Abbildungen der Seite
PDF

gager à faire cantonner les troupes aux environs de Toulon. Écrivez

lui-en dans ce sens. Je désirerais avoir un petit état de la flottille de transport, avec

la note de ce qu'elle nous coûte, et de ce qui a été payé.

BoNAPARTE.
Archives de la marine.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7440. — A L'AMIRAL BRUIX.
Paris, 6 nivôse an XII (28 décembre 1803).

Citoyen Amiral Bruix, j'ai reçu votre lettre du 5. J'ai lu avec grand intérêt l'interrogatoire que vous avez fait subir à l'équipage anglais. J'approuve toutes les expéditions que vous ferez, ayant pour but de prendre des renseignements de ce qui se fait en Angleterre. Je désirerais savoir positivement quel est le nombre des vaisseaux de guerre de 74 ou 80 mouillés constamment dans la rade des Dunes. Il me semble qu'il ne devrait pas être difficile d'avoir constamment des renseignements sur cet objet. J'y attache cependant une trèsgrande importance. Dites-moi tout ce que vous apprendrez là-dessus.

Nous avons eu ici un violent ouragan qui a brisé les toits et fait beaucoup de dommages. J'imagine qu'il y aura eu beaucoup d'événements sur mer. L'ouragan paraît être sud-ouest. J'espère que la flottille n'aura point éprouvé d'accident à Boulogne.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7441. — AU CONSUL CAMBACÉRÈS. Paris, 7 nivôse an XII (29 décembre 1803). Je pars demain, Citoyen Consul, à six heures du matin pour Boulogne. Je serai ici pour l'ouverture du Corps législatif. Discutez samedi au Conseil d'État la loi sur les boissons, afin de préparer seulement les idées. Vous ferez également tous les préparatifs pour l'ouverture du Corps législatif, comme à l'ordinaire. Écrivez-moi tous les soirs.

BoNAPARTE.
Comm. par M. le duc de Cambacérès.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7442. — AU CONTRE-AMIRAL GANTEAUME, PRÉFET MARITIME A ToULoN. Paris, 7 nivôse an XII (29 décembre 1803). Il devient, Citoyen Général, de la plus haute importance que l'escadre, composée de sept vaisseaux et cinq ou six frégates, parte de Toulon le 25 nivôse au plus tard, et le Premier Consul m'a même autorisé à vous faire connaître sa destination et les motifs qui rendent son départ impérieux. Il ne s'agit pas moins que de sauver la Martinique, à qui 12 ou 1500 hommes de renfort suffisent pour la rendre imprenable dans les circonstances actuelles. Nous sommes informés que l'ennemi fait embarquer, dans ce moment, 5,000 hommes pour l'attaquer. Elle a une bonne garnison, mais un secours lui est nécessaire; et, pour qu'il arrive à temps, il faut qu'il parte avant les premiers jours de pluviôse. Ainsi, quoi qu'en dise votre lettre du 28 frimaire, le Premier Consul compte que, dussiez-vous faire travailler nuit et jour, dussiez-vous dépouiller tous les autres bâtiments pour équiper l'escadre dont il s'agit, elle sera prête pour l'époque de rigueur. Le vice-amiral Latouche est nommé au commandement de cette escadre. Il importe que son départ ne soit pas annoncé; mais, comme on ne peut le dissimuler entièrement, faites tout ce qui est convenable pour faire penser qu'elle est destinée pour la Morée. Confiez cette destination de la Morée au général Cervoni, et dites-lui que l'escadre doit toucher à Tarente, où elle prendra un convoi chargé de troupes. Lc vice-amiral Latouche va se rendre sans délai à Toulon. Si l'Aigle y était arrivé, il ferait, en tant qu'il lui serait possible, partie de l'escadre. Le Premier Consul lui donne une grande latitude d'autorité; il choisira, en conséquence, les officiers qui doivent servir sous ses ordres, et fera dans les commandements les changements qu'il jugera convenables. S'il est nécessaire de faire entrer des vaisseaux dans le port pour armer les autres, vous y êtes autorisé. Si cependant on pouvait les laisser sur rade, cela serait utile, ne fût-ce que pour forcer l'ennemi à une surveillance ultérieure, sur le port de Toulon, après le départ de l'escadre active; mais c'est à l'armement de celle-ci que tout doit être employé de préférence. Je vous écris par le courrier ordinaire sur les moyens de faire une presse de matelots. Comme je suis surchargé d'affaires, je n'ai que le temps de vous faire connaître l'esprit de ces dispositions, bien sûr que vous seconderez de toute votre activité le zèle du vice-amiral, et que vous ferez l'impossible pour remplir les vues du Premier Consul..

