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7427. — AU CITOYEN REGNIER, G R A N D J U G E Ml N I ST R E DE LA JUST I C E. Paris, 4 nivôse an XII (26 décembre 1803).

Le Journal des Débats a imprimé un article daté des bords du Mein, dans sa feuille du 4 nivôse, et un autre de Hambourg. Je désire savoir d'où il tient ces articles et qui le paye pour alarmer la nation et être l'écho des nouvelles que l'Angleterre veut répandre. Ordonnez-lui de démentir, d'une manière convenable, ces faux bruits. Je ne suis pas plus content de la politique du Mercure. Je désire savoir si les frères Bertin, qui ont été constamment payés par les Anglais, ont l'entreprise des Débats et du Mercure. Ne leur cachez pas que c'est la dernière fois que je leur fais connaître mon mécontentement, et que, s'ils suivent cette direction de chercher à alarmer la nation, d'être l'écho des intrigues anglaises, ils n'apprendront le mécontentement du Gouvernement que par la suppression de leur feuille; que je sais à quoi m'en tenir; que les frères Bertin sont toujours payés par l'Angleterre, et que l'esprit de leurs articles me le persuade; que mon intention est de ne laisser subsister de journaux que ceux qui animeraient la nation contre les Anglais, l'encourageraient à supporter avec courage les vicissitudes de la guerre; que la raison qu'ils peuvent donner qu'ils reçoivent ces articles de leurs correspondants est absurde; qu'on sait bien que les Anglais tiennent à Hambourg un dépôt de bulletins pour alarmer l'Europe.

Demandez des renseignements au préfet de la Seine-Inférieure sur un nommé Deslongs, qu'on suppose être l'espion des Anglais.

Donnez ordre à l'abbé Soyer de se rendre à Paris.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7428. — AU CITOYEN TALLEYRAND.
Paris, 4 nivôse an XII (26 décembre 1803).

Les propositions du citoyen Reinhard, Citoyen Ministre, sont inadmissibles. Le Gouvernement est maître d'envoyer qui lui plaît sans devoir en instruire qui que ce soit. Colleville a été, à ce qu'il paraît, employé par le citoyen Reinhard comme espion; il l'est aujourd'hui par le grand juge, et sa mission n'a rien de commun avec les fonctions patentes, diplomatiques et importantes du citoyen Reinhard. La conduite du citoyen Reinhard est simple. S'il suppose que Colleville est un espion envoyé à Hambourg, qu'il ne le voie point, afin de ne pas accréditer par ses liaisons l'individu; et, quand il lui reviendrait quelque chose sur des Français à Hambourg, il doit en donner franchement avis aux relations extérieures. Dans une ville comme Hambourg, la police doit avoir non un espion, mais dix. Ces espions ne sont pas des agents du Gouvernement, ne sont pas des fonctionnaircs publics, ne sont pas même à la rigueur chargés de missions : ce sont des hommes qui sont là comme Français, qu'on paye comme l'on veut, et qui écrivent ce qu'ils veulent. Le citoyen Reinhard a eu tort de se compromettre avec Colleville en l'envoyant chercher. Il devait écrire au ministre ce qu'il savait de cet individu, et s'en tenir là. Le nommé Grémion, gendre de Thauvenay, est à Hambourg correspondant du comte de Lille. Ecrivez pour le faire chasser.

BoNAPARTE.
Archives des affaires étrangères.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7429. — AU GÉNÉRAL BERTHIER.
Paris, 4 nivôse an XII (26 décembre 1803).

Je vous renvoie votre correspondance, Citoyen Ministre. Écrivez au général Dufresse, commandant dans le département des DeuxSèvres, que la commission militaire qui est à Bressuire doit se pénétrer de l'importance des circonstances; qu'un bon exemple est nécessaire, et que la condamnation à mort des brigands qui ont voulu soulever les conscrits épargnera bien du sang dans une autre circonstance; qu'en général tout ce qui serait traduit devant la commission militaire et ne mériterait pas la mort, mais serait suspecté d'avoir pris part aux rassemblements, doit être retenu dans quelque forteresse, afin d'être hors d'état de nuire; que je compte sur son zèle et sur son attachement à la patrie et à moi.

BoNAPARTE. Dépôt de la guerre.

7430. — AU GÉNÉRAL DAVOUT, coMMANDANT LE CAMP DE BRUGEs. Paris, 4 nivôse an XII (26 décembre 1803). Citoyen Général Davout, je reçois votre lettre du 30 frimaire. J'avais appris par les papiers publics le petit combat qui a eu lieu entre l'artillerie légère et les ennemis. Les troupes ont montré l'activité convenable. Aucun bâtiment qui se jette à la côte ne doit être pris.

BoNAPARTE.
Comm. par M"° la maréchale princesse d'Eckmühl.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7431. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS,
MINISTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES.
Paris , 4 nivôse an XII (26 décembre 1803).

