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vous est confié; vous le placerez dans l'endroit qui est vacant, en prenant les précautions convenables pour sa sûreté. L'intention du Gouvernement est que tout ce qui lui sera relatif soit tenu très-secret, et qu'il ne lui soit fait aucune question sur ce qu'il est et sur les motifs de sa détention. Vous-même devrez ignorer qui il est. Vous seul devrez communiquer avec lui, et vous ne le laisserez voir à qui que ce soit, jusqu'à nouvel ordre de ma part. Il est probable qu'il arrivera cette nuit. Le Premier Consul compte, Citoyen Commandant, sur votre discrétion et votre exactitude à remplir ces différentes dispositions. Par ordre du Premier Consul. Archives de l'Empire.

7639. — AU CITOYEN RÉAL, coNsEILLER D'ÉTAT. La Malmaison, 29 ventôse an XII (20 mars 1804)!. Je vous envoie la lettre de Caulaincourt. Il paraît que le duc d'Enghien est parti le 26 à minuit. Ainsi il ne peut pas tarder à arriver. Je viens de prendre l'arrêté dont vous trouverez ci-joint copie. Rendez-vous sur-le-champ à Vincennes pour faire interroger le prisonnier. Voici l'interrogatoire que vous ferez : 1° Avez-vous porté les armes contre votre patrie? 2° Avez-vous été à la solde de l'Angleterre ? 3° Avez-vous voulu offrir vos services à l'Angleterre pour combattre contre l'armée qui marchait sous les ordres du général Mortier pour conquérir le Hanovre ? 4° N'avez-vous pas eu des correspondances avec les Anglais et ne vous êtes-vous pas mis à leur disposition, depuis la présente guerre, pour toutes les expéditions qu'on voudrait faire contre la France, à l'extérieur ou à l'intérieur, et n'avez-vous pas oublié tous les sentiments de la nature jusqu'à appeler le peuple français votre plus cruel ennemi ? 5° N'avez-vous pas proposé de lever une légion et de faire déserter les troupes de la République, en disant que votre séjour pendant deux ans près des frontières vous avait mis à même d'avoir des intelligences parmi les troupes qui sont sur le Rhin? 6° Est-il à votre connaissance que les Anglais ont repris à leur solde et donneront encore des traitements aux émigrés cantonnés à Fribourg, à Offenbach, à Offenburg et sur la rive droite du Rhin? 7° N'aviez-vous pas des correspondances avec les individus composant ces rassemblements, et n'êtes-vous pas à leur tête? 1 Date présumée.

8° Quelles sont les correspondances que vous avez en Alsace? Quelles sont celles que vous avez à Paris? Quelles sont celles que vous avez à Breda et dans l'armée de Hollande ? 9° Avez-vous connaissance du complot tramé par l'Angleterre et tendant au renversement du gouvernement de la République, et, le complot ayant réussi, ne deviez-vous pas entrer en Alsace et même vous porter à Paris, suivant les circonstances? 10° Connaissez-vous un nommé Vaudrecourt, qui a été commissaire des guerres et a fait la guerre contre la République? I l° Connaissez-vous un nommé La Rochefoucauld, tous deux arrêtés par suite d'une conspiration contre l'État? Il sera nécessaire que vous conduisiez l'accusateur public, qui doit être le major de la gendarmerie d'élite, et que vous l'instruisiez de la suite rapide à donner à la procédure.

BoNAPARTE. Comm. par M. Léonor Fresnel.

7640. — AU GÉNÉRAL DAVOUT, couMANDANT LE CAMP DE BRUGEs. La Malmaison, 30 ventôse an XII (21 mars 1804).

Citoyen Général Davout, suivant le rapport du premier inspecteur général de l'artillerie, vous auriez à Ostende quatorze mortiers à grande portée. Ce nombre est trop considérable; il faudrait pouvoir en céder six à Dunkerque; huit doivent vous suffire pour Ostende, sauf à avoir un grand nombre de mortiers à la Gomer, qui portent à l,400 toises.

Depuis le commencement de la guerre, nous n'avons rien fait pour le port de Dunkerque. Mon intention est de faire construire deux forts en bois sur la laisse de basse mer; mais il faudra tout l'été pour faire ces constructions. En attendant, je désire qu'on place au fort Risban et au fort Blanc douze à quinze mortiers, dont six à grande portée et huit ou neuf à la Gomer. Cet armement protégerait la rade, puisque le banc qui borde cette rade n'est éloigné du fort Risban que de 1,200 toises. Faites-vous rendre compte de l'armement de ces deux forts, lorsque vous irez à Dunkerque, et faites-y placer autant de pièces de 36 et de 24 qu'il sera possible d'en placer.

