu'il a faites contre les arrestations ordonnées par le premier inspecteur général de gendarmerie nationale ne sont point fondées; qu'il est précisément de principe que les arrestations, dans certains cas que le préfet ne peut apprécier, doivent se faire sans le concours de l'autorité locale ; que, si le citoyen Monnier avait eu une plus longue habitude de l'administration, il aurait remarqué que les tribunaux décernent les mandats d'arrêt et les font exécuter par la gendarmerie, sans que l'autorité locale, mais même le Gouvernement, en aient aucune

connaissance.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7665. — AU CITOYEN TALLEYRAND.
Paris, 14 germinal an XII (4 avril 1804).

Je lis dans les journaux, Citoyen Ministre, l'extrait d'une note de Champagny, où il est dit que la réussite du complot ne rétablissait que l'anarchie; ce qui sous-entend que, si elle avait pu rétablir les Bourbons, elle était légitime. Faites voir à la Gazette de France et dans les autres journaux, d'où ils ont tiré cette pièce; et si elle est véritablement de Champagny, rappelez-le aux principes et faites-lui sentir combien cela est absurde et indigne d'un homme de son rang et de sa sagacité.

BoNAPARTE.
Archives des affaires étrangères.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7666. — NOTE POUR LE MINISTRE DE LA GUERRE.

Paris, 14 germinal an XII (4 avril 1804). L'article 6 de l'arrêté du 30 nivôse an XII, concernant la formation de deux corps de vélites, établit que les vélites recevront la même solde que la Garde, avec cette différence, toutefois, que la pension

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