J'apprends que, malgré les ordres réitérés et directs que j'ai donnés pour qu'il ne fût point formé de voûte au fort du musoir, l'ingénieur n'a pas tenu compte de mes ordres et a continué tous les préparatifs ; et, par une lettre du 1" nivôse, le général Soult me fait connaître que la charpente est prête, et sollicite des ordres pour continuer son projet. Faites connaître mon mécontentement à l'ingénieur; que, si cette voûte existait, je l'aurais fait démolir; que ce qui aurait été fait contradictoirement à l'ordre que j'ai donné lors de mon voyage à Boulogne sera aux frais de l'ingénieur et payé par lui. Vous ferez connaître que mon intention est qu'on suive ponctuellement l'ordre que j'ai donné.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7432. — AU CITOVEN REGNIER. Paris, 5 nivôse an XII (27 décembre 1803). Citoyen Ministre, écrivez aux différents préfets des départements des côtes et au préfet de police de Paris, pour leur donner l'ordre positif qu'à dater du 20 nivôse, sous quelque prétexte que ce soit, on n'insère dans les journaux aucune nouvelle de mer, surtout rien qui puisse faire connaître les différents mouvements qui peuvent s'opérer sur nos côtes et dans nos ports. - Vous leur ferez sentir que cette prohibition est de rigueur, et que ceux qui s'en écarteraient seraient sévèrement punis; que le Gouvernement, qui n'a pas vu d'inconvénient, jusqu'ici, à laisser connaître les mouvements des flottilles et escadres françaises, en verrait désormais beaucoup à ce qu'ils fussent précisément connus. Écrivez également aux différents préfets de police et maires des villes maritimes. La Gazette de Bruxelles est une de celles qui doit être prévenue le plus sévèrement sur cet objet.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7433. — AU CITOYEN REGNIER. Paris, 5 nivôse an XII (27 décembre 1803). Répondez au citoyen Lamagdelaine " qu'il serait convenable de

1 Préfet de l'Orne.

faire une note d'une trentaine d'individus sans aveu qui auraient trempé dans les guerres civiles, et dont on débarrasserait le département.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7434. — AU GÉNÉRAL BERTHIER.
Paris, 5 nivôse an XII (27 décembre 1803).

Je partage, Citoyen Ministre, l'opinion du colonel Lahoussaye. Donnez ordre au directeur d'artillerie de Cherbourg de faire établir deux nouvelles batteries de pièces de 36, s'il y en a à Cherbourg, pour protéger le passage du cap la Hague. Elles seront placées sur les points qui seront désignés par le colonel Lahoussaye et le colonel d'artillerie. Il serait convenable que le quartier-maître des gardecôtes se tînt à Cherbourg au lieu de se tenir à Caen, si vous n'y trouvez pas d'inconvénient.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7435. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS.
Paris, 5 nivôse an XII (27 décembre 1803).

Dans les ports de Rignéville et de Dielette, il y a une grande quantité de bâtiments qui, depuis deux mois, ont eu cent occasions de sortir, et n'en ont pas profité; indépendamment des opérations militaires que cela retarde, cela a l'inconvénient extrême de fatiguer extrêmement la garnison. Je pense qu'une mission extraordinaire qu'on donnerait au général Latouche de se rendre à Saint-Malo, d'accélérer les armements, constructions et le départ des bâtiments de ce port, et de faire une inspection extraordinaire pour accélérer le départ jusqu'à Caen, pourrait être utile. Il serait peut-être utile qu'il commençât par Caen, ou qu'il pût séjourner une quinzaine à SaintMalo, qui va bien lentement.

Je vous renvoie le rapport des grenadiers qui ont été pris dans la rade des Sables.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7436. — AU CITOYEN CHAPTAL, MINIsTRE DE L'INTÉRIEUR. Paris, 6 nivôse an XII (28 décembre 1803). Répondez à M. de Rumford que je verrai avec intérêt son établissement en France; qu'il doit être certain d'y trouver non-seulement la protection des lois, mais même toute la faveur de l'administration.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7437. — AU GÉNÉRAL BERTHIER.
- Paris, 6 nivôse an XII (28 décembre 1803).

On se plaint, Citoyen Ministre, du général Lacombe Saint-Michel dans la République italienne :

1° Pour avoir laissé sans défense la rade de Goro et les chaloupes canonnières qui étaient dans cette rade, de manière que les Anglais ont pu s'emparer des bâtiments de commerce qui s'y trouvaient;

2° De ce qu'il ne tient aucun compte du corps d'artillerie italien, et ne cherche qu'à décourager les officiers ;

3° De ce que l'arrêté qui met à la disposition de la République italienne quatre millions de vieille artillerie n'est pas encore exécuté.

Faites-moi un rapport sur ces différents objets.

BONAPARTE.
Dépôt de la guerre.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7438. — AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.
Paris, 6 nivôse an XII (28 décembre 1803).

Citoyen Général Caffarelli, Aide de camp, dès l'instant que vous aurez pris tous les renseignements convenables sur la situation de la légion piémontaise, et que vous aurez la certitude de la prompte formation de cette légion, vous vous rendrez à Alexandrie. Vous verrez en détail les travaux qu'on y fait, de manière à pouvoir m'en rendre compte, ouvrage par ouvrage. Vous visiterez le camp de vétérans, et vous verrez ce qui s'oppose à ce qu'il soit promptement formé. De là vous vous rendrez à Paris, en passant par le Simplon. Vous prendrez note de la situation de cette route.

BONAPARTE.
Comm. par M. le comte Caffarelli.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7439. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS. Paris, 6 nivôse an XII (28 décembre 1803). Je vous renvoie votre correspondance, Citoyen Ministre. Je ne puis approuver la lettre du général Ganteaume au général Cervoni. Sans lui dire quand l'escadre devait partir, il devait seulement l'en

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