Par ordre du Premier Consul. Archives de la marine.

7443. — AU CITOYEN LEBRUN , AIDE DE CAMP DU PREMIER CONSUL. Boulogne. 10 nivôse an XII (1er janvier 1804). Vous partirez sur-le-champ pour vous rendre à Saint-Valery-surSomme. Vous prendrez note de tous les bâtiments de la flottille, soit de guerre, soit de transport, qui s'y trouvent en construction, armement ou en relâche. Vous vous assurerez si tous les objets d'armement, de gréement et de l'artillerie sont là. Vous prendrez la note des ouvriers employés à chaque chaloupe, et pourquoi on n'en met pas un plus grand nombre. On ne manque pas cependant, dans ce département, d'ouvriers bourgeois, et même d'ouvriers militaires des six régiments de dragons qui sont à Amiens et Abbeville. Prenez note de tout cela ; et, si on a besoin d'ouvriers militaires, vous vous rendrez à Amiens, auprès du général Klein, pour savoir le nombre d'ouvriers qui sont dans les régiments de dragons, et si on a à Saint-Valery les outils nécessaires. Vous ferez en sorte d'être arrivé ici dans la journée de mardi.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7444. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS.
Boulogne, 10 nivôse an XII (1er janvier 1804).

Je me suis aperçu aujourd'hui à l'arsenal, Citoyen Ministre, que les forgerons ne travaillaient pas, parce qu'ils manquaient de forges. J'ai donné l'ordre à l'artillerie d'en fournir quatre, qui seront rendues demain à l'arsenal, avant huit heures du matin. J'ai vu avec peine que, dans le temps où l'on avait employé une grande quantité de toiles pour 800 chevaux, on n'avait pas fait une simple tente pour mettre à couvert les ouvriers et établir un atelier de mâtures.

