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des mouvements des flottilles. Il rendra compte, tous les jours, au ministre de la guerre du lieu où il se trouve et de ce qu'il a fait. Son séjour habituel sera Lorient. Pour lui donner les moyens de faire parvenir ses lettres et subvenir aux frais de sa mission du Havre, vous lui ferez donner une gratification de 5,000 francs. Vous donnerez l'ordre au général de brigade Lemarois, que je mets à cet effet à votre disposition, de se rendre sur les côtes pour y prendre le commandement et l'inspection, depuis la pointe de Brest jusqu'à Cancale, limite de la 13° division militaire. Il aura sous ses ordres le 20° régiment de chasseurs, dont trois escadrons, forts de 500 hommes, seront répartis sur les côtes, et le 4° escadron et le dépôt seront à Rennes, et trois compagnies du 7° régiment de chasseurs pour garnir les côtes du Finistère qui sont sous son commandement. ll résidera habituellement à Saint-Malo. il sera continuellement sur les côtes, et fera exercer par jour au moins trois batteries, et les compagnies de canonniers garde-côtes. Sa cavalerie sera répartie sur la côte en petits détachements, qui feront des patrouilles de nuit, pour surprendre les péniches ennemies qui débarquent et se répandent dans l'intérieur. Il protégera la marche de la flottille et réunira promptement une grande force de cavalerie sur les anses où des divisions de la flottille seraient forcées de relâcher, et où elles n'auraient pas une protection assurée. Il correspondra directement avec vous, avec le général commandant la division, avec le préfet maritime de Brest, le commandant de la marine à Saint-Malo, le chef de brigade Lahoussaye et le général de brigade Sebastiani, pour être instruit de tous les mouvements de la flottille et pouvoir se porter sur son passage. Il aura également deux pièces de 4, deux pièces de l2, deux pièces de 8 et deux obusiers, attelés, qu'il distribuera sur la côte et réunira lorsqu'il sera nécessaire pour protéger le passage de la flottille. Ces pièces seront servies par une compagnie du régiment d'artillerie qui est à Rennes. Vous donnerez les ordres nécessaires au directeur d'artillerie à Rennes, pour organiser ces deux divisions et les faire atteler de chevaux achetés dans le pays. Les sommes pour l'achat et le harnachement des chevaux seront payées sur des ordonnances d'urgence. En conséquence des dispositions ci-dessus, le 20° régiment de chasseurs se rendra d'abord à Saint-Malo, où le général Lemarois lui donnera ses ordres pour les mouvements. Vous donnerez l'ordre au 16° régiment de chasseurs, qui est à Rouen, de se rendre à Caen, pour y remplacer le 20°. Le 16° régiment fournira trois escadrons, forts de 450 hommes au moins, qui, IX. 2