BoNAPARTE.
Comm. par M" la maréchale princesse d'Eckmühl.
(En minute aux Arch. de l'Emp)

7641. — DÉCISION. La Malmaison, 1" germinal an XII (22 mars 1804). Le citoyen Dumolard demande une Je prie le citoyen Lebrun de préfecture !. voir le citoyen Dumolard. Je désirerais l'employer, et je saisirai avec plaisir ce moment-ci pour que tout le monde reste persuadé que, dans les affaires, je mets, autant qu'il m'est possible, de côté toute prévention passée, et que je ne me défie point des citoyens contre lesquels je n'ai aucune preuve positive.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7642. — LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU CITOYEN TALLEYRAND. Paris, 1" germinal an XII (22 mars 1804). Le Premier Consul me charge, Citoyen Ministre, de vous faire connaître les dispositions suivantes : Le grand juge donnera connaissance au Sénat, demain samedi, des pièces de la correspondance de M. Drake. Les originaux de ces pièces seront vraisemblablement envoyés à une commission qui fera lundi son rapport. Aussitôt que ce rapport aura été fait, le ministre des relations extérieures enverra un exemplaire des pièces imprimées à chaque ambassadeur, ministre ou agent diplomatique. A cet envoi sera jointe une note dans laquelle on fera connaître que les originaux ont été adressés à l'électeur de Bavière, et où l'on exprimera que le corps diplomatique verra sans doute avec douleur que l'on profane le caractère sacré d'ambassadeur pour en faire un ministère d'embauchage, de complots et de corruption. Le ministre des relations extérieures enverra, par un courrier, au citoyen Otto, une centaine d'exemplaires de la correspondance, et une note pour M. de Montgelas, dans laquelle on fera connaître que, le Premier Consul ne pouvant considérer M. Drake comme revêtu du caractère de ministre, il demande qu'il soit sur-le-champ chassé de Munich. Le ministre fera connaître en même temps au citoyen Otto, ainsi qu'à M. Cetto, que le Premier Consul, dans une circonstance aussi importante, attend de l'amitié qui existe entre les deux puissances que l'Electeur fera saisir les papiers de M. Drake. Le Premier Consul, Citoyen Ministre, en achevant de dicter ces dispositions, m'a chargé d'y ajouter la demande de l'arrestation de l'évêque de Châlons, ainsi que des deux individus sous l'adresse desquels passait la correspondance.

1 Voir pièce 1970.

Par ordre du Premier Consul. Archives des affaires étrangères.

7643. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈs.
La Malmaison, 1" germinal an XII (22 mars 1804).

Par la lettre ci-jointe de Lafond, il me paraît qu'on va désorganiser la flottille à Boulogne ; tout doit rester à Boulogne, hormis les bateaux canonniers dont le départ a été ordonné pour Ambleteuse et Wimereux. Il est surtout nécessaire que les chaloupes canonnières restent à Boulogne, ainsi que toutes les péniches.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7644. — AU CITOYEN TALLEVRAND.
La Malmaison, 2 germinal an XII (23 mars 1804).

Je vous envoie, Citoyen Ministre, une lettre qu'il est bon que vous lisiez. Je désire que, dans le même style et par le même canal, vous fassiez sentir combien la conduite de M. de Markof est fautive, puisque l'individu qu'il réclamait était impliqué dans ces affaires qui sont suivies depuis longtemps, et que d'Entraigues et Vernègues ne tendent qu'au même but ; qu'il n'est pas digne de l'Empereur, après avoir reconnu un gouvernement, vivant en bonne intelligence avec lui, et après avoir donné même des marques d'estime au chef, d'accréditer dans des pays étrangers des hommes qui abusent de ce caractère à ce point ; que cela ne veut pas dire que Sa Majesté n'est pas le maître d'employer dans ses États comme il l'entend des individus quels qu'ils soient.

Je vous renvoie vos deux notes. Je ne vois pas d'inconvénient à faire mettre dans le Moniteur la lettre de M. d'Edelsheim.

BoNAPARTE.
Archives des affaires étrangères.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7645. — AU GÉNÉRAL MONCEY, PREMIER INSPECTEUR GÉNÉRAL DE GENDARMERIE. - La Malmaison, 2 germinal an XII (23 mars 1804). Citoyen Général Moncey, je vous prie de me rendre compte comment les deux prêtres dont j'avais ordonné l'arrestation à la Rochelle ont été relâchés, et pourquoi les sept dont j'avais ordonné l'arrestation dans le diocèse de Blois n'ont pas été arrêtés.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7646. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS. - La Malmaison, 2 germinal an XII (23 mars 1804).

Les îles qui environnent la rade de Brest ne sont point fortifiées comme l'exigerait l'importance de cette rade. Ce n'est pas sans doute dans un moment comme celui-ci qu'il faut faire des constructions ; mais je désire qu'on en fasse le projet, afin qu'au premier moment de paix on commence la construction des ouvrages. Faites-moi un rapport détaillé,

I° Sur les îles qui environnent Brest où l'on a l'habitude de tenir garnison ;

2° Sur les batteries et fortifications établies pour protéger lesdites garnisons et faire qu'un petit nombre puisse résister à un grand.

3° Quelles sont les îles ou rochers qui ne sont pas occupés et dont l'occupation serait utile pour protéger soit l'arrivage, soit la sortie de la rade ?

Une fois les idées éclaircies sur cette opération, je me ferai faire un rapport par le génie de terre sur l'espèce de fortification à y établir.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7647. — AU CITOYEN REGNIER,
GRAND JUG E, M1N 1STRE DE LA JUSTICE.
La Malmaison, 6 germinal an XII (27 mars 1804).

Il est nécessaire que les interrogatoires soient suivis avec la plus grande activité, pour découvrir la ligne des brigands de Paris à Rennes, et qu'ont suivie probablement les sept individus arrêtés près Fougères.

Il faut aussi bien savoir de Vauricourt le nom du maître de forges de Normandie, ami de Georges ; il me vient à l'idée que ce pourrait être Hyde lui-même, qui a des forges de ce côté.

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