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Citoyen Général Soult, j'ai reçu votre croquis sur la petite rivière de Wimereux. Il m'a confirmé dans l'idée qu'il doit y avoir là quelque chose à faire. J'écris donc à l'amiral Bruix d'en faire faire le projet d'un port par le citoyen Sganzin. Ne pourrait-on y mettre à l'abri de l'ennemi que quarante à cinquante batiments, ce serait toujours une grande conquête. Faites-moi connaître si l'air y est sain, et quels sont les bâtiments près de ce ruisseau qui pourraient servir à des établissements militaires. Je suis fort de votre opinion, qu'il vous faut encore dix-huit mortiers. Nous vous en ferons autant qu'il nous sera possible. J'en ferai fondre de nouveaux qui, j'espère, porteront encore plus lon. Tous vos projets pour le cap Grisnez, Calais, Ambleteuse et la rivière de la Canche me paraissent parfaitement entendus. Tout ce que vous me dites sur la manière de placer les pièces à la laisse de basse mer me paraît également bien entendu ; j'en verrai le plan avec grand plaisir. Toutes les fois que vous m'écrirez, envoyez-moi la situation des troupes de votre camp. La 4° doit être arrivée. Faites-moi connaître le nombre de malades que vous avez eu, corps par corps, depuis le 1" fructidor jusqu'au 1" vendémiaire. Si la 43° a des malades, faites-la remplacer par la 22° de ligne, qui est à Calais, et faites remplacer la 22° de ligne par la 75°, qui est à Saint-Omer. La 43° se rendrait alors à Boulogne pour camper dans sa division. Deux demi-brigades se rendent à Montreuil, de là à Étaples. Le général Partouneaux et l'ordonnateur du camp de Compiègne s'y rendent à cet effet. Ils seront sous vos ordres jusqu'à ce que l'étatmajor de ce camp se trouve parfaitement organisé. Il faut exercer les soldats à nager. Il faut donc que tous les jours, en se relevant toutes les trois heures, les soldats s'exercent sur les péniches et les bateaux canonniers, lorsqu'ils peuvent aller en rade, et, lorsqu'ils ne peuvent y aller, dans le port. Dès après-demain je commence à faire nager la Garde sur six péniches. Chaque détachement y restera deux heures, de manière qu'on exercera toute la Garde à pied chaque jour. Un petit sloop français a été pris par une chaloupe anglaise entre Nieuport et Dunkerque. Il n'y avait que trois gendarmes et deux hommes de la 108° sur le rivage, qui n'ont pu faire un feu suffisant pour le défendre. J'avais cependant ordonné qu'il y eût toujours sur la côte des piquets de cavalerie et des pièces mobiles; mais il paraît qu'ils restent en ville. Faites-moi connaître où se placent les piquets et les pièces mobiles; tout cela doit se correspondre, pour être à même de se porter partout. La prise de ce sloop, quelque peu importante qu'elle soit, est un malheur, parce qu'elle prouve peu de surveillance. J'en écris au général Davout. Si 30 hommes avaient pu se trouver là avec leurs carabines, la chaloupe anglaise, qui a eu deux hommes tués par ces cinq seuls hommes, aurait abandonné son projet. Faites-moi connaître si la solde est au courant, et si ce qu'on distribue aux soldats est de bonne qualité.

BoNAPARTE. Archiv# de l'Empire.