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sous les ordres du chef de brigade Lahoussaye, garniront la côte depuis Cancale jusqu'à Honfleur. Les escadrons du 3° régiment de hussards qui sont dans la I4° division militaire se rendront en conséquence à Rouen. Le général de brigade Dupas se rendra au Havre ; vous lui donnerez une instruction semblable à celle du général Sebastiani, qu'il remplace. Vous donnerez ordre au général de brigade Paulet, commandant le département de la Vendée, d'établir son quartier général aux Sables-d'Olonne, et d'être perpétuellement sur les côtes de son département. Le 4° régiment de chasseurs fournira deux escadrons, forts au moins de 300 hommes, pour garnir la côte, depuis Bourgneuf exclusivement jusqu'auprès de Marans. Vous lui ferez comprendre qu'en qualité d'inspecteur des côtes il doit correspondre avec le général de la division, et aussi, tous les jours, avec vous. Il doit, tous les jours, faire faire l'exercice du canon et inspecter trois ou quatre batteries. Sa mission a le double but d'empêcher les péniches anglaises de correspondre avec les côtes, de leur tendre des embûches et de les surprendre; d'inspecter les compagnies garde-côtes, et de veiller à ce que les postes soient complets et les batteries approvisionnées. Il doit y avoir des détachements sur tous les points abordables de la côte, et surtout à Notre-Dame-de-Mont, à Saint-Jean-de-Mont, à Beauvoir, à Bouin et à Noirmoutiers. Il doit correspondre avec le préfet maritime de Rochefort et le général Lacoste, inspecteur des côtes du département de la Loire-Inférieure, pour protéger le passage de la flottille, afin que dans tous les lieux il réunisse des détachements de cavalerie et s'y rende en personne. Vous donnerez ordre à deux escadrons du 7° bis de hussards, qui est à Saumur, complétés à 300 hommes, de se rendre à Machecoul, où le général Lacoste leur donnera des ordres pour être répartis depuis Bourgneuf jusqu'à l'embouchure de la Vilaine. Vous donnerez à ce général des instructions pareilles et pour le même but. Le général chargé de l'inspection des côtes de la Vendée et celui des côtes de la Loire-Inférieure auront chacun deux pièces de 4 et deux pièces de 8. Ces huit pièces seront servies par une seule compagnie d'artillerie et attelées de cent chevaux. Elles s'organiseront à Nantes. Vous chargerez le directeur de l'artillerie de Nantes d'acheter ces chevaux et de les harnacher. Ces cinq officiers généraux et supérieurs auront chacun un capitaine d'artillerie qui sera fourni par le directeur d'artillerie de la résidence de Rennes et de Nantes. Ce capitaine les accompagnera partout et sera chargé de montrer la manœuvre aux batteries et de les faire exécuter en présence du général. Les sous-officiers et soldats des l", 3° et bis de hussards, des 4°, 7°, 16° et 20° de chasseurs, employés sur les côtes, seront exercés à la manœuvre du canon. Il leur sera accordé une gratification de 20 centimes par jour, qui sera payée, tous les dix jours, sur des feuilles visées par l'officier général et sur les fonds que le ministre de la guerre mettra à cet effet à sa disposition. Dites à ces officiers généraux que mon intention est que, tous les dix jours, ils voient toutes leurs batteries ; qu'il faut par conséquent qu'ils soient continuellement sur les côtes; qu'ils doivent vous rendre compte, au moins tous les deux jours, tant de ce qui se passe à la côte que de ce qu'ils apprendront, soit de la mer, soit par les vigies, et user de la plus grande et de la plus active surveillance.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7158. — AU GÉNÉRAL BERTHIER. Saint-Cloud, 11 vendémiaire an XII (4 octobre 1803). Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre à deux bataillons de la 6° demi-brigade d'infanterie légère, complétés à 750 hommes, officiers non compris, de se rendre à Montreuil-sur-Mer (département du Pas-de-Calais); le 3° bataillon et le dépôt continueront à rester à Givet ; A la 69° demi-brigade, de compléter ses deux premiers bataillons à 650 hommes chacun, officiers non compris, pour se rendre à Montreuil (département du Pas-de-Calais). Donnez ordre au général Partouneaux de porter son quartier général à Etaples, et de reconnaître le campement qu'il doit faire occuper à ces deux demi-brigades, du moment qu'elles arriveront. Il restera provisoirement sous les ordres du général Soult. Vous donnerez ordre que ces deux demi-brigades partent avec leurs capotes. Donnez ordre au chef d'état-major du général Ney de se rendre à Montreuil avec le commissaire ordonnateur et les généraux commandant l'artillerie et le génie. Donnez ordre à la 9° demi-brigade de ligne de se tenir prête à faire partie de l'expédition et de faire faire en conséquence des capotes.

BoNAPARTE. Dépôt de la guerre.

7159. — AU GÉNÉRAL SOULT, C O MMA N D A N T L E CA M P D E S A I N T - O M E R . Saint-Cloud, 11 vendémiaire an XII (4 octobre 1803).

Citoyen Général Soult, vous devez avoir en ce moment deux bâtiments de grande espèce ou prames à Boulogne. Chacun de ces bâtiments doit porter 50 chevaux. Voyez le général Bruix pour les y faire placer, afin de voir comment ils tiendront. Il est aussi indispensable que chaque bateau canonnier porte deux chevaux; on peut, s'il le faut, au lieu de vingt-sept fusils de rechange n'en porter que dix, au lieu de deux cents boulets de 24 n'en mettre que cent, au lieu de deux cents coups à tirer par pièce de campagne n'en mettre que cent; on peut même diminuer de quelque chose les rations de biscuit et les cartouches; mais nécessairement ils doivent porter deux · chevaux.

Sur les péniches, il doit y avoir quelque coffre ou caisse ferrée pour pouvoir contenir des cartouches; au moins cinq paquets par homme.

Le général Marmont doit, à l'heure qu'il est, être arrivé à Boulogne. Il vous fournira toute l'artillerie dont vous aurez besoin.

BoNAPARTE.
Archives de l'Empire.

7160. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS,
MlNlSTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES.
Saint-Cloud, 11 vendémiaire an XII (4 octobre 1803).

Par l'état de la situation de notre flottille, il résulte que nous avons 29 prames, 300 chaloupes canonnières, 475 bateaux canonniers, 536 péniches et 27 caïques; dans ce nombre sont compris les 185 bateaux de l'ancienne flottille. Il n'y a pas assez de prames en construction, et surtout point assez de péniches; dans les 536 sont comprises les 100 qui se construisent à Lille, qui ne se commencent pas. Il serait de la plus grande nécessité de faire activer ces péniches.

Faites-moi connaître si ces résultats sont conformes aux vôtres, et les mesures que l'on pourrait prendre pour faire mettre promptement en construction les prames, péniches et caïques qui nous manquent.

Il me semble que vous m'aviez rendu compte qu'il y avait à Brest et en d'autres lieux 10 prames de nouvelle construction; cependant il n'y en a d'armées qu'à Dunkerque. Il serait cependant assez important de faire armer les autres.

Il paraît qu'il manque à Boulogne beaucoup de choses nécessaires. ll faudra surtout beaucoup de rames, car la division de la flottille qui arrive de Dunkerque en a beaucoup perdu.

Il faut aussi que vous donniez l'ordre au citoyen Forfait de se rendre à Boulogne, après avoir fait sa visite à Nantes. Il devra y être rendu pour le 25 du mois au plus tard.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7161. — A L'AMIRAL BRUIX, COMMANDANT LA FLOTTILLE DE B0UL0GNE. Saint-Cloud, 11 vendémiaire an XII (4 octobre 1803). Citoyen Amiral Bruix, vous devez avoir, à l'heure qu'il est, une prame à Boulogne et une à Calais. Faites embarquer 50 chevaux sur chacune de ces prames, et faites-les aménager comme elles doivent l'être. Il est nécessaire que chaque bateau canonnier porte deux chevaux ; mais l'on peut très-bien, au lieu de deux cents coups à tirer, n'en mettre que cent, et diminuer ainsi sur plusieurs autres objets. Le citoyen Forfait prétend que les nouveaux bateaux présenteront plus de facilités que les anciens. Comme l'équipage d'artillerie de campagne n'est composé que de 160 pièces, il n'y aura besoin que de 160 bâtiments portant ces pièces. Si donc elles ne pouvaient être placées sur les anciens, les nouveaux pourraient les porter, vu que le citoyen Forfait assure qu'ils ont été arrangés pour cela. Faites-moi connaître votre situation. Faites sortir, tous les jours, toute la portion de la flottille que vous avez à Boulogne; je n'ajoute pas lorsque le temps le permet, parce qu'en fait de marine c'est toujours entendu. Je désirerais aussi que, toutes les fois que la flottille sort, vous fassiez tirer sur un tonneau placé sur le bord de la mer, afin d'exercer l'équipage et les soldats à cette manœuvre. Le général Marmont doit être rendu de vos côtés. Les longues nuits arrivent. Choisissez deux ou trois capitaines de corsaires hardis et entreprenants, qui puissent, avec des péniches, se porter de nuit sur la côte d'Angleterre, saisir quelques bateaux de la côte et même quelques paysans qui puissent donner des renseignements sur ce qui se fait dans les différents points. On doit à Boulogne connaître parfaitement les côtes opposées. Faites rédiger un mémoire des renseignements que vous obtiendrez depuis la Tamise jusqu'à Portsmouth, dans lequel on fera connaître,

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