Je n'ai pu être que satisfait des travaux du port; je crains qu'il n'y ait pas encore assez d'ordre dans la partie des travaux qui regarde le génie maritime. Je désire que l'état exact de tous les ouvriers soit fait, et qu'ils soient répartis entre les différents bâtiments, de manière qu'ils couchent et mangent à bord, sous la surveillance des officiers commandant les divisions; ainsi, par exemple, une chaloupe canonnière a besoin, pour être installée, d'avoir un caisson tout autour. Il faut placer un nombre d'ouvriers tel que ce travail soit fait dans vingt jours; les ouvriers seront conséquemment à bord jusqu'à ce que les travaux soient finis. Quant à la demande du transport des matières, il se fera par des matelots et hommes d'équipage, ce qui épargnera le nombre d'ouvriers. La même chose pour les bateaux canonniers ; un grand nombre ont besoin d'être relevés sur le derrière. Les bâtiments qui sont en réparation peuvent être traités de même. Les officiers surveilleront et les matelots aideront. Les ouvriers qui demeureront ainsi à bord auront la ration de bord, indépendamment de la paye, et vous prescrirez aux officiers de marine de veiller à ce qu'ils travaillent, soit au jour, soit à la lumière, quatorze heures entières. Dans l'artillerie de la marine, j'ai vu avec peine qu'il n'y avait encore aucun artifice de monté; cela est très-important. Ordonnez qu'on établisse une salle d'artifice dans le bâtiment qui est sur le bord de l'eau, et qu'on y fasse de la roche à feu et des fusées pour boulets creux de 24. On suivra, pour les ouvriers d'artillerie, la même méthode que pour les ouvriers de la marine. Ils logeront à bord des transports où ils travailleront. Ils travailleront quatorze heures par jour, et ils auront, moyennant cela, la ration de mer; bien entendu qu'ils n'auront pas alors la ration de terre. Demain, à huit heures, je ferai l'inspection de toute la flottille ; je la verrai par division. Un commissaire de marine fera l'appel de tous les officiers et soldats qui composent l'équipage. Tout le monde se tiendra à son poste de bataille, et avec le plus grand ordre. Au moment où je mettrai le pied dans chaque bâtiment, on saluera de trois fois : Vive la République! et trois fois Vive le Premier Consul! Je serai accompagné, dans cette visite, de l'ingénieur en chef, du commissaire de l'armement, du colonel commandant l'artillerie. Pendant tout le temps de l'inspection, les équipages et garnisons de toute la flottille resteront à leur poste, et on placera des sentinelles pour empêcher que personne ne passe sur le quai qui regarde la flottille. Toutes les péniches qui ne sont pas armées, les caïques qui ne sont affectées à aucune division, prendront une place que leur assignera l'amiral; celles attachées à la division seront à côté des bâtiments commandant la division. Chaque bâtiment aura à ses côtés sa chaloupe. Le vaisseau amiral, au moment où je mettrai le pied sur la première chaloupe, tirera soixante coups de canon; au défaut du vaisseau amiral, la batterie du musoir. Officiers, matelots et garnisons seront en grand uniforme.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7445. — AU CONSUL CAMBACÉRÈS.
Étaples, 11 nivôse an XII (2 janvier 1804).

Je reçois, Citoyen Consul, votre courrier.

J'écris au citoyen Fleurieu pour qu'il prenne le portefeuille. Je suis arrivé hier matin à Étaples, d'où je vous écris dans ma baraque. Il fait un vent de sud-ouest affreux. Ce pays ressemble beaucoup au pays d'Éole.

Je monte dans l'instant à cheval, pour me rendre à Boulogne par

l'estran. BoNAPARTE.

Comm. par M. le duc de Cambacérès.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7446. — AU CONSUL CAMBACÉRÈS. Boulogne, 12 nivôse an XII (3 janvier 1804). J'ai reçu, Citoyen Consul, vos courriers des 9 et 10 nivôse. J'ai passé mes journées d'hier et d'avant-hier en inspections et en courses dans le port. Je vais partir pour faire une course à Ambleteuse, Wimereux ; peut-être même irai-je jusqu'à Calais.Je me porte fort bien. Le temps commence à se mettre au beau. Je vous fais mon compliment sur la présentation de votre frère le cardinal ; ce sera un très-beau sénateur.

BoNAPARTE.

Comm. par M. le duc de Cambacérès.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7447. — AU CITOYEN REGNIER,
GRAND JUGE, MINISTR E DE LA JUsT I C E.
Boulogne, 12 nivôse an XII (3 janvier 1804).

Si l'on a des soupçons que le Suisse nommé Verten soit à Turin, chargé de recruter pour les Anglais, comme le dit le rapport du 9 nivôse, il faut sur-le-champ le faire arrêter.

Si le prétendu capitaine de vaisseau suédois, Sheridaw, tient des propos et paraît être un espion, le faire arrêter à Caen et l'y tenir jusqu'à nouvel ordre.

Je vous renvoie vos différentes lettres. Je désirerais que vous fissiez connaître au préfet d'Angers que je suis vraiment fatigué de la direction qu'il donne à l'esprit public de son département ; qu'il est ridicule qu'il ne voie d'ennemis de l'État que dans les défenseurs de la

« ZurückWeiter »