7172.— AU GÉNÉRAL DAVOUT, CoMMANDANT LE CAMP DE BRUGES. Saint-Cloud, 13 vendémiaire an XII (6 octobre 1803). Citoyen Général Davout, un sloop français a été pris entre Nieuport et Dunkerque par une chaloupe anglaise, montée par 14 hommes. Ce sloop s'était échoué à terre; mais, trois gendarmes et deux hommes de la 108° s'étant seuls trouvés là pour le défendre, la chaloupe anglaise les a forcés et s'est emparée du sloop.Vous n'avez donc point sur la côte, comme il a été ordonné, des patrouilles de cavalerie correspondant entre elles, et des batteries mobiles disséminées sur tous les points, pour pouvoir se porter partout où il sera nécessaire. Si ces patrouilles et ces batteries mobiles ne sont pas ainsi organisées, donnez ordre qu'elles le soient sans délai, de manière que des hommes à cheval soient continuellement placés sur les côtes, correspondent entre eux et portent partout la protection nécessaire. Envoyez-moi l'état de situation de vos troupes et le nombre de malades que vous avez eu, compagnie par compagnie, depuis le l" fructidor jusqu'au 1" vendémiaire, et distinguez les officiers des soldats. L'air de Gravelines est très-mauvais; tenez-y peu de monde. On me dit que la 25° y est tout entière; elle se perdra là. Envoyez-la à Dunkerque, et vous ne laisserez à Gravelines que 100 hommes, qu'on relèvera fréquemment. Les bâtiments armés doivent faire, tous les jours, leur tournée en rade, et ne point rester inutiles dans le port.

Apprenez-moi bientôt qu'une ou deux divisions de corvettes de pêche sont en rade, et que les soldats s'exercent, tous les jours, à la nage sur des péniches, soit en rade, soit dans le port.

Faites-moi connaître si la solde est au courant, et si ce qu'on distribue aux soldats est de bonne qualité.

BoNAPARTE. Comm. par M"° la maréchale princesse d'Eckmühl. ( En minute aux Arch. de l'Emp.)

7173. — A L'AMIRAL BRUIX, COMMANDANT I,A FLOTTILLE DE BOULOGNE. Saint-Cloud, 13 vendémiaire an XII (6 octobre 1803). Citoyen Amiral Bruix, le 7 vendémiaire, entre Nieuport et Dunkerque, une chaloupe anglaise, montée par l4 hommes, s'est emparée d'un sloop venant de Flessingue. Il ne s'est trouvé à terre, pour protéger son échouage, que trois gendarmes et deux soldats de la 108°. J'avais ordonné qu'il y eût des piquets de cavalerie et des batteries mobiles sur toute la côte. Il me paraît que ce service ne se fait pas comme il doit se faire. J'avais également ordonné que le bateau canonnier qui est à Nieuport se tînt à la mer pour éloigner toute chaloupe ou péniche ennemie; mais il paraît qu'il reste dans le port, de manière que cela ne produit aucun résultat. Je n'entends pas dire non plus que la flottille de corvettes de pêche qui est à Ostende tienne la rade. Il n'est pas possible qu'elle ne soit pas en état de sortir. Donnez ordre qu'une division armée de pièces de 24 sorte tous les jours, se tienne en rade et fasse l'exercice. Faites-moi connaître les points où l'on a placé des piquets de cavalerie, ainsi que des pièces mobiles, et comment le service s'y fait. Une division de la flottille, partie de Brest, a eu un engagement avec les Anglais à la hauteur de Perros.Je n'ai pas encore de détails ; mais il paraît que l'ennemi a été repoussé et que la division a continué sa route. Cette flottille était composée de bâtiments de nouveau modèle ; les marins assurent qu'ils sont supérieurs aux anciens, qu'ils tiennent davantage, et qu'ils dérivent moins. Le citoyen Forfait me mande de Saint-Malo qu'il a navigué avec plusieurs de ces bateaux de nouveau modèle, nouvellement mis à l'eau; qu'il en a été trèssatisfait, et qu'il espère qu'ils présenteront beaucoup plus d'avantages que les anciens. Le général Soult m'a envoyé un croquis sur la rivière de Wimereux. Au 1" brumaire, lorsque Boulogne sera achevé, mon intention est de faire là un petit port, capable de contenir une ou deux divisions de la flottille. Le rapport que j'en reçois est que l'eau est constamment à six pieds de hauteur dans cette rivière. Il doit être facile de procurer une chasse, puisque le torrent a beaucoup de rapidité. Il paraît que le flux monte jusqu'au moulin de Wimereux dans les mortes eaux, et dans les vives eaux jusqu'au moulin de \Vimille.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7174. — AU CITOYEN CHAPTAL, MIxIsTRE DE L'INTÉRIEUR. Saint-Cloud, 15 vendémiaire an XII (8 octobre 1803).

La ville d'Aoste a fait des pertes assez considérables lors du passage de l'armée de réserve. Je désire que vous me fassiez un rapport sur ce qu'on pourrait faire pour l'indemniser.

Je désire également qu'il me soit fait un projet pour savoir ce qu'il

a à faire pour les eaux minérales situées près de Saint-Didier, dans la vallée d'Aoste, étant urgent de les mettre en bon état.

Désirant faire quelque chose qui soit avantageux à la vallée d'Aoste, je désirerais qu'on présentât dix enfants des principaux habitants de cette vallée, pour être élevés dans les prytanées ou les différents lycées en France.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7175. — AU CITOYEN BARBÉ-MARBOIS, MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC. Saint-Cloud, 15 vendémiaire an XII (8 octobre 1803). Je vous avais écrit pour faire payer une ordonnance de 160,000 fr. destinée au génie de Boulogne, par urgence au l" vendémiaire. Non-seulement cette urgence n'a pas été soldée, mais encore, le 13 vendémiaire, où elle devait être soldée, elle ne l'était pas. Les travaux du génie allaient être suspendus si le général Soult n'avait prêté 30,000 francs à Boulogne. Les ordonnances pour les hôpitaux sont également arriérées dans leur payement. Faites-moi connaître en réponse si vous avez envoyé 500,000 francs que les ministres de la guerre et de l'administration de la guerre auraient tirés pour le camp de Saint-Omer. Faites-en passer 300,000 francs en or, sur la réserve, dans la journée; 100,000 francs resteront entre les mains du payeur de Boulogne, qui les tiendra à la disposition du général Soult, qui les appliquera au service le plus pressant; 200,000 seront à la disposition de l'amiral Bruix pour les dépenses de la marine. L'emploi en sera régularisé par les ordonnateurs de la marine et de la guerre, et l'état qui sera donné par ces généraux sera envoyé par les payeurs dès que les payements seront consommés, afin de pouvoir les régulariser.

- BoNAPARTE. Archives de l'Empire. 1

7176. — AU GÉNÉRAL BERTHIER, MINIsTRE DE LA GUERRE. Saint-Cloud, 15 vendémiaire an XII (8 octobre 1803).

La situation de la ville d'Aoste, Citoyen Ministre, est très-importante sous le point de vue militaire. Je pense qu'il faudrait y avoir des casernes pour y tenir régulièrement un bataillon et un escadron de cavalerie, non-seulement pour répandre quelque argent dans cette vallée, qui est misérable, mais encore pour nous attacher et familiariser avec la langue française cette portion de la 27° division militaire, qui peut être d'une si grande importance pour nos opérations militaires.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7177. — AU GÉNÉRAL BERTHIER.
Saint-Cloud, 15 vendémiaire an XII (8 octobre 1803).

Dans l'état des bouches à feu, Citoyen Ministre, disponibles dans les directions d'artillerie, que vous m'avez remis au 1" fructidor, il n'est pas question des pièces de 3 de montagne, autrichiennes ou piémontaises, que nous pourrions avoir. Il n'est pas question non plus de pièces à la Rostaing. Je désirerais connaître l'état de toutes ces pièces que nous pourrions avoir dans nos arsenaux, Nous en avons beaucoup pris aux Autrichiens. J'aurais besoin de quatre cents de ces pièces de 3 autrichiennes ou de montagne, et de trois cents pièces à la Rostaing, si toutefois ce nombre en existe. Je vous prie de m'en faire passer l'état.

Je désirerais avoir à Saint-Cloud un obusier de 8 pouces. S'il y en a à Paris, faites-en remettre un à l'artillerie de la Garde; s'il n'y en avait ni à Paris ni à Vincennes, faites venir en diligence celui qui est à la Fère.

Faites remettre également dans la journée de demain à l'artillerie de la Garde une de ces charrettes que l'on construit à Paris, afin que j'en voie le modèle